ACTE II
la mort va leur dire... Les têtes anxieuses s'enlèveront en valeur sur les collerettes pâles... Grave, mais avec la sérénité que donne la science, vous exposez votre leçon. Vous n'êtes pas troublé comme les autres : vous savez. Vous êtes l'homme qui vous servez de la mort pour enseigner la vie- Derrière le cadavre et le dominant, c'est vous qu'on voit. Si la chair inerte est le centre du tableau, vous, l'intelligence, vous en êtes le couronnement... Une pénombre décroissante baignera les fonds...
Posant la maici sur la draperie blanche-
Mais c'est de là que la lumière monte, de là, entendez-vous ! C'est de là qu'elle doit aller frapper au visage l'humanité penchée sur le bord du mystère!... Et tout cela, cette chair morte, ces chairs vivantes, ces mains, ces bouches, ces yeux, je veux que ce soit comme un grand rayon chaud qui illuminera, comme un foyer clair, profond, intense, où les blancs vibreront, allongeront leurs flammes, parmi les rutilances du sang et l'étincellement des ors !
MARGUERITE, s'approchant de Rembrandt.
Oh!... oui.., oui... c'est admirable !...
GOPPENOL, de même.
Merveilleux !
HENDRIK, lui secouant les mains.
Bravo, bravo, bravissimo !
EGMA, l'embragsant.
Mon cher Rembrandt !
MANASSEH
Vous allez faire un chef-d'œuvre!
DOU, avec enthousiasme.
Enfoncés Van Dyck et Rubens !
REMBRANDT, à Dou.
Fou!
SIX
Non, non, vous en êtes bien capable et ce sera un joli spectacle !
Tous entourent Rembrandt et masquent le banc d'où Stoppertge se lève pendant ce temps.
MARGUERITE, à Tulp.
Eh bien, mon père, vous êtes content?
TULP
Je suis dans Tenchantement. Je ferai don du tableau à la Gilde des Chirurgiens. La Leçon (ÏAnatomie du docteur Tulp perpétuera le souvenir de mon enseignement.
Il serre la main à Rembrandt.
Mon ami quand commençons-nous ?
Le plus tôt possible...
TULP
Oui; votre sujet vous possède. Je me mettrai d^accord avec les docteurs, et nous nous tiendrons à votre disposition.
SIX, à Rembrandt.
Que je vous remercie encore ; vous avez fait passer en nous le frisson du beau.