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Remarques sur un ouvrage intitulé Erklärung einer aegyptischen Urkunde auf Papyrus, etc., von August Böckh

Erklarunr biner æqtptischbn crxdnde acf papy- Ros.etc . ,von August Bockh (t), ou Explication d’cn contrat éotptien STR papyrus , en grec cursif, de l’an 104 avant J. -C. , lue le ü 4 janvier 1891, à C académie royale des sciences de Berlin , par Auguste Bôcxh, membre des académies royales de Berlin et de Munich.

On se plaint quelquefois de ce que les monumens de l'Égypte, malgré les innombrables sculptures dont ils sont chargés , n’apprennent rien de positif sur l’histoire ou sur l’état cÎYil du pays. L’heureuse décooTcrte que Tiennent de faire trois satans de l’académie de Berlin, et que l’un d’eux, M. BOckh, a publiée depuis peu, suppléera en partie le langage encore muet des monumens. Il s’agit d'un contrat égyptien, conclu I0A ans ayant J-C., et qui a été déchiffré arec un rare bonheur par MM. Bockh, Buttmann et Bekker. Le document est écrit sur un papyrus, en grec cursif, mais presque illisible. Au premier coup d’œil, on le prendrait pour une écriture tout autre , mêlée seulement de quelques lettres grecques, semées ça et lé. Le petit outrage dont nous rendons compte renferme le fac simile du contrat, avec la traduction allemande et un commentaire assez étendu. On peut dire, de ce morceau, qu’il est unique

( 1 ) ln-4’ de 36 pages, Berlin , i8»i.

sous deux rapports; d’abord, comme exemple de l’écriture cursive, puis comme renfermant des détails neufs sur un point essentiel de l’administration civile. Voici l’historique de la découverte : M. Jean d’Anastasy , consul de Suède à Alexandrie, s’est procuré dans la haute Égypte ce précieux manuscrit, qu’il conserve dans son cabinet, déroulé entre deux verres. Le général Minutoli, qui visite maintenant l'Égypte et les pays de l’ouest , par ordre du gouvernement prussien, a obtenu du consul un fac similt du papyrus, et l’a envoyé à l’académie de Berlin. L'original parait avoir été déposé sur une momie de la Thébaïde. Sa conservation étonnante , après vingt siècles, est due sans doute au baume dontll a été imprégné ou parfumé, et A la sécheresse du tombeau dans lequel il est resté si long-tems.

La copie qui a été envoyée en Prusse a été imitée avec une scrupuleuse exactitude; il est à regretter cependant que l’original ne soit pas en Europe, car il est permis de douter que le fac simile , du moins la gravure, le retrace avec une égaie fidélité sur tous les points.

L'étendue du manuscrit est de î! pouces environ , sur 5* h 1. de hauteur; A gauche, ou voit nnc sorte de cachet, représentant une tête barbue avec un casque , selon l’usage grec.

L'écrit est composé de trois parties: lu première, eu cinq lignes, indique lu date et désigne les fonctionnaires de l’ordre religieux alors en exercice, indications nécessaires pour bien déterminer cette époque et rendre l'acte valide. La seconde, en huit lignes, contient le traité conclu; la troisième , qui est séparée à la droite , est une sorte d’enregistrement écrit en huit lignes; ces dernières sont plus courtes et d’une autre main, en caractères plus menus, plus serrés et tracés rapidement, en sorte que l’on conjec-

turc que le manuscrit n’est pas une copie , mais bien l'original de l'acte.

L’objet du contrat est la Tente d'un fonds de terre, entre plusieurs particuliers de Ptolémaïs, tille capitale de la haute Égypte sous les Lagides. M. Bockh présume qu’il a été trouvé dans le tombeau de l’acheteur même, nommé Nechoutes. Les co-vendeurs sont au nombre de quatre; on donne leur signalement dans le plus grand détail, ainsi qne leur profession , puis le quartier où la pièce de terre est située, la nature et l’étendue de la pièce, ensuite la désignation des tenons et aboutissans; enfin, le signalement de l’acheteur et le prix de la vente.

La partie de droite est une sorte de transcription du contrat : on y désigne les trois ou quatre fonctionnaires des contributions ou de l'enregistrement; on y répète la date de l’année , le prix de la terre, le lieu où elle est située ; enfin, les noms des parties; mais le jour de l'inscription de l'acte n’est plus le même , c’est environ trois mois plus tard que le contrat a été enregistré ù la requête de l'acheteur.

