‹ Rembrandt et l'individualisme dans l'artChapitre 1 sur 7 · RECURENT UNE GENEREUSE HOSPITALITE · texte numérisé non relu

RECURENT UNE GENEREUSE HOSPITALITE

ET où MON PÈKE IL Y A CINQUANTE ANS TROUVA UN CORDIAL ACCUEIL DES SYMPATHIES ECLAIREES ET DES AMITIÉS QUI LUI SURVIVENT

Ath. C. F.

PRÉFACE

Quelle influence réciproque les diverses religions ont-elles exercée sur les arts^ et les arts sur les religions ? C'est là une question féconde et pleine d'intérêt^ qu'on a trop peu étudiée encore et souvent mal comprise.

Pour s'en occuper avec quelque succès^ il ne faudrait être ni étranger à l'art^ ni dénué de sens reli gieux^ ni dépourvu de cette largeur et de cette liberté d'esprit

PRÉFACE

sans lesquelles est impossible toute vue d'ensemble^ toute critique impartiale et féconde.

Peut-êtrC;, avant de dire un mot de ce beau et grand problème^ estil nécessaire d'indiquer rapidement pourquoi^ dans quel sentiment^ avec quels moyens d'observation je l'ai abordé.

J'ai suivi un conseil que mon père donnait souvent à ses fils et à d'autres. Il voulait que tout homme cultivé et laborieux eût en même temps qu'une carrière de son choix^ qui lui fournît sa pensée dominante et son travail journalier^ le goût de quelque étude de littérature^ de poésie ou d'art qui lui servît de délassement et offrît à son esprit fatigué par des devoirs plus

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graves^ ce genre de repos intellectuel que donne le changement d'occupation.

De peur de paraître m'ériger en artistC;, je dois dire que contrarié^ dans un penchant très-vif pour les arts^ par une mauvaise vue qu'il a fallu ménager dès Penfance et réserver longtemps aux études indispensables^ je n'ai jamais dessiné; mais je m'en suis dédommagé autant que je l'ai pu en admirant^ partout où je les ai trouvées^ les œuvres d'artistes éminents. Rien ne repose mieux du contact avec les hommes souvent hostiles^ et avec les livres à la longue fatigants^ que la sereine et riche variété des tableaux^ des gravures^ des sculptures; en les contemplant^ Fima-

PRÉFACE

gination se nourrit^ le goût s'élève et s'épure^ souvent même le cœur s'émeut^ sans que Fesprit ait la peine de créer ou de suivre des idées enchaînées l'une à Tautre.

Les œuvres des arts plastiques ^ comme celles de la nature produisent directement sur le spectateur une impression d'ensemble^ instantanée et vive^ que la réflexion peut compléter^ modifier^ analyser^ mais qui repose la pensée du travail successif exigé par la lecture ou par la composition littéraire. Un livre n'agit sur nous que page après page; toute lecture est une analyse. La vue d'un paysage^ d'une façade^ d'un groupe^ fait sur l'âme un eftét unique; ce qu'elle perçoit d'abord^ est une synthèse.

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Ainsi agit en sens inverse le beau cherché dans l'art ou la nature et le beau dans les lettres.

Ayant pris depuis vingt ans l'habitude de consacrer un mois de repos^ chaque année ^ à visiter les galeries de peinture^ de statues^ les monuments de Tarchitecture^ je me suis trouvé engagé tout naturellement par mes préoccupations de ministre d'un culte^ dans l'étude de cette question : quelle action ont eue les religions sur ies arts^ et les arts sur les religions?

Quelques articles publiés pendant un premier voyage d'Italie^ en i852^ dans le journal le Lien [Feuillets détachés dhin carnet de vofage)^ devinrent;, après une se- • conde excursion dans la terre

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classique de la grande peinture, un volume publié en 1857;, sous ce titre : Des beaux-arts en Italie^ lettres écrites de Rome, Naples, Pise, et suivies d'un appendice sur riconographie de l'Immaculée Conception \

Depuis, j'insérai d'autres fragments dans le Lien^ le Disciple de Jésus-Christ^ \ Almanachde V union protestante libérale^ et j'en recueillis quelques-uns dans un volume de Libres Etudes^ en 1860.

En j866, je pris une modeste

I . J'ai ajoute de nombreux fragments et une préface en anglais à la traduction de ce livre intitulée Fine Arts in Italj, etc., par M. et Mme Higgînson, qui a paru à Londres en 1859.

PRÉFACE

VU

part à l'organisation^ au profit des pauvres^ d'une Exposition rétrospeciive^ au Palais de l'Industrie^ exposition qui^ conduite avec trop de luxe^ n'enrichit pas les indigents^ mais fit connaître au public les plus belles toiles dispersées dans les galeries particulières de Paris'.

A Manchester en 1807^ à Londres^ à Paris^ j^ai étudié les expo-

I . On y a vu des tableaux prêtés par l'Impératrice, par la grande -duchesse Marie de Russie, Mesdames Cavaignac, Delessert, Marjolin - Scheffer , H. Fould , Troyon, MM. Duchâtel, de Persigny, de Rothschild, Double, Didier, Hauguet, de Laborde, Reiset, Rio, Marcotte, Théoph.

Gautier, de Saint- Victor , et beaucoup d'autres.

VIÏI

PREFACE

sitions des Trésors de Fart. Enfin^ j'ai visité^ à diverses époques^ toujours en prenant des notes nombreuses^ les Musées publics et la plupart des collections privées de France^ d'Italie^ d'Allemagne*^ de Hollande^ de Belgique^ d'Angleterre^ des royaumes Scandinaves^ et surtout les galeries les plus riches^ celles de Madrid et du Louvre^ de Dresde et de Florence^ de Rome et de Saint-Pétersbourg.

Ce qui aiguillonnait encore ma curiosité^ c'est que les rapports de l'art avec les religions diverses m'ont paru avoir été trop peu approfondis^ et souvent inexactement représentés. Les hommes^

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