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LE BAPTÊME DE L'EUNUQUE. GRAVURE DE J. VAN VLIET (l63l). (D'après un tableau de Rembrandt-)
d'ailleurs est charmante et le problème qu'elle soulève lui prête un intérêt. de plus; avec des empâtements modérés dans les lumières, la touche est précise et moelleuse, légère et facile, et le coloris très harmo-
nieux. La tête du vieillard, délicatement modelée, est pleine d'expression, et les tons gris lilas de sa houppelande fourrée s'accordent heureusement avec le vert pâle de sa tunique. Ces nuances un peu froides contrastent avec les colorations roussàtres des parois de la grotte et des végétations dont elle est tapissée ; enfin l'harmonie de l'ensemble est d'une grande distinction. Comme pour le Saint Jérôme, Rembrandt avait préparé avec soin son tableau, car nous avons noté au cabinet des dessins de l'Ermitage une étude à la sanguine faite pour la figure de ce vieillard, étude qui, par son élégance et sa sûreté, rappelle celle du Saint Jérôme et doit être de la même époque.
Ainsi qu'on a pu le voir, le paysage ne joue qu'un rôle très effacé dans la plupart des peintures de Rembrandt que nous avons examinées jusqu'à présent. Il n'occupe une place un peu plus importante que dans le Baptême de l'Eunuque, et il faut bien reconnaître que sa faibless.e trahit l'insuffisance des études de l'artiste à cet égard. Les plantes qui occupent le premier plan du tableau ont été copiées séparément par lui, pour les besoins de la cause, et rapprochées les unes des autres sans grande vraisemblance ; elles ne font point corps avec la composition et ne concourent que médiocrement à sa valeur. Rembrandt, qui tient à utiliser ces études, les a introduites de nouveau, et peut-être avec moins de convenance encore, dans son Saint Jérôme. Mais il a probablement senti lui-même le peu d'a-propos de cette addition, et ne se jugeant pas assez préparé pour tirer parti de cet élément pittoresque, il n'a pas, de quelque temps du moins, renouvelé sa tentative. Habitué à trouver son point d'appui dans la nature, il a besoin de la. consulter à tout moment et ne sait pas se passer d'elle. Quand il essaye de le faire, il n'a pas à se louer du résultat. Lui qui plus tard aura l'occasion d'étudier des lions dans les attitudes les plus variées, il est bien en peine pour représenter celui qui accompagne saint Jérôme, et si par la suite il ne devient jamais fort habile à peindre des chevaux, du moins il n'en imaginera plus jamais d'aussi grotesques que ceux du Baptême de l'Eunuque. Autant qu'il le peut, il lui faut ses modèles sous la main, afin de pouvoir les copier à sa guise, et comme, à l'exemple de ses contemporains, il aime à emprunter ses sujets à l'Orient, il cherche à s'entourer de tous les accessoires qui lui paraissent aider à la couleur locale. C'est à ces achats que passent ses menus gains, et sa curiosité, aussi bien que le désir d'accroître des