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Remèdes d'autrefois

Comparer le présent au passé, quand ce n’est pas pour exalter ruii au préjudice de Tautre, est une tâche qui peut n’être point stérile.

Eu exposant « comment se soignaient nos pères » nous n'avons pas eu dessein de tourner en dérision leurs méthodes d-e traitement.

A vrai dire, de méthodes ils n’en eurent pas : c’est l’empirisme et le hasard seuls qui présidèrent au choix de leurs panacées. Mais cet empirisme, instinctif, si l’on peut dire, n’a-t-il pas constitué les assises de la thérapeutique moderne? La science n'est-elle pas l’humble servante de l’expérience, et ne devons-nous pas multiplier les observations, avant d’être autorisés à établir des lois ?

Si telles médications sont répugnantes et par-

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fois dang-ereuses, ce qui est autrement grave, il en est que nous aurions tort de rejeter de piano, sans chercher à pénétrer la raison de leur efficacité.

Entre autres bienfaits dont nous sommes redevables à la chimie, reconnaissons que nous pouvons, grâce à elle, débrouiller le chaos des vieilles pharmacopées et marcher d’un pas plus sûr dans ce fouillis, jusqu’alors inextricable.

Chaque jour la science fait amende honorable à l’ignorance. Elle ne raille plus la « médecine analogique », depuis qu’elle l’a remise à la mode sous le nom d'opothérapie ; elle ne dédaigne plus les sucs animaux, depuis que, sous le patronage d’un illustre physiologiste, ils ont fait for tune, au point de donner l’illusion que le secret de Jouvence était retrouvé.

On a, dès longtemps, fait la remarque que des remèdes prétendus populaires se retrouvent dans les ouvrages de médecine grecs, latins ou arabes. Quand nos savants du xx'^' siècle en parlent avec mépris, ils ne se doutent pas qu’ils narguent la science elle- même dans ses plus autorisés représentants. Combien seraient-ils plus modestes, s’ils pouvaient soupçonner par avance ce que les générations à venir penseront de leurs conceptions les plus laborieusement édifiées!

PRÉFACE DE LA PUEMIEHE ÉDITION Vil

La médecine des commères dérive, nous ne saurions trop le répéter, de la science primitive de nos ancêtres professionnels, et si elle a parfois du bon, c’est qu’elle se ressent de ses origines. 11 n’y a donc pas à rougir d’emprunter les procédés des empiriques, s’ils sont rationnels, d’autant qu’agissant de la sorte, nous ne faisons que reprendre notre patrimoine.

Pourquoi chercher à déguiser cet emprunt sous une fallacieuse étiquette ? La gloire de Charcot estelle diminuée, parce que nous aurons démontré que la « médecine vibratoire », dont il s’est constitué le parrain, a été inaugurée, cent ans avant lui, par l’abbé de Saint Pierre? Parce que le casque et le fauteuil trépidants dérivent en ligne directe du (( trémoLissoir » où se balançaient nos aïeules, devrons-nous, pour cela, renoncer à une médication qui a fait ses preuves?

Aujourd’hui, pour rejeter hors du corps les principes morbifiques, tour à tour dénommés « humeurs », « atrabile », mots remplacés ultérieurerement par les termes plus savants de « toxines » et de « leucomaïnes », nous faisons de la révulsion ou de la dérivation : c’est dire que nous agissons sur l’intestin, si la tête est malade ; sur le thorax, si ce sont les poumons ou le cœur, etc.

C’est exactement ce que faisaient nos pères, à

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cette différence près que là où nous cherchons une explication souvent embarrassée, ils s’en tiraient le plus aisément du monde, en faisant intervenir les bons ou les mauvais esprits, les astres et les saints.

Alors que les rebouteux remettent en place l’estomac décroché par des passes mystérieuses, les médecins obtiennent un résultat identique, à l’aide de massages ou d’appareils contenteurs.

D’où nous concluons qu’il faut examiner avec une grande indulgence des pratiques qu’on juge avec d’autant moins d’équité, qu’on les rejette sans les examiner.

Le peuple, ne l’oublions pas, s’est le plus souvent borné à se souvenir, et c’est grâce à lui que le lien avec le passé ne s’est pas complètement rompu.

C’est vraiment bien de la présomption de nier ce c[uc nous devons aux précurseurs, mais c’est surtout une injustice dont nous ne voulons pas personnellement encourir l’accusation, méditant sans cesse le mot de Pascal: «L’humanité est un même homme, qui subsiste toujours et apprend continuellement, »

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Il y aurait un curieux parallèle à établir entre la manière de se soigner de nos ancêtres et les médications de l’heure présente. On y verrait par quelle lente mais progressive évolution nous avons rétro gradé de plusieurs siècles en arrière, acceptant comme prétendues nouveautés les drogues les plus bizarres, reléguées depuis des années dans l’arsenal des vieux remèdes.

Pourrait-on dire en quoi Vorgano thérapie actuelle diffère de la médecine des signatures, qui eut au