III. Les Rembrandt de Buckingham Palace
IV. Les Rembrandt des collections particulières d' Amsterdam.
V. Les dessins de Rembrandt au British Mu^ seum {i^evue germanupie) .
VL Un tour en Allemagne (ib., 1861, 28 février et 3i mars).
VIL Les nouvelles tendances de l'art (Revue Germanique^ i®r janvier 1862).
NOTES
VIII. Musées de la Hollande^ Amsterdam et la Haye, i volume in-12, i858.
IX. Trésors d'art exposés à Manchester^ en i857, I volume in-12.
X. Rembrandt , Discours sur sa vie et son génie ^ avec un grand nombre de documents historiques , par Scheltema, publié et annoté par W. Burger, 1866.
M. Burger a annoncé depuis longtemps un grand ouvrage non encore achevé, sous ce titre: Rembrandt^ V homme et son œuvre.
Sur la question des rapports de la Réforme et de l'Art on peut consulter un écrit de feu M. Jeronimo de Vries, lu, dans une séance de l'Institut des Pays-Bas, le 5 octobre 1848 : Jets over den imloed der Kerhhervorming op de Schilderkunst in ons vaterland (Quelques mots au sujet de l'influence de la Réformation sur la peinture de Hollande).
Voir aussi un remarquable article de M. Feillet, sur VArt protestant en France^ dans la Gazette des Beaux-Arts^ 1860, tome VII, page 3i6.
2. J'ai consacré, depuis vingt ans, un mois de repos chaque année à voir des tableaux, en prenant des notes. C'est ainsi que j'ai vu la très-grande majorité des œuvres du maître ,
NOTE s.
dans les musées et les collections particulières d'Amsterdam, la Haye, Rotterdam, Bruxelles, Anvers, Berlin, Dresde, Munich, Vienne, Pesth, Prague, Turin, Florence, Madrid, Londres, Dulwich, l'exposition de Manchester (iSSy), Stockholm, Copenhague, Saint-Pétersbourg, le Louvre, l'exposition rétrospective de Paris (1866) , et autres galeries moins importantes, mais je n'ai pas vu les toiles qui font l'honneur des musées de Brunswick et de Cassel. C'est le désir de connaître les quarante et un tableaux de Rembrandt qui sont à l'Ermitage, qui m'a conduit à Saint-Pétersbourg.
Quant à la colossale ébauche du musée de Stockholm, je n'ose émettre une opinion. L'abbé Dubos a écrit : « L'expérience nous enseigne que l'art de deviner l'auteur d'un tableau en reconnaissant la main du maître, est le plus fautif de tous les arts, après la médecine. » Sans doute les deux arts en question ont fait l'un et l'autre de grands progrès depuis Dubos ; il est bon cependant de ne pas trop perdre de vue cette satirique mais trèssage observation.
Je me contente, quant à la question du tableau de Stockholm, de mettre sous les yeux du lecteur l'article du catalogue qui concerne
NOTES
cette imposante composition, où figurent onze personnages de grandeur naturelle.
MUSEE NATIOîfAL DE STOCKHOLM.
« Rembrandt van Ryn (Paul). — 5 78. — Le borgne Jean Ziska de Trocznow, assis à table et entoure de ses partisans, jure, en croisant son épëe avec les leurs, de combattre pour la foi de Jean Huss, brûlé vif en 141 5, et de venger sa mort ; deux prêtres adhèrent au serment en posant leur main sur l'ëpée de leur chef. A l'un des bouts de la table on remarque le calice, emblème des Hussites, et à l'autre bout l'hostie. La scène est éclairée au moyen d'une lampe cachée au spectateur par un des trois conjurés qu'on voit de dos, et qui tient une coupe à la main. Ebauche de 1 1 figures peintes jusqu'aux genoux.
