ACTE III
Rembrandt!... Titus I... Ahl tu les aimeras bien, n'est-ce pas, tu les aimeras bien, quand je ne serai plus ! . . .
HENDRICKJE, bouleversée.
Par pitié ! . . .
SASKIA
Faisons vite... le notaire va venir. Tu n'as pas à penser à moi^ à ce que j'ai pu souffrir, à ce que je souffre encore... Je ne compte plus. C'est à lui qu'il faut penser, à lui... à Rembrandt.
HENDRICKJE
Au maître...
Je vais mourir. Et je suppliais Dieu de me conserver à lui. Dieu m'a répondu. . . autrement. . . mais il m'a répondu. Il m'a montré que je ne lui étais peut-être pas indispensable... qu'une autre pouvait peut-être prendre ma place auprès de lui... le soutenir dans les moments de découragement, l'entourer de sollicitude^ presque le conduire pas à pas... car c^est un enfant, n'est-ce pas?... c'est un enfant!... Hendrickje, cette femme... c'est toi.
HENDRICKJE, presque sans voix.
Ah!...
SASKIA
Tu seras pour lui... tout dévouement... Tu écarteras ce qui pourrait le chagriner, le troubler... Il faut beaucoup de patience... une pa-
l'jS REMBRANDT
tience délicate... Il est si sensible... un rien le froisse... Tu seras douce...
A bout de forces.
Ah! je souffre... Attends... cela va passer...
Silence, puis elle reprend.
Et pour Titus...
HENDRIGKJE,àvoix très faible.
Pour Titus...
SASKIA, avec un effort.
Tu seras une mère...
Nouveau silence pendant lequel les deux femmes sont près de sangloter. Puis Saskia continue en se dominant.
Ecoute... c^est mon testament... Le notaire va venir... et la mort avec lui... la mort... Ne t'en va pas quand le notaire sera là... Hendrickje... je veux que Rembrandt soit heureux... Moi, la mourante, et toi... toi qui resteras... nous devons toutes deux le rendre heureux... C'est mon testament,.. Je te lègue...
Après un sanglot étouffé.
Je te lègue... mon amour pour lui...
HENDRICKJE, près de défaillir.
Dieu!...
SASKIA, avec une crispation dans la voix.
Mon amour...
HENDRICKJE
Dieul...
SASKIA
Tu Tépouseras.