‹ RembrandtChapitre 202 sur 285 · VIEILLE AVEC VOILE NOIR · texte numérisé non relu

VIEILLE AVEC VOILE NOIR

i63i <b. 355). image disparaît de l'œuvre du

maître et son nom ne figure plus dans aucun des documents relatifs à

Rembrandt ou aux siens. Suivant toute vraisemblance, elle fut enterrée à la Westerkerk; mais comme dans le registre des inhumations de cette église on ne trouve rien qui la concerne de 1G64 à 1670, pas plus d'ailleurs que sur les listes mortuaires des autres églises de 1661 à 1670, peut-être la vente faite le 27 octobre 1662 de la sépulture de famille que Rembrandt possédait dans la Oudekerk a-t-elle coïncidé avec la mort de Hendrickje. Par suite de son changement de quartier, cette sépulture était devenue inutile à l'artiste, et à bout de ressources comme il l'était, il avait dû se résigner à la céder quand il lui avait fallu en acquérir une autre.

En perdant Hendrickje, Rembrandt restait plus que jamais exposé à des tracasseries contre lesquelles il était incapable de se défendre. Sa situation toujours mal définie, compliquée par les arrangements de famille auxquels il s'était prêté, les dispositions testamentaires prises par la mère de Cornelia, l'association contractée par elle avec Titus pour le commerce des œuvres d'art, la liquidation toujours ouverte de la faillite, c'étaient là pour les créanciers de Rembrandt autant d'occasions de s'immiscer dans ses affaires, en essayant ainsi de rentrer dans une partie de leurs fonds. On peut penser qu'ils n'y manquèrent point.

Désemparé, écrasé à la fin par cette succession de désastres, le vieux maître semble à ce moment avoir cédé à un découragement bien naturel. Sa santé, croyons-nous, et peut-être aussi sa vue s'étaient altérées. Quand on pense à son âge, à ses chagrins réitérés, à la vie sédentaire qu'il menait, à son excessive assiduité au travail, on comprend que des désordres sérieux aient pu se produire dans sa constitution autrefois très robuste. Ce corps qu'il avait traité si durement, sans jamais lui accorder de repos, prenait maintenant sa revanche. Les portraits qu'il fit d'après lui-même vers cette époque accusent les modifications profondes que ces dernières années avaient amenées dans son aspect. Celui de la National Gallery, peint vers 1G64, est tout à fait caractéristique à cet égard. Sans parler des violences de l'exécution, on reste frappé des changements qu'on observe dans toute sa personne. L'obésité l'a envahi et ses chairs tuméfiées, amollies, sont distendues sur ses joues, retombent pendantes sous son menton; la contraction de ses traits atteste ses souffrances, et ce serre-tête qu'il ne quitte plus maintenant et qu'il a gardé sous sa calotte rougeàtre dans ce portrait semble indiquer

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