‹ RembrandtChapitre 108 sur 174 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

HENDRIGKJE, tressaillant.

L'épouser!... Lui!... Lui!...

SASKIA, dans un suprême effort.

Lui.

HENDRIGKJE, après un silence.

Non.

SASKIA, vivement et comme n'osant pas croire ce qu'elle entend.

Ah!... qu as-tu dit?...

HENDRIGKJE

Vous lui avez fait jurer de n'épouser personne après vous... Ce serment, je le prête aussi... Je ne puis pas, je ne dois pas, je ne veux pas être sa femme...

SASKIA, suspendue aux paroles de Hendrickje.

Alors...

HENDRIGKJE

Je suis son esclave... Je demeurerai son esclave. Ma vie lui est consacrée jusqu'à mon dernier souffle. Je ne lève pas mes yeux plus haut, parce que pour moi il n'y a rien de plus haut. Je suis à lui comme je suis à Dieu. Mon désir est de le servir comme on doit servir Dieu; mon bonheur est de l'aimer comme on aime Dieu : de tout mon cœur, de toute mon âme et de toute ma pensée. Tout ce qui est à lui m'est sacré. Son fils est plus pour moi que s'il était mon fils. Je suis la servante du maître.

SASKIA, passionnément*

Et tu ne l'épouseras pas ? . . .

HENDRIGKJE

Maintenant, nous avons juré tous les deux.

SASKIA, avec transport.

Ah !... c'est trop de joie !... Merci, merci. Dieu clément, qui m'as éparg-né cette agonie !...

Se précipitant, ivre de bonheur, du côté de la porte de droite.

Ah! mon enfant !... mon enfant!...

S*arrêtant sur le seuil, après avoir regardé, puis revenant.

Non... non... il dort toujours... il dort... il dort... je ne veux pas le réveiller...

Elle vient retomber dans son fauteuil.

Je puis mourir à présent ! . . . Je meurs heureuse!...

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