« Selon la tradition , Rembrandt aurait laissé, en souvenir et en témoignage de sa reconnaissance, cette composition à une famille du nom de Peil, chez laquelle il aurait été soigné pendant une maladie à Stockholm. Le dernier membre de cette famille, Mme Peil, née Grill,
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fit cadeau, en 1798, de ce tableau remarquable à l'Académie des Beaux-Arts de Suède. >>
Je ne m'attendais à trouver rien de pareil à Stockholm, et je croyais, comme tant d'autres, que Rembrandt ne s'était jamais éloigné de son pays natal. Cependant, Baldinucci a écrit qu'après sa faillite, Rembrandt entra au service du roi de Suède, et qu'il mourut malheureusement à Stockholm. Ce dernier fait est faux, mais n'y a-t-il rien devrai dans cette tradition? Wilson , Woodburne et d'autres ont admis l'authenticité de cette vaste ébauche. Il y a là un mystère à éclaircir. Toute la toile est couverte d'un simple frottis dont le ton général est bistré; les couleurs y sont plus faiblement indiquées que dans la Prédication de Jean- Baptiste^ qui est bien plus achevée. L'aspect général de l'œuvre, l'effet de lumière tel qu'il s'annonce et se laisse prévoir, ont quelque chose de rembranesque. D'un autre côté, le maître paraît avoir eu l'habitude d'avancer très-inégalement les diverses parties de ses grandes compositions, au lieu de tout mener au même point, comme l'a fait l'auteur de cette peinture. Je doute. — Voir Kolloff, p. 468, etc.
Je remarque en passant que le prénom de
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Paul, donné à Rembrandt dans le catalogue cité, et dans maints autres écrits, ne lui a jamais appartenu.
3. L'usage hollandais est d'ajouter au nom de baptême du père celui du fîls avec la lettre abréviation de zoon , fils. Rembrandt est un prénom. Van Rijn signifie littéralement de Rhin et non du Rhin.
4. « L'eau-forte ne devait compléter son expression, acquérir sa valeur, on peut dire sa couleur, qu'au dix-septième siècle. Ce fut Rembrandt qui, d'un simple procédé, fit un art. » (Ch. Rlanc, Gramm. des Arts du dessin^ p. 676.)
5. Marié en i634 à Saskia van Uilenburg,. il la perdit en 1642; il en eut quatre enfants dont un seul parvint à Page d'homme; mais, douze ans après, le consistoire censura , pour ses relations illicites avec son maître, une domestique du peintre nommée Hendrickje Jaghers ou Stoffels et lui interdit la Sainte Cène. La faute était réelle, car Rembrandt reconnut une fille que Hendrickje lui donna, et la nomma Cornélie. Enfin il laissa une veuve, Catharina van Wijck, avec un ou deux enfants ; on n'a pas retrouvé la date de ce dernier mariage. (Voir le beau livre de M. Vosmaer sur
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Rembrandt^ sa vie et ses œuvres^ la Haye, 1868.)
M. Kolloff a démontré que la biographie généralement répandue de Rembrandt est pleine d'erreurs; mais ce sont des compatriotes du maître, MM. Rasselman Elzevier, Adama van Scheltema, Vosmaer, qui ont apporté, par de patientes recherches dans les registres de l'état civil et autres sources officielles, quelque lumière dans cette histoire mal connue avant eux.
6. Albert Cuijp, dans plusieurs de ses merveilleux paysages de terre ou d'eau , a tiré grand parti de ces brumes dorées.
7. M. Burger, qui s'est occupé de Rembrandt avec une passion aussi persévérante qu'éclairée, possède un Sacrifice d^Isaac par Lastman. Dans le premier ouvrage de M. Vosmaer {Rembrandt ^ ses précurseurs et ses années d'apprentissage) se trouve une étude approfondie sur les précurseurs du maître, en particulier sur Pieter Lastman et son œuvre.
8. Philosophie de Vart dans les Pays-Bas^ par M. Taine, 1869, in-12.
9. A supposer qu'un écusson fût parti d'or et d'azur, c'est-à-dire divisé dans le sens de la longueur en deux moitiés, l'une bleue et
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l'autre jaune, et qu'il y eut une fleur de lis d'or sur l'azur et une autre d'azur sur l'or, on dirait de ces fleurs qu'elles sont de Pun dans Vautre.
10. Fiorillo, GescJiichteder zelchnenden Kiinste inDeutschland^ tome III, p. 122, cite par W. J. Hofdi jk dans une brochure hollandaise sur une gravure de l'admirable tableau des Syndics (Staalmeesters) . Amst., in-i8, 1857.
