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Cette médaille d’un prétendu nouveau roi lniméus, que son éditeur qualifie , p. îoî : d’intéressante et préeiense à tant de titres , loin de mériter ces éloges , est l’objet le plus mesquin qu’ayent jamais produit les mains d’un juif. Il y a plusieurs années qu’on m'avoit envoyé du midi de la Russie le dessin et l'empreinte de cette médaille. Je répondis i mon correspondant , que cette
pièce, mauvaise sous tous les rapports possibles, éloit fausse, et je lui communiquai mes raisons. Il avoua plus tard qu’il pensoit comme moi ; mais j’ignore ce que cette pièce falsifiée est ensuite devenue. Cette monnoie étant fausse , toutes les remarques de M. Raoul - Rochette faites à son occasion deviennent inutiles; par exemple, p. io4î „Inthimévus fut peut-être un des princes scy thés qui régnèrent & Olbia immédiatement après Scilurus , peut-être même un des nombreux enfans de ce roi sarmate"; et p. io4< où , après avoir parlé d’Ininthiméyus , contemporain d’Alexandre Sévère , il dit : „le style des figures , la forme des caractères, la fabrique enfin, ne permettent guère de supposer qu'elle s’éloigne de l'époque de Mithridate".
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Suivant ce que nous dit plus d’une fois M. Raoul-Rochette , la ville d’Olbie a été soumise aux rois sarm'ates. Ce fait étant tout nouveau , mérite d’être examiné. Dans un passage de son livre p. 99-100. l’auteur dit :
i) „nous voyons dans Hérodote qu’un prince , qu’il nomme Scylès, peut-être un des ancêtres de Scilurus, dominoit à Olbiopolis, la ville des Borysthénites". Soit dit en passant , que je ne comprends pas ce que l’auteur a voulu dire par cette phrase, que Scilurus dominait à OU biopolis la ville des Borysthénites. Comme cette ville étoit connue sous ces deux noms, sa phrase n'est pas moins originale que si l’on vouloit dire , Louis XVTI 1 domine dans la capitale de la France , la ville de Paris !
Dans un second passage , p. 99 , il Wtndit :
s) „la puissance de Scilurus s’étendit très-probablement jusqu’à la ville d'Olbia, et sur les peuples grecs qui habitoient hors de la presqu’île taurique". Suppositions aussi fausses l’une que l’autre.
Dans un troisième passage, p. 101. M. RR. observe sur le fabuleux Iniméus :
3 ) „qu’il régnoit, ou du moins que sa puissance s'étendoit sur Olbiopolis".
- Dans un quatrième passage, p. 103. il dit :
4) „si le* princes scythes dominèrent passagèrement k Olbia".
Cinquièmement, on lit, p. io 4 :
5) „de l'époque et de la durée de la domination d’Inthimévus i Olbia".
L'auteur dit encore de ce même personnage, p. to 4 t
6) „qu'il fut peut-être un des princes scythes qui ré-, gnèrent k Olbia immédiatement après Scilurus".
J’ai mis sous les jeux du lecteur tous ces passages , pour lui démontrer que M. Raoul-Rochette est bien convaincu que la ville d’Olhie fut soumise aux rois scythes. Mais les seuls garans de cette assertion sont, Hérodote, les monnoies de Scilurus, et celle d’Iniméus. Or Hérodote en parlant avec assez de détails des rois scythes (IV. 76- 77.) et de Scylès en particulier (IV. 78-80), ne dit pas un mot qui puisse faire croire que les rois scythes exerçoient la moindre autorité sur cette ville. Les monnoies de Scilurus n’ayant, comme on a vu, rien prouvé, et celle d’Iniméus étant fausse , ce roi n’ayant même jamais existé , il s’en suit que M. RR. n’a pas démontré qu’Olbie ait en aucun tems été soumise au pouvoir des rois scythes.
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L’autenr des antiquités du Bosphore termine se* remarques sur les rois scythes par l’observation suivante, p. Io 4 : „la médaille d’Inthimévus est d’argent, métal excesT • sûrement rare, non seulement à Olbia, mais encore dans tout le Pont. Toutes les monnoies d’Olbia, connues jusqu', ici, soit autonomes, soit impériales, sont de bronze". On ▼oit par cette remarque que M. Raoul-Rochette avant d’écrire son livre ne s’étoit pas du tout occupé de médailles antiques. Autrement eut-il dit :
1) que l’argent étoit excessivement rare dans le Pont?
a) que toutes les médailles connues d’Oibie sont en bronze ?
Mais il existe de plusieurs villes du Pont assez de médailles en argent 5 et s’il y en a dont orf ne connoissfc que des monnoies en bronze, on pourroit citer aussi d’au-
très ville» dan» differente» province» de la Grèce, dont on n'a trouvé jusqu’à présent que des médailles de ce dernier métal.
Quant à la ville d'Olbie, on est étonné qne M. RR. paroisse ignorer que le cabinet du roi, confié à ses soins, possède un très-beau médaillon en argent de cette ville. Pellerin en a donné la figure , dans ses médailles des peuples et villes (To. I. p. ao4. pl. XXXVI. m. i5 ) et M. Mionnet la description (T. 1. p. m. 1 ). On la croyoit unique , mais le catalogue des médailles du musée Britanique (p.88. ) nous en a fait connoitre un second exemplaire. Il existe encore trois exemplaires d'un médaillon de la même ville , dont l’avers porte une tête d’Hercule imberbe ; et le revers une massue. Je connois en argent, et de la seconde grandeur , à peu près une douzaine de médailles d'Olbie avec des types différens.
On voit une médaille en or d’Olbie dans le cabinet de M. le Comte Kouchelev-Besborodko, possesseur actuel du sol où se trouvoit jadis cette ville , connoisseur très distingué de l'antiquité, qui n'épargne ni soins ni dépense, pour retirer du terrain qu'occupoit cette ville célèbre les monumens de son ancienne prospérité. D’autres exemplaires de la même médaille en or se trouvent aux cabinets de M. de Blaremberg et de M. le Baron Stanislas de Chaudoir.