‹ RembrandtChapitre 18 sur 174 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

VAN SWANENBURCH

Sa maladie a fait de rapides progrès.

Ahl...

VAN SWANENBURCH

Ton départ mettrait sa vie en danger.

Dieu!...

VAN SWANENBURCH

Il ne sera plus bien longtemps parmi nous.

Par pitié, achevez!

VAN SWANENBURCH, gravement.

Il faut rester.

Rembrandt traverse silencieusement le théâtre et va s'appuyer près de la fenêtre.

VAN SWANENBURCH, à Egma.

Nous aurions dû commencer par là.

EGMA

Il aime ses parents.

VAN SWANENBURCH

Je lui ai fait saigner le cœur, mais il le fallait.

EGMA

Il le fallait.

REMBRANDT, près de la fenêtre, après un silence.

0 mon vieux Leyde! tu me reprends de toute la force des choses anciennes! Tu as eu mes premiers regards, et tu me fais sentir maintenant avec sévérité que je t'appartiens. Dans

Tatmosphère légère qui habille comme d'une gaze transparente ton antique Burg et la verte ceinture de tes remparts, c'est là que je dois vivre. Ai-je besoin d'autres rêves que ceux évoqués par les pâturages de ta campagne, les sables de tes dunes et l'immobilité de tes canaux? Pardonne-moi. Et si dans l'avenir je ne me montre point trop indigne de ceux qui t'ont glorifié, ce n'est qu'à toi que je le devrai...

A van Swanenburch et à Egma.

Voici ma mère. Pas un mot!... Je reste.

Il va à la rencontre de Neeltge, qui entre par la porte de droite.

Page 1