11. Je persiste à écrire ainsi son nom, quoiqu'il signât Dow. Mais on sait que le v était alors identique à Vu. Or , la prononciation hollandaise delà diphthongue ow, qui équivaut à la syllabe anglaise oxd dans ow/, dans /zow, exige Vu et non le t^, qui obligerait à prononcer Dove. Au reste, on a poussé la réforme de l'orthographe des noms hollandais jusqu'à un excès un peu pédantesque peut-être , et qui , dans certains cas, manque son but en le dépassant.
12. On a été souvent singulièrement malheureux dans les titres que l'on a donnés aux tableaux de Rembrandt, particulièrement quant aux sujets bibliques. Les critiques d'art, surtout en pays catholiques, connaissent souvent très-mal la Bible, et Rembrandt les a déroutés maintes fois en traitant des sujets fort
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ignores , sauf chez les Israélites et chez les protestants.
Je prendrai pour exemple l'histoire de Samson. L'apparition de l'ange à Manoah son père {Livre des Juges ^ i3, 20. — Musée de Dresde) a été souvent mai nommée. Les Noces de Samson {Jages^ 14, 10. — Musée de Dresde) sont appelées généralement le Festin d^Assuérus. Enfin Samson à Thlmna {Juges ^ i5, i. — Musée de Berlin), furieux de ce que son beau-père lui refuse l'entrée de la demeure conjugale, est devenu Alphonse^ duc de Gueldre. Il faut avouer que les costumes souvent modernes ont pu égarer l'opinion; mais la vaste chevelure du héros aurait dû suffire pour éviter tout malentendu.
Les divers portraits connus sous le nom de la Fille de Rembrandt sont ceux de Saskia ou de personnes inconnues.
i3 Sur Rembrandt et Shakespeare, voyez le Manuel de Kugler, traduit en anglais et annoté par sir Edmond Head, tome I, page 255.
14. 11 est incontestable que Rembrandt bravait la laideur avec une sorte d'indifférence. Les quelques figures académiques qui se trouvent parmi ses eaux-fortes et sa Danaé, de grandeur naturelle, à Saint-Pétersbourg, sont
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par trop laides. Pour cette dernière il a poussé si loin le dédain du contour qu'il a noyé dans la literie toutes les lignes externes du corps, qui ne se dessine que par un modelé merveilleux, en pleine lumière^.
Cependant quand il l'a voulu, il a su peindre des traits fins et réguliers. Plusieurs de ses figures de femmes sont belles, et, ce qui est peut-être plus étonnant chez lui, sont jolies. Voyez par exemple, VOEuvre de Rembrandt^ par M. Ch. Blanc, tome II, page 214.
15. M. Burger déclare quelque part qu'à ses yeux, le portrait de Mme Day (collection van Loon, à Amsterdam) est « le plus extraordinaire de tous les portraits de femmes. »
16. Ce serait une étude curieuse et instructive que le parallèle de Rembrandt et de Velasquez, deux génies très-originaux, très-différents à bien des égards et qui sous d'autres rapports se ressemblent ; mais on ne peut connaître ce dernier qu'à Madrid.
17. Voir dans nos Libres Etudes^ i vol. in-8, 1868, MïcJiel-Ange^ penseur et poète.
18. A ces maitres primitifs, il faudrait joindre Jacob Bunel, peintre d'histoire de Henri IV, les paysagistes Hubert et Jacques Rousseau, Sébastien Bourdon , les Ferdinand
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(dont le nom de famille était Elle), et, de nos jours, Ary Scheffer et son frère , Lëopold Robert, Jalabert, Comte, et les peintres suisses, tels que Calame, Guigon , Diday, Hornung et bien d'autres; les peintres sur émail Nuault, Bordier, Petitot, etc. ; les graveurs Abraham Bosse, Etienne Delaulne, Picart, les Chéron, le fondeur Rollet, les sculpteurs Barthe'lemy Prieur., et, en notre temps, Pradier, l'architecte Jean de Lorme, et, pour ce qu'on appelle aujourd'hui les arts industriels, les Gobelins et Boulle. Cette liste est encore loin d'être complète. (Voir la France protestante , des frères Haag.)
On sait que Thorvaldsen, le statuaire danois, était protestant et résista toute sa vie aux avances de la cour de Rome, qui voulait le convertir.