‹ Remarques sur un ouvrage intitulé: Antiquités grecques du Bosphore-CimmérienChapitre 18 sur 37 · LXXX 1 V · texte numérisé non relu

LXXX 1 V

C’est toujours concernant les deux têtes affrontées de la médaille d'Ininthiméyus que M. Raoul -Rochette observe , p. 108 : ,jcette particularité unique eut été , à une autre époque, une raison suffisante de rejeter , comme apocryphe, un monument de cette espèce". 11 taut observer que si à une époque quelconque on s’étoit avisé de rejeter un monument de l’antiquité par cette seule considération, on auroit eu tort, et je ne pense pas qu’on puisse •n citer un exemple. Je 11e peux non plus affirmer, ^'aujourd'hui la critique soit plus éclairée et dirigée par un esprit plus philosophique" ; ni croire qu’actuellement ,,cette singularité même ne soit qu'une raison de plus d’admettre comme sincère un monument qui porte d ailleurs tous les caractères de l’authenticité

Le prétendu portrait de l’épouse d’ininthiméyus donne occasion & M. Raoul -Rochette de faire l’observation suivante, p. 108- 109: „il n’est pas moins remarquable de trouver sur cette médaille le portrait d’une reine du Bosphore , quoique cette particularité ne soit pas unique comme la première. Nous connoissons déjà le portrait la reine Tryphaene, au revers des monnoies de Polémon II. son mari a . Observons que personne na vu jusqu à présent le portrait de cette reine , car ce n’est pas son portrait mais son nom seulement, qu’on voit sur le revers de la médaille citée de Polémon, dont le cabinet impérial possède un exemplaire. 11 est facile de s’en convaincre en consultant la gravure de cette pièce dans louvi âge

de Visconti.

L'auteur ajoute , p. 109 : ,,la médaille dlninthim vus offriroit donc , si ma conjecture est fondée , le troisième

exemple de cet usage généralement fort rare , de placer les effigies des reines sur la monnoie de leurs époux". Mais le portrait de Tryphaene ne se trouvant pas sur les médailles de Polémon II. ni sur celles d'Ininthiméyus celui de son épouse , il en résulte qu’au lieu de trois exemples, M. RR. n’en connoit qu'un seul, la médaille de Rbescuporis I. publiée par Cary, Mionnet et Visconti, laquelle porte sur l’avers le buste du roi , et sur le revers celui de son épouse.

En terminant ces observations sur la médaille d’Iniuthiméyus dont M. de Stempkovski lui avoit fourni le dessin, M. Raoul- Rochette nous dit, p. 109: „nous ajouterons bientôt un autre exemple plus remarquable encore". C'est apparemment la médaille du cabinet royal de Paris, plus petite que celle que je viens de citer, que l’auteur désigne ; mais j’ignore la raison pour laquelle cette seconde pièce doit passer pour plus remarquable que la première. Au reste j’observe au sujet de la note a. p. 106. que les médailles d'Iuinthiinéyus dont il y est question , ne sont pas du nombre de celles qui sont plus rares que les autres du Bosphore.

Les deux médailles d'Ininthiméyus dont il a été question, ont pour revers un type que l'on rencontre souvent sur les médailles du Bosphore. M. Raoul - Rochette dit que le revers de la première de ces médailles, p. 106: „représente une femme à tète tourrelée, assise, entre deux étoiles , symbole qu'il n’est pas rare de trouver sur les monumens du Bosphore, et qui fait allusion au culte des Dioscures , fort répandu dans ces parages". Je trouve ici les erreurs suivantes à corriger :

1) ce revers ne présente jamais deux astres dans le champ de la médaille , mais toujours un seul ;

3) les deux astres, comme symbole du culte des Dioscures , ne se trouvent sur aucune médaille du Bosphore, et aucun autre monument ne nous atteste , que le culte de ces deux divinités eut été établi dans ce royaume. Les médailles eu petit bronze de Panticapaeum portant les

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deux bonnets des Dioscures, ne suffisent pas pour établir ce fait.

Je dirai bientôt par quelle raison les rois du Bosphore ont placé sur leurs médailles le type de la femme assise & tête tourelée, et le buste de Sérapis.

Les lettres ME. KA. et IB. sur les médailles du Bosphore ont déjà exercé plusieurs antiquaires. L’idée de Cary et de Eckhel que ces lettres, regardées comme nombres, don- * nent 4 $. * 4 - **• et qu'elles pourroient se rapporter peut-être k un cycle de 48 ans, n’est qu'pno conjecture que Visconti • voulu remplacer par une autre. Il croyoit (p. i 56 . note 1 ) que ces chiffres „désignent sur les médailles la valeur de la monnoie de cuivre. J’ai remarqué que celles qui portent le nombre 48 sont bien plus fortes que celles qui ne sont marquées que du a4, et celles-ci que celles qui n’ont que ia‘*. Au lieu de trouver cette dernière conjecture , comme elle l’est réellement, très-naturelle et non dénuée de probabilité, M. Baoul-Rochette la nomme, p. 107. ingénieuse , et ajoute qu'„elle est détruite , à ce qu'il Ini semble , par une observation que n'a point faite M. Visconti j c'est que, sur des médailles postérieures, on trouve tantôt un M avec un A, tantôt un M avec un B et même un B tout seul, comme dans la médaille d'ininthimévus, que je publie actuellement'*.

M. RR. se trompe s’il croit que les chiffres que l'on trouve sur les médailles en gTand bronze de Sauromate IV. et dont la plupart de celles qu’il cite sont données incorrectement , pourroient être opposés k ceux dont il est question ici* Ces dernières lettres n’ont absolument rien à faire avec celles qu’on voit sur les monnoies de Sanromate IV. J'en excepte seulement la lettre B qui se trouve sur les revers d’Ininthiméyus et d'autres rois du Bosphore } cette lettre indiquant un sixième du chiffre IB . pourroit peut-être s’y rapporter. Par conséquent la conjecture de Visconti n'a pas du tout été détruite par l'observation de M. RR. Sur les médailles de Sauromate

IV. on rencontre les chiffres suivans, BAT et PMA ; et je peux assurer que dans le grand nombre d'exemplaires que j'en counois, il n’en est pas un où l’on trouve les lettres que M. RR. prétend y avoir vues. •

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