‹ RembrandtChapitre 17 sur 174 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

REMBRANDT, angoisse.

Ah ! ce n'est pas ça!... ce n'est pas ça!...

VAN SWANENBURCH, avec force.

Enfin faut-il que je te parle de ce que tu dois à ta ville natale? On n'a pas l'honneur d'être bourgeois de Leyde sans avoir des devoirs à remplir : et le premier de tous^ c'est de lui rester fidèle. Après tous les grands noms que je t'ai cités, oserai-je te citer encore le mien? C'est en Italie, moi, que je suis allé apprendre la peinture, c'est à Rome que j'ai fait mon tableau de la Procession du Saint Père; c'est à Naples que je me suis marié. J'avais toutes les raisons du monde pour demeurer là-bas. Mais cette patrie deFartnem'a pas fait oublier la mienne. Je suis revenu.

On entend au loin le Wilhelmus, REMBRANDT

Epargnez-moi... Je sens le chagrin que je vous cause...

EGMA

Il résiste encore!

VAN SWANENBURCH

Alors. ..quese passe4-il?... G'estincompréhen- *sible...ou plutôt, cette chose mystérieuse qui t'attire... Ah! je vois !... je vois !...

EGMA

Quoi...?

VAN SWANENBURCH

C'est une femme!...

Une femme !.

EGMA

VAN SWANENBURCH

Tu ne réponds pas? Qu'est-ce que c'est que cette jeune fille que je voisdepuis quelque temps apparaître fréquemment dans tes ébauches?... Ce n'est pas ta sœur Lisbetli... Ce n'est personne d'ici... Qui est-ce?...

EGMA

Qui est-ce?

Rembrandt garde le silence.

VAN SWANENBURGH

Tu ne réponds toujours pas?... Rembrandt!... Rembrandt ! . . .

Après un long silence.

Écoute, mon enfant. Puisque tu veux à toute force partir, je me vois obligé de te dire une chose qui te fera une peine profonde. Je ne fais pas allusion à la douleur de ta mère, qui sera très grande. C'est quelque chose de plus grave encore. Ecoute-moi. Ton père...

Mon pèrel...

VAN SWANENBURGH

Il est plus sérieusement atteint que tu ne penses.

Que dites-vous?...

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