‹ Remarques sur un ouvrage intitulé Antiquités grecques du BosphoreCimmérienChapitre 18 sur 39 · XC11L · texte numérisé non relu

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Si l'on se rappelle les grands honneurs et les distinctions attachés dans l'antiquité a la dignité de grand-prêtre, par exemple à celle de grand - prêtre de Cérès Eleurinienne d'Ephèse (Strab. XIV. i.), de Jupiter Abretténus en Mpie (Id. XII. 7.), de Jupiter Stratéus a Mjlasa (Id. XIV. a.), de la Grande-More des Dieux à Pessinus (Diod. Exc. XXXVI. a.) j si l'on pense que ceux qui étoient investis de cette dignité portoient la pourpre et une couronne d'or, marques du pouvoir suprême dans l'état, pouvoir que possédoient réellement quelques uns de ces prêtres dans la ville et le district appartenant à leurs dieux: on ne trouvera pas improbable que les rois du Bosphore, dont quelques uns avoient permis de placer sur leur monnoie le buste de Sérapis en regard de leur propre effigie, ayent été en même tems grand-prêtres de cette divinité , comme Ithobal , roi de Tvr et de Sidon , l'avoit été d'Astarté (Joseph, in Apion. I. 18. p. 449)-

La même conjecture peut être appliquée à Gépaepy* ns qui, comme grande-prêtresse d'Astarté, avoit fait placer le buste de cette déesse sur une médaille portant sa propre effigie.

L'hypothèse de Visconti sur la succession des rois du Bosphore après la mort de Polémon I. est attaquée par M. Raoul- Rochette, qui veut lui en substituer une autre. Examinons la première avant que de nous occuper de celle de M. Raoul-Rochette.

Visconti nous dit (11. p. 149) : „les Aspurgitains qui avoient fait périr Polémon I. restèrent possesseurs du Bosphore. Auguste ne chercha point à venger la mort de son allié ; il paroît qu'il se contenta de l'hommage que son- Vainqueur lui rendit. Ces faits indiqués à peine par Strabon , empruntent beaucoup de lumière des monument numismatiques et paléographiques". Tout ce que Visconti a avancé est plus ou moins imaginaire ; car Strabon , le seul auteur qui parle de la mort de Polémon, et qui est cité par Visconti , raconte ce fait dans les termes suivant

(XI. a. §. 11) : — 0/ Avrovpyuaoh oîç triât fiwo; ïlokéftuu 0 /9«o> XeiÀ; tri rpoçroi^cu 'xç , où kx$ùv xvTtçpxTify^âri , xxï ^toyp/x kifideli; xrê&xvf. On voit par ces paroles, que de tout ce que nous a dit Visconti dans le passage cité, sur l'état politique du Bosphore , il n'y a de vrai que le commencement: „les Àspurgitains qui avoient fait périr Polémon" ; tout le reste est supposé par Visconti 3 Strabon n'en dit pas un mot , et par cette raison on ne peut l'introduire dans une narration de faits historiques. Dans un autre endroit , p. 177, Visconti répète encore ses propres idées, en disant : „les princes àspurgitains , qui avoient envahi le Bosphore et fait périr Polémon, sollicitoient de Rome l'oubli du passé, et désiroient être comptés parmi les rois dépendans de l'empire; ils obtiurent ce qu'ils désiroient, par la protection de Tibère , et les Aspurgitains se soumirent à l'empire". La plupart de ces assertions ne sont que des fictions j par exemple :

1) que les Aspurgiains restèrent possesseurs du Bosphore après la mort de Polémon I j

a) que les princes aspurgiains sollicitèrent de Rome l'oubli du passé ;

3) qu'ils avoient désiré être comptés parmi les rois dépendans de l'empire j

4) qu'ils obtinrent ce qu'ils désiroient j

5) qu'ils l'obtinrent par la protection de Tibère j

6) que les Aspurgiains se soumirent à l'empire.

Visconti pour prouver que Sauromate I. l'Aspurgiain , avoit été le premier prince du Bosphore et le fondateur d'une dynastie aspurgiaine , après la mort de Polémon , bâtit une hypothèse (II. p. i5i. uote a. sur une inscription que j'ai publiée. Dans cette inscription Tibérius Julius Sauromatès est nommé fils du roi Rhescuporis j maia ce fait ne prouve pas plus pour son hypothèse qu'une médaille attribuée a Sauromate I , sur laquelle on lit les mots TOT AtnOTPrOT , et qui appartient à des tema bien postérieurs, comme il résulte de plus de cinq exemplaires connus et bien conservés de la même médaille.

En convenant avec M. Raoul-Rochette que l'hypothèse de Visconti est dépourvue de tout fondement , j'observe d'avance que celle qu'il veut nous donner l'est encore plus, et que si Visconti s'est trompé dans les inductions qu'il a tirées d'une médaille mal lue, il faut avouer que M. RR. en établissant son nouvel ordre de succession, au moyen de conjectures encore moins fondées, a corn» mis en même teins une infinité d'erreurs.

Au reste je ne comprends pas pourquoi M. RR. nomme, p. lia. n5. laa. et ia8. la conjecture de Visconti, un système fort ingénieux. Une opinion sur un fait historique n'est pas un système. Cette opinion fondée sur une inscription qui ne prouve rien , et sur une médaille que Visconti attribue au siècle d'Auguste, tandis qu'elle est du tems de Néron , loin d'être juste et ingénieuse , est fort légère et erronée.

Pour ne pas interrompre le fil de mes recherches et des preuves d'où résultera l'insuffisance de la nouvelle hypothèse de M. Raoul-Rochette, concernant l'origine de la nouvelle dynastie sauromate au Bosphore, il est nécessaire de corriger les erreurs que l'on remarque dans la description et l'explication des médailles qui font la base des assertions de cet académicien. Je dirai ensuite ce que je pense sur le nouvel ordre de succession qu'a voulu établir M. RR. et sur les premiers rois qui appartiennent •n effet à la dynastie sauromate.

Au commencement de ses recherches numism a tiques M. Raoul-Rochette dit, p. 118 : ,,1'existence d'un roi Rhes* cuporis , inconnue jusqu'à présent et révélée par les inscriptions , me semble attestée encore par des médailles inédites et très-remarquables à tous égards". U y a plusieurs observations à faire sur ce passage qui sert d'introduction aux médailles de Tibérius JuliusRhescuporis. Comment M. RR. peut-il avoir écrit que l'existence de ce roi Tibérius Julius Rhescuporis a été inconnue jusqu'à présent? Comment peut -il vouloir l'attester par des médailles iwr

«'dites et mal conservées , lorsqu'une médaille du cabinet royal de Paris décrite par Maffei, par Cary, par Eckhel, Mionnetj Visconti , Sestini et par M. RR. lui-même, p. 109 , médaille dont la légende est parfaitement conservée , a dû l'instruire de ce fait beaucoup mieux que de» dessin» inexact» pris sur des exemplaires frustes et à légendes incomplètes, auxquelles il se réfère? On trouvera la description de la médaille de Paris dans l'appendice , m* 26.

J'observe secondement, que les deux inscriptions grecques que j'ai publiées dans le mémoire sur le monument de la rein* Comosarye, ne peuvent rien prouver relativement a l'existence de Tibérius Juliu» Rhescuporis, p. 1 16- «17. puisque dan» celle , pl. MIL il n'en est pas du tout question ; quant a la seconde, pl. Vif. qui est du roi Tibérius Juliu» Sauromatè» , fil» du roi Rhescuporis , je remarque :

1 ) que ce roi Rbescuporis père de Tibérius Juliu» Sauromatès ne peut nullement être confondu avec le Rhescuporis qui portoit les prénoms de Tibérius Julius , puisque Sauromatè II. ayant pris, par adulation pour Tibère, les prénoms de Tibérius Julius, n'auroit pas omis ces surnoms en citant son père , si ce dernier , probablement mort long - tems avant l'avènement de Tibère au trône , les avoit aussi adoptés 5

a) cette inscription ne prouve pas que Tibérius Juliu» Sauromatè» étoit fil» de Tibérius Julius Rhescuporis, puisque ce dernier n'a pas pu être le père du premier. En effet toutes les médailles de T. J. Rhescuporis nous offrent la physionomie d'un prince beaucoup moins âgé que n'est celle de T. J. Sauromatès. Ce dernier paroi t donc avoir été ou le père, ou le frère aîné de T. J. Rhescuporis; et le roi Rhescuporis , nommé dan» une inscription comme père de T. J. Sauromatès, a été, non pas roi du Bosphore, comme le croit M. RR. , mai» roi d'une peuplade sauromatè, comme je Pavois déjà observé en donnant cette inscription au public (Mon. de Com. p. 73. pl. Vfl). Mon interprétation est confirmée par une autre inscription (ib.

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p. 69. pl. VIU.) dans laquelle T. J. Sauromatès est nommé: 4 qui règne par le droit de succession de ses ancêtres, que ce prince ne pouvoit posséder qu'uniquement par rapport à ceux de ses ancêtres qui avoient occupé le trône d'un peuple sauromate.

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