‹ RembrandtChapitre 51 sur 174 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ALBERTUS, avec humeur.

Eh, je ne sais I...

LE JARDINIER

Mon jardin était pourtant assez beau. Je peux me vanter qu^il n'}^ en a pas de comparable aux environs de Leeuw^arden... Comme il est propre!... Autour du labyrinthe, comme les gazons sont verts et soigneusement tondus! Et quelle collection de tulipes ! A Harlem même, je suis sûr qu'on n'en trouverait pas de plus riche.

ALBERTUS

Bien, bien.

LE JARDINIER

Et le mérite n'est pas mince^, avec la mer qui est là tout près, le vent salé du large, la poussière des dunes qui quelquefois se porte en tourbillon jusqu'ici.

En effet.

LE JARDINIER

Mais pourriez-vous donc me dire. Monsieur, qui on attend?

ALBERTUS, impatienté.

Ah ! assez de bavardage !

Il se lève.

SCÈNE II LES MÊMES, GERRIT VAN LOO, HISKIA GERRIT, s'avançant en causant avec Hiskia.

Oui, il faudra disposer toute Targenterie, sortir les plats ronds, les surtouts et les drageoirs...

HISKIA

On mettra les assiettes de Delft...

GERRIT

^entends qu^on serve mes meilleurs vins, Hiskia... ceux qui nous viennent par héritage de Rombertus, ton père, et qu^il conservait depuis tant d'années dans le cellier du fond. — Voyons le jardin...

LE JARDINIER, à Gerrit.

Ah! Monsieur, je n'ai plus de sable rose!

GERRIT, gravement.

C'est un grand malheur.

HISKIA, au jardinier.

Vite, Cornélis, va couper ces pivoines et ces œillets, que je t'ai demandés...

Le jardinier s'éloigne. A Gerrit.

Je vais moi-même ouvrir la cave.

Elle sort.

ALBERTUS

Ah ça, êtes-vous tous fous ?

GERRIT

Ce mariage ne t'agrée pas, Albertus; ce n'est pas une raison pour... Saskia est la sœur de ma femme, et de plus ma pupille.

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