ACTE II
expédients?.*. Quel avenir tu prépares pour
GERRIT
Rembrandt gagne beaucoup d'argent.
ALBERTUS
Il le jette par les fenêtres. Quand je pense que Saskia va apporter à ce ^lissipateur, à cet extravagant, à ce gouffre les quarante mille florins de sa dot, je me dis que tu ferais mieux d'aller tout de suite couler cet argent à la mer.
GERRIT
Crois-tu vraiment que...
ALBERTUS
Ecoute. Je me suis rendu ce matin en ville...
GERRIT
Etait-il arrivé?
ALBERTUS
Depuis la veille, et descendu à l'hôtellerie des Armes de Frise. Sais-tu de quoi il s'occupait?
GERRIT
De déboucler son porte-manteau, d'apprêter ses vêtements de fête...
ALBERTUS
Ah, oui!... Il s'occupait d'un enterrement.
GERRIT, stupéfait.
D'un enterrement?
Tu sais, ce vieux mendiant westphalien...
GERRIT
Qui rôde depuis un mois dans le pays, accompagné d^une jeune fille en haillons...
ALBERÏUS
Il est mort.
GERRIT
Ces vagabonds étrangers...
ALBERTUS
Et en pleine rue, près de la tour de Saint- Vitus, justement comme votre peintre arrivait. Informé de cet incident, qui avait soulevé une certaine émotion, ainsi que de la situation lamentable de la jeune fille, Rembrandt a envoyé à celle-ci cinquante florins pour lui permettre d^ensevelir son père et de s^acheter des vêtements de deuil.
GERRIT
Cinquante florins?
ALBERTUS
C'est ce qu'il appelle faire Faumône.
Cinquante florins ! . . . Le prix d'un oignon de S emper A ugustus I
ALBERTUS
Ah! Gerrit, crois-moi, ce n'est qu'un fou et un prodigue, qui traverse la vie en heurtant toutes les idées reçues, n'est bon qu'à fomenter la discorde, et sera un perpétuel sujet d'inquiétude pour ceux qui auront le malheur de lui