‹ Remarques sur un ouvrage intitulé: Antiquités grecques du Bosphore-CimmérienChapitre 3 sur 37 · XLI · texte numérisé non relu

XLI

Pour se convaincre que le mot B02I10P02 ue peut indiquer ici la ville de Panticapaeum, il faut se rappeler que dans l'antiquité plusieurs villes avoient deux no s difïérens pour les désiguer. L’un étoit le nom pr°p la ville , celui dont elle se servoit dans ses mooumens. L'autre étoit le nom que lui donnoient le, étrangers. a ville dont il s'agit ici étoit nommée , sans aucune excep-

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tion, Panticapaeum dans ses médailles et dans ses inscriptions ; mais dans toute la Grèce on la connoissoit , déjà du tems de Démosthène , sous celui de Bosporus. C’est par cette raison, qu'expliquant un décret de la ville d’Olbie , en honneur de Théoclès , j’ai dit qu’il falloit sous l’appellation de BOWIOPOL qu’on y trouve , entendre Panticapaeum.

Une ville voisine, Olbie , dont il a été déjà question au §. VIII. noua donne un antre exemple de ces double* noms. Ses habitans ont toujours appelé leur ville Olbie, et se sont nommés Olbiopolites ; ces noms se trouvent sur les médailles de cette ville et dans ses inscriptions. Mais les étrangers, comme la plupart des anciens auteurs, la désignoient sous le nota de Borysthénis, ou sou* celui de la ville des Borysthénites , appellation qui n’appartenoit à Olbie que très-improprement, puisque ses mur|ÿlles n’étoient pas baignées par les eéux du Borysthène , mais par celles de l’Hypanis.

En outre, y a - t - il quelque probabilité qu’on ait de* signé, sous le nom de Bosporus, la capitale des états de Paerisade en Europe , et qu’on ait passé sous silence la métropole de ses possessions asiatiques, Phanagorie qui étoit sa résidence, et près de laquelle son épouse, Comosarye fit élever le monument dont il a déjà été question plus d’une fois. C’est aussi le lieu aux environs duquel on a découvert l’inscription du temple consacré à Diane par Xénodide , celle de Mestor, et plusieurs autres. Que l’on se rappelle ce* lignes de Strabon (XI. a. $. 10 ): xuï îti tù» fih iùvpa/rxj'uv Borropccvtiv HTp-péroXiç ri ILtvrixatTSiOv r£v l'Aaixvü v r# 4>*vxyipov xaktîrxi yxp xxl ovtuç rj rihç. M. BR. cite le même endroit, p. i58. mais en n’en rapportant que le commencement où Panticapaeum est nommée, non comme le dit M. RR. p. 1 58 : capitale du royaume de Bosphore, mais capitale ou métropole du Bosphore Européen } le reste du passage , où Phanagorie est nommée comme capitale du Bosphore Asiatique , a été omis par M. RR. parc* qu’il auroit renversé tout ton raisonnement.

Non content Je trouver sous le nom de Bosporus dan* les inscriptions faites du tems de Paerisade 1. la ville de Panticapaeum , M. Raoul -Rochette va plus loin encore. Ayant parlé d’un passage de Demosthèae , où la ville de Panticapaeum est désignée sous le nom de Bosporus , il dit, p. i6t : ,,que ce passage montre certainement que les mots "Apxoyrx Boeiripov , ne signifient sur nos inscriptions, comme sur les médailles d’Asandre, que Archonte de Bosporus, ou de Panticapée" . D'après cet exposé la légende des médailles d'Asandre, APX°NTOi2 AXAN jPoT B 0 — li°P u f , doit être traduite: d’Asandre Archonte de Panticapaeum. Asandre , archonte du Bosphore , a donc été dégradé par M. RR. et n'est devenu qu'arclionte de Panticapaeum , archonte d’une seule ville , après en avoir eu auparavant plusieurs à gouverner. 11 est fâcheux que l'auteur ne nous dise pas, comment il a disposé de ce* dernières villes.

La traduction des légendes des médailles d'Asandre proposée par M. RR. nous autorise à trouver dans le passage de Lucien : "Aeavipoç fixtsiXtù; Bocrépov , Asandre roi de Panticapaeum. M. RR. désire - t - il que le mot B osropoç soit toujours traduit Panticapaeum , ou veut » il accorder une existence quelconque au Bosphore?

J’observe encore que malgré l'explication de la légende des médailles d'Asandre, dans laquelle M. Raoul-Rochette trouve indiquée la ville de Panticapaeum dans le mot de Bosporus, il nous avoit dit auparavant, p. i58 : „que le nom de Bosporus est absolument nouveau dans la géographie numismatique et lapidaire". Mais comment, dirat-on, le nom de BOLllOPOli, que l’auteur a trouvé dans le décret en honneur de Théoclès , peut -il être nouveau dans la géographie numismatique et lapidaire, lorsqu'il se trouve sur les médailles d’Asandre connues depuis plus de cent ans , et que , selon l'opinion de M. RR. , il indique sur ces médailles, de même que dans le décret pour Théoclès, non pas le Bosphore, mais la ville de Panticapaeum ?

M. RR. auroit diï distinguer l'usage des mots et des noms dans la vie commune, du style employé dans les monumeni publics. Au lieu de faire une distinction entre ces deux manières de s'exprimer, il les a confondues , et il est tombé dans de très-grandes erreurs.

11 suit de mes observations :

i) «jue dans les inscriptions du tems de Paerisade l’expression d’archonte du Bosphore indique un archonte de cet état et non pas de Panticapaeum j

a) que dans les légendes des monnoies d'Asandre il ne peut pas être question d’un archonte de Panticapaeum, mais du Bosphore.

L’auteur des antiquités du Bosphore est incertain, p. 54 . note I. s’il doit approuver quelques corrections que. j’ai faites & une inscription portant le nom de Spartocus fils d'Eumélus. Voici cette inscription :

IÏM ü AlUr°poTTntil J Al‘Jll ) o^npo'r . . . .

ANE®HKKBASIAET 0 NT 0 rEnAPT 0 K 0 TT°TETMHA 0 T

11 faut observer que des inscriptions copiées par une main fidèle ne peuvent être corrigées qu’avec beaucoup de circonspection, par ceux qui croient y découvrir des défauts. Au contraire , des copies incorrectes comme celles qu'a donuées Waxel d’après des originaux non-distincts, ou des copies semblables à celles qu’a publiées M. Raoul -Rochette , doivent être, revues et corrigées , à moins quelles ne soient entièrement incorrigibles, comme l’est entr'autres celle qu’a publiée M. RR. p. 5 g.

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