ACTE IV
Voici ma dépense.
LA FILLE
C'est tout?
LE VALET
L^économie est la sagesse des nations.
Il va jeter un coup d'oeil du côté de la barque pontée. LA FILLE, à Rembrandt.
Et toi, que bois-tu?... Tu ne réponds pas?...
Après l'avoir considéré.
Il est ivre. — Quant au patron, il a déjà roulé sous la table.
Regardant.
Il n'y a plus personne... Je vais pouvoir me soûler à mon aise...
Elle rentre dans la taverne et ferme la porte. DESGARTES, entrant par le fond avec Hooghelande, Blomaert et Elzevier.
J'ai arrêté mon retour pour le printemps prochain, mais je ne sais quel pressentiment m'avertit que je ne reviendrai pas.
BLOMAERT
En effet, vous avez réglé toutes vos affaires comme s'il était question de faire le voyage de l'autre monde.
DESCARTES
J'emporte avec moi deux coffres contenant une partie de mes papiers.
Au vaiet qui s'approche.
C'est en ordre, Schluter ?
LE VALET
Ouij Monsieur.
REMBIIANDÏ
DESCARÏES, àHooghelande.
Ue tout le reste j'ai fait une malle que je vous ai envoyée à Leyde, Hoog-helande.
HOOGHELANDE
Je I ai reçue.
DESCARTES
Je n'ai plus qu'une prière à vous adresser. Vous ferez ouvrir cette malle en votre présence et en celle de monsieur de Berghen, aux premières nouvelles certaines qui vous parviendront de ma mort.
A Elzevier.
Monsieur Elzevier, je laisse entre vos mains mon Traité des Passions pour l'impnmer durant l'automne.
Lui remettant un manuscrit.
Le voici.
Une cloche retentit.
Mes amis, puisque vous voulez m'accompagner jusqu'au vaisseau, montez dans le buiden qui va m'y conduire. Ce n'est que le premier appel ; j'ai encore quelques instants. Laissez-moi les passer seul à méditer sur cette terre de Hollande, où j'ai vécu vingt ans et que je ne reverrai probablement jamais.
Hooghelande, Blomaert, Elzevier et le valet passent sur la barque pontée.