‹ RembrandtChapitre 87 sur 174 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

HENDRICK

Alors, j'ai raison de te dire : Prends garde !...

Montrant Van der ITelst»

Ton rival, le voici !

Van der Helst !

HENDRICK

Van der Helst... Et vois-tu?... Tes anciens élèves s^attachent maintenant à la fortune de ce nouveau maître.

Je les foudroierai à coups de chefs-d^œuvre !

HENDRICK

Le génie n^est rien : la souplesse est tout.

UN HALLEBARDIER, faisant ranger la foule.

Place!... place!...

La foule se range de mânière à laisser libre le fond et le milieu de la scène. Le hallebardier va se poster à l'extrémité du parapet.

HENDRICK

On t^attend à ton grand tableau de la Garde Civique.

Tant mieux !

VAN DER HELST, passant près de Rembrandt avec Bol et Flinck.

Si j^avais à les peindre, je les ferais à table, dans un banquet^ au moment de la harangue, alors que le capitaine tient en main le hanap d'argent, que les coupes se lèvent et que la joie éclate. Les gardes bourgeois qui m'auraient payé la cotisation pourraient se reconnaître dans ma toile comme dans un miroir. Et dans le jour

discret de la grande salle^ je mettrais autant de soin à ciseler la monture d'or d'un verre de Bohême qu'à figurer la tête solennelle du portebannière ou le pourpoint garni de dentelle du lieutenant.

En ce moment un coup de lumière baigne le théâtre. REMBRANDT

Et moi, je les ferai dans le soleil I

Banning Gocq et sa compagnie paraissent au fond. Van derHelst, Bol et Flinck se perdent dans la foule.

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