Ce rare morceau est le plus curieux qu’on ait encore trouvé eu Egypte, pour la connaissance de l’ordre civil dans ce pays. A la vérité , il ne remonte pas plus haut que l'administration des Grecs; mais tout porte à croire que l'ancien usage avait été conservé. Toutefois, je diffère d’avis sur un point avec le savant interprète; il induit de cette pièce, qne la langue grecque était, à cette époque, employée universellement dans toute l'Égypte, même pour les affaires privées. Vois Ptolémaïs étant une ville d'origine grecque et fondée par les Ptolémées, pour succéder à l'ancienne capitale, peut-être dans le dessein même d’introduire dans tout le pays l'usage de leur langue, il n’est pas surprenant qu'on y tint toutes les écritures administra-

tires dans ce même idiome, 4 l’exclusion de la langue nationale. Je ne yoîs même pas ce qui empêcherait de croire que les habitant de Ptolémaïs eussent retenu l'usage de celle-ci, bien qu’ils fussent contraints de rédiger tous les actes dans la langue du rainqueur ; c’est ce qu'on a ru en Belgique, en Hollande et dans d'autres pays, pendant l'administration .des Français. Il en est encore de même dans quelques parties de l’ancienne Alsace. Ptolémaïs était la première ville de la Thébaïde , du tems de Strabon ; il la comparait, pour l’étendue, 4 la Tille de Memphis. Les anciens géographes l'appellent PtoUmaïs d’Ermios , surnom que l’on retrouve dans le contrat. Sa position est la même que celle d’un gros bourg , appelé Menchyet el nédé , au-dessous de Girgeb, la capitale actuelle du Sayd, et où nous avons tu des ruines. On appelle ici la ville Ptolémaïs de la Thébaïde, pour la distinguer de la Ptolémaïsqui était 4 rentrée du nome Arsinoïte. Mais ce que l’acte contient de plus intéressant pour la géographie , c'est que , sous le rapport de l’administration territoriale, ce lieu dépendait du nome Ttnhyritv , si toutefois la lecture est exacte dans cet endroit, qui est assez mal écrit. Ainsi , Danville s’était trompé en corrigeant, dans le texte de Ptolémée le géographe , le nom de Tathyris en Phaturis, et Ptolémée lui-même avait donné 4 cette préfecture un nom différent ; savoir, UMemnon; peut-être aussi cettedivision n’était-elle plus la même de son tems , car les nomes ont plusieurs fois changé de circonscription. Au reste , il est remarquable que les terres de Ptolémaïs relevaient , du moins sous un rapport, d’un nome éloigné confinaqt 4 Thèbes, et séparé de celui de Ptolémaïs même , par deux autres , le Diospolites et le Tentyrites ; faut-il en conclure qu’il y avait des administrations provinciales supérieures, qui embrassaient plusieurs préfectures dans leur juridiction ?

Le détail de* règle* suivies dans l'udministration civile d’un pays est toujours curieux, au moins' comme terme de comparaison. On sera bien aise de les, trouver ici , et sous la forme la plus authentique. D'ailleurs, si l’on connait ces règles pour les Grecs et les Humains, on n’en avait presque aucune idée pour l'Égypte. On y trouve, quniqu'en peu de mots, des choses neuves sur les noms et la condition des habitans , les corporations d’ouvriers, les usages ruraux. le mode de possession territoriale. Knlin, pour l’histoire de l’écriture, c’esl un monument capital. M. Boekli observe judicieusement que l’on ne se servait de lettres détachées que dans les livres publics ou destinés à être vendus, et. qu’on ne s'y astreignait pas dans les écritures privées et journalières. *M. Akrrblad a publié une inscription sur une lame de plomb, trouvée dans un tombeau, près d’Athènes, mais l’époque, n’eu est pas certaine; ce «ont dés caractères informes, sans Maisons , et il n’est pas probable que l’on litusagedel'écriturn cursive sur le plomb. D’autres fragmen* connus ne sont. pas davantage du véritable cursif. Des mots de peu d’importance, tracés sur les murs ou les colonnes de Pompèî, ctBurtoul le papyrus grec du musée fiorgia, à Velletri, publié par Schow, en 1788, sont presque les seuls exemples qu'on puisse citer ; mais celui-ci n'offre qu’une nomenclature des ouvriers de Ptolémaïs d’Arsinoïtc . employés aux digues et aux canaux. Ce dernier fragment . d'ailleurs très-curieux, ne remoute qd’ati troisième siècle de Père chrétienne., tandis que celui de Ptolémaïs en Thébaîde est du deuxième siècle avant celte ère. Voilà donc le monument d’érrilure grecque Cursive , le plus ancien connu, et sa date est incontestable. A la vérité, il existe des manuscrits en cursif, bieu antérieurs et en 1res - grand nombre; ce sont les papyrus en

langue égyptienne , découverts par les voyageurs français ; mais on n’esl pas en état de les lire.

M. Bekker s’est occupé le premier de déchiffrer le contrat de Ptolémaïs ; après en avoir lu la plus grande partie , il l’a remis & M. Biickh et 4 M. Buttmann , qui se sont attachés 4 lire las endroits difficiles. Ils ont rèuisi presque partout, et ce qu’il reste à deviner n'a qu’une faible importance. On pourra contester quelques mots , mais le sens ne paraît susceptible d'aucun doute.

Il est surprenant que les noms dev pontifes, et ceux des prétresses connues sous les désignations d'Athluphorc et de Canéphore, ne soient pas devant ceux des princes lagides, comine dans la célèbre inscription de Ilasette. Aurait-on cherché dans la suite à abréger ces longues formules qu’il fallait répéter si souvent, en remontant toujours 4 l’origine de la dynastie ? Ce n’est pas la seule difficulté que présente le monument.

Voici mot à mot la traduction du texte : • •

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