‹ RembrandtChapitre 205 sur 285 · TITUS EST DÉCLARE MAJEUR · texte numérisé non relu

TITUS EST DÉCLARE MAJEUR

ici des ressemblances, nous croyons, après une observation attentive des types, qu'il faut renoncer à les trouver parmi l'entourage de Rembrandt et surtout à le reconnaître lui-même. Sans trop épiloguer sur le sujet qui, ainsi qu'on l'a dit, est peut-être emprunté au Livre de Ruth et Booz, nous nous contenterons d'admirer la grâce candide de cette jeune femme, la beauté de ses mains, surtout l'éblouissante harmonie de ses carnations et du rouge magnifique de son vêtement, dont la sombre verdure du fond et les tons gris de fer très habilement répartis dans le tableau avivent encore la fraîcheur et l'éclat.

A cette date de 1 665, les longs débats qu'avaient entraînés les contestations avec les créanciers de la faillite de Rembrandt étaient enfin terminés. Le principal d'entre eux, Van Hertsbeck, nous l'avons vu, avait en vain appelé de l'arrêt rendu le 22 décembre 1662 par la cour provinciale, arrêt qui le condamnait à rapporter la somme de 4200 florins, indûment touchée par lui sur sa créance. La sentence ayant été confirmée par la délibération du Grand Conseil en date du 27 janvier i665, il recevait assignation, le 20 juin suivant, de verser cet argent entre les mains de Louis Crayers, avoué de Titus, et à l'actif de ce dernier.

Afin d'éviter de nouveaux ennuis, Rembrandt avait pris le parti de régulariser la situation de son fils en demandant que le terme légal de sa majorité fût devancé d'un an. De concert avec Titus, il signait comme lui une demande adressée à cet effet aux magistrats de la ville pour les prier d'appuyer leur requête au Grand Conseil (1). Titus y exposait que, « bourgeois né d'Amsterdam, sa situation de mineur était pour lui une gêne apportée à l'exercice de son commerce et qui pouvait lui devenir très préjudiciable ». Il sollicitait cette faveur « qui lui permettrait de faire lui-même ses affaires et d'administrer son propre bien ». Assisté de deux témoins, « marchands d'Amsterdam et amis », le fidèle Abraham Francen — qui probablement avait toujours servi de conseil à Titus dans son commerce « de gravures, tableaux et raretés de toutes sortes » — certifie que ce jeune homme est désormais parfaitement en état d'obtenir cette dispense d'âge, d'ailleurs de peu de durée, « à raison de son entente des affaires et de sa bonne conduite ». Les magistrats ayant donné un avis favorable, la Régence fit droit à la requête dès le 19 juin

(i) Vosmaer, p. 374 et 449.

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