‹ Remarques sur un ouvrage intitulé: Antiquités grecques du Bosphore-CimmérienChapitre 13 sur 37 · LXXI 1 I · texte numérisé non relu

LXXI 1 I

Les autres conséquences que M. Raoul -Rochette a tirées de ces médailles d’Olbie ne sont pas plus raisonnables que ses autres opinions. 11 nous dit, par exemplé, p. 99 t „d où il suit encore que la puissance de Scilurus , dont elles offrent l’effigie et dont elles consacrent le titre, que l’histoire ne nous avoit point fait connoitre , s'étendit très probablement jusque sur cette ville et sur les peuples

grecs qui habitoient hors de la presqu'île taurique". Mes observations ont prouvé qu’il n’y a aucune vérité dans ce que l’auteur ajoute , eu parlant toujours des médailles de Scilurus, roi dont la puissance, selon M. RR. s'étendit sur Ollne et sur les peuples grecs qui habitoient hors de la presqu'île taurique; il dit, p. yq-ioo : „cettc invasion des Scythes remonloil sans doute è une époque plus ancienne. Mous voyons dans Hérodote qu’un prince , qu'il nomme Scylès, peut-être un des ancêtres de Scil/irus, dominent à Olhiopolis la ville des Borysthénites. Ainsi les médailles de Scilurus servent de plus à prouver l’extension qu'avoit reçue à l'occident et au midi de la Scythie la puissance des princes Sarmatcs qui luttèrent quelque tems avec succès contre l’ascendant de Mithridate“. Mais pour connoitre l’étendue du pays qu’habitoient les Scythes , nous n’avons pas besoin de consulter les inonnoies de Scilurus qui ne prouvent absolument rien. Les auteurs de l’antiquité n’ont pas manqué de nous instruire assez bien de l’histoire de ce peuple.

Si M. Raoul-Rochette n'a pas été heureux dans la publication des médailles de son roi Scilurus , nous devons regretter qu’il n'ait pas eu plus de succès dans la longue explication d'une autre médaille, pl. IV. m. i. p. ioo-io5. que lui avoit communiquée M. de Stempkovski, et qui a même contribué à l'explication de cette pièce. Sans le savoir , M. de Stempkovski est devenu la cause des nouvelles méprises du savant qu’il a cru obliger, en l'enrichissant des productions de son sol natal.

Examinons ce que M. Raoul-Rochette a dit des types et de la légende de cette médaille dont il nous a donné une longue explication. Après avoir terminé son discours snr les médailles de Scilurus , prétendu contemporain de Mithradate , l’auteur continue , p. 100 : „ c’est encore un fait du même genre, non moins inconnu jusqu’ici et non moins curieux , que nous révèle une autre médaille d’un prince sarmate, ayant une barbe pointue, coiffé d’une espèce d'aile d’oiseau, et portant sur le haut de la tète un

ornement qui ressemble à un pétase d’une petite dimension. Le même caducée, que nous montrent les monnoies de Scilurus , se retrouve sur celle-ci , derrière la tête dn prince ; et c'est probablement , sur toutes ces médailles, un emblème du commerce que les Barbares faisoient arec les villes grecques du Pout-Euxin“. Connoissant la médaille dont il est question , je n’y vois ni aile d’oiseau , ni pétase d'une petite dimension. Toutes ces merveilles qui, si elles s’y trouvoient réellement, rendroient la médaille plutôt monstrueuse que singulière, sont dues à l’imagination du dessinateur, ou & celle de M. ER. Le caducée placé mal à propos au commencement de la légende, au lieu d'être le symbole d'un commerce florissant qui n'a jamais eu lieu entre les Scythes et les Olbiens, nous rappelle les extorsions et les rapines que ces barbares se permettoient envers la ville infortunée d'Olbie.

Dans la légende , le nom du prétendu roi n’est pas écrit IN0IME11C , comme le lisoit M, de Stempkovski , p. toi. mais INIMEJ2.C. et si l'éditeur observe, ,,que le personnage représenté sur cette médaille, est un autre prince quTninthiroévus roi du Bosphore*', il a raison et personne ne le lui contestera.

Le revers de cette pièce n'est pas une tâte laurée d'Apollon, comme le dit son éditeur, p. ion. mais une tête de femme. J’observe ici en passant que le monogramme mal à propos ajouté à la légende , et que l’on rencontre • sur plusieurs médailles d'Olbie, n'est pas la marque du monétaire , comme je l'avois conjecturé autrefois j j'en parlerai dans une autre occasion.

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