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L'auteur , à l'occasion de deux médailles du véritable Ininthiméyus , p. io5-iia, a commis un grand nombre de fautes , dont quelques unes proviennent de ce qu'il a ignoré les découvertes faites dans les derniers vingt ans , et aussi de ce crue ses dessins , très médiocres par euxmêmes , n'ont été faits que d'après des exemplaires mal conservés. Mais ces circonstances ne sont pas de nature a excuser les nombreuses méprises de M. ttaoul-Rochette : elles prouvent au contraire qu'il auroit du s'abstenir d'écrire sur cette matière puisqu'elle étoit toute neuve pour lui. Indépendamment des erreurs qu'il a commises , ou faute de monumens , ou parce que ses dessins et ses
descriptions e'toient mauvaises et inexactes, on rencontre dans tout son livre des jugement superficiels et même faux que la critique ne pourra jamais approuver.
En parlant de la médaille d'Inmthiméyus avec l'année AA*. 53 1. M. RR. donne p. io5-io6. inexactement la légende de cette médaille : il écrit, BACIAEAC ININ0I- MHOT, au lieu de BACïA€COC INJN01MHTOT, comme ce nom se voit sur la plupart de ces monnoies. Eckhel et Visconti ne connoissant que la seule date AA$, avoient conjecturé que le règne de ce roi n'a voit été que d'une très - courte durée. Mais M. RR. est plus hardi , et nous assure , p. U2 : „qu'il régna à peine une seule année". C'est une erreur. Deux médailles dininthiméyus, portant les dates BA4>, 53a. et €A4>. 535. nous indiquent que son règne fut plus long. Voici la description de ces pièces : BACIAÉGOC 1NIN9IM— Buste diadémé d'Ininthiméyua, à
droite.
BA4>. Buste lauré de Max i min, à droite 3 dessous, la date, l'an 53 a. AR. 4î«
ACIAÉCOC ININ01MHTOT. Buste diadémé dïninthiméyu», à droite.
€A$. Buste lauré de Gordien le jeune, a droite j dessous, la date, l'an 535. AR. 4î*
La première est conservée au cabinet de Sa Majesté l'Impératrice-Mère, et la seconde se trouve au cabinet impérial. La dernière date de Cotys IV, prédécesseur dininthiméyus, étant A4» ou l'an 53o de l'ère du Pont, les médailles que je viens de citer nous apprennent que ce roi Ininthiméyus a régné depuis l'an 53 1 jusqu'à l'an 535 de l'ère du Pont.
Faute de connoitre les deux médailles portant les datés BA<I>. et £A<Î>. on avoit cru, comme je l'ai déjà observé, qu'Ininthiméyus n'avoit régné que pendant une seule année. Cette erreur paroissoit être appuyée par une médaille de Rhescuporis V. l'unique de ce roi , portant la date AAtî». 53 1. laquelle sembloit prouver que Rhescuporis V., avoit remplacé Ininthiméyus sur le trône. Les époques
que je viens d'indiquer détruisent cet ordre de succession,, et démontrent que dans l'année 53 1 Ininlhiméyus et RhescuporisV. ont occupé* le trône du Bosphore et qulninthiméyus à régné au moins jusqu'en 535. Je prouverai dans une autre occasion que la conjecture de quelques amateurs en numismatique , par laquelle la médaille portant la date €A<I> doit appartenir à un lninthimévus IL n'est pas fondée.
Jusqu'à présent les antiquaires, comme Eckhel, Mionaet et Visconti , avoient attribué les médailles portant les dates AA4> et *A<& à un seul Rhescuporis. J'observe que non seulement la durée du règne d'Ininthiméyus constatée par des médailles, mais aussi la différence des traita du visage et de la fabrique , mettent en évidence que la médaille marquée de l'an AA* et celle de l'an «A !>, ainsi que les suivantes , appartiennent à deux princes, dont le premier est Rhescuporis V. l'autre Rhescuporis VI. successeur immédiat d'Ininthiméy us.
M. Mionnet avoit très bien soupçonné que la série des médailles attribuées à Cotys 111. prédécesseur d'ininthiméyus, devoit être partagée sous deux rois du même nom. Visconti adopta cette conjecture, a laquelle probablement a donné lieu la découverte d'un contemporain du dernier Cotys, mais il l'a fait sans nommer M. Mionnet. Ayant sous les yeux des médailles des règnes de ces deux Cotys que ne connoissoient pas les auteurs cités, je donnerai quelque» éclaircissemens sur cette découverte.
M. Mionnet, suivi en tout par Visconti, auroit mieux fait de rapporter l'an ZK<D. 5*"). à Cotys III. puisque sur cette médaille on trouve absolument la même physionomie que sur celles des années précédentes du même Cotys, Ce n'est qu'avec la médaille de l'année suivante HK$. 5u8. que doit commencer le règne de Cotys IV, parce que oette pièce, aussi bien que celles avec les dates 0K<D. 529. et A<&. 53o. sont d'une fabrique toute différente et présentent un autre portrait. Ces trois dernières dates appartiennent donc certainement à un autre roi, à Cotys IV.
J'ai remarqué que le nom du roi dont M. RR. a donné
des médaille», doit être écrit IMNfaJMHTOL. Si on trouve sur quelques médailles lNINtfIMHOC et INlNulftltOC , ce ne sont que des exceptions à la règle.
On rencontre plusieurs erreurs dans tout ce que Tau» teur remarque sur deux autres médailles d'ininthiméyus. 11 dit de la première , pl. IV. m. a. p. 106 : ,,qu'elle présente sur la face principale , deux figures opposées l'une & l'autre" j on ignore pourquoi le texte ne porte pas plu* tôt bustes que figures $ ,,la première", ajoute M. Raoul- Rochette , ^représente indubitablement luinthimévus : et la seconde , tournée à gauche , est probablement le portrait de la reine son épouse, reconnoissable au long voile, dont sa tète est couverte". A la même page, M. RR. dit encore : „elle porte également sur la tête un ornement semblable au modius , particularité qui peut sembler étrange , et que nous ne saurions ni rejeter ni expliquer avec certitude, dans l'ignorance où nous sommes de l'histoire et du caractère de ces princes , si peu connus , du Bosphore".
Mais ce n'est pas la tête de l'épouse d'ininthiméyus que l'on voit sur ce revers. C'est le buste barbu de Sérapis, avant de longs cheveux qui lui tombent sur les épaules , et le boisseau ou modius. Sur aucune des médailles de ce roi qui ont deux têtes affrontées pour avers, on ne trouve celle d'une femme. Plus de dix exemplaires de différentes grandeurs que j'ai de cette médaille , tous de très -belle conservation, le prouvent indubitablement. Sur une de ces médailles, le buste qui porte le boisseau est sans barbe j malgré cela c'est Sérapis , puisqu' lninthimévus, toujours figuré à grande barbe, y paroît aussi imberbe , et ce n'est que par la mal-adresse du graveur que ces deux personnages paroisse nt sans barbe. C'était au reste par erreur que M. RR. crovoit que l'épouse du roi pouvoit être représentée avec un modius , attribut qui ne convient qu'aux divinités. Comment pourroit-on imaft-
CUoitiz
lier que la reine du Bosphore eut trouvé convenable de charger sa téle de ce symbole sacré?