SCÈNE IV
HARMEN, VAN SWANENBURCH, EGMA, puis ADRIAEN
EGMA
Qu'est-ce que j'apprends ?
HARMEN
Van Swanenburch, Egma, croyez-vous, en conscience, que j'aie vraiment le droit de retenir mon fils malgré lui ?
VAN SWANENBURCH
Non seulement le droit, mais le devoir.
Adriaen entre par la droite. Il est en costume de travail. EGMA
Je suis suffoqué. Quitter Leyde Î...I1 est fou !
HARMEN
Mes amis, parlez-lui, conseillez-le, obtenez qu'il renonce à son projet.
VAN SWANENBURCH
Comptez sur nous.
EGMA
Comptez sur moi.
ADRIAEN, s'avançant.
Ah! il est encore question de cela ?...
A van Swanenburch et à Egma.
Si vous avez quelque influence sur mon frère, interposez-vous. Moi, je suis un peu violent de ma nature, et pour notre père, pour notre mère, je voudrais éviter toute discussion de famille.
HARMEN
Oh! oui, c'est surtout cela qu'il faut éviter.
Soyez tranquilles tous deux. Il faudrait que le vieux Rhin n'entrât plus dans la ville par la porte d'Utrecht pour que... Suffit! je suis le vieil Eg^ma.
ADRIAEN, à van Swanenburch.
Et vous qui avez été son premier maître...
VAN SWANENBURCH
Il m'écoutera.
ADRIAEN
Et rappelez-lui que le travail pour le pain quotidien, sur le sol de ses ancêtres, est le seul béni de Dieu.
HARMEN
C'est vrai.
ADRIAEN
Quand les orges sont fermentées, il est temps de les mettre sous la meule. Le vent est le même partout, et les ailes de mon moulin ne tournent pas moins vite que celles de tous les moulins du Rynland.. Venez-vous, mon père? Il y a quelque chose de dérangé dans la roue depuis hier.
HARMEN, se levant.
On a besoin de ma vieille expérience. Je vous laisse. Ne partez pas que vous ne l'ayez vu.
Il sort par le fond avec Adriaen.