ACTE II
qu'à moi!... Mais on ne voit que lui chez Claes Jansz, au Pêcheur, dans la boutique de Jonghe, chez Renialme, chez Francen!... Il fréquente même van Ludick!... Et aux ventes !... Il pousse comme à plaisir ce qui lui plaît!... Voulez-vous ses derniers exploits?... Vente Pieter Bassée,un livre d'estampes de Lucas de Leyde, six cent trente-sept florins; vente Sommeren, un dessin de Brauv^er, trois fois sa valeur; à l'avocat Trojanus de Magistris, quatre cent vingt-quatre florins, une toile de Rubens, Héro et Léandre t
Ils continuent à causer. Deux filles passent. LA PREMIÈRE
Ils n'auront jamais fini de boire!... Laissonsles.
LA SECONDE
Allons au Botermarkt I . . .
LA PREMIÈRE
Est-ce qu'on y danse ?
LA SECONDE
On y danse.
LA PREMIÈRE
Allons au Botermarkt ! . . .
Elles sortent.
SIX, à Hendrick.
Il se vend, pourtant... il se vend!...
HENDRICK
Plus que jamais.
SIX
Et les six tableaux du prince!... Et Banning
Cocq!... Voyons, combien Rembrandt va-t-il toucher pour cette Garde civique de Banning* Cocq?
HENDRICK
Seize cents florins . Mais ses charges sont excessives. Sa maison!...
SIX
Sa maison de la Joden-Breedstraat, dont il a fait l'acquisition après son mariag-e... Eh bien?
HENDRICK
Il en doit encore la moitié à Christoffel Thysz, soit six mille cinq cents florins... Et le train qu'il mène ! . . . C'est au point que la famille de sa femme s'est émue...
SIX
Oui... votre procès...
HENDRICK
Parbleu!... Albertus van Loo criait si fort que nous avons dû le traduire devant la cour de Frise pour diffamation.
SIX
Et le tribunal?
HENDRICK
Nous a refusé, faute de preuves écrites, les cent ving-t-huit florins d'or que nous demandions.
SIX
Ce qu'il y a de certain, c'est que Rembrandt est gêné... Il vient de m'adresser une demande d'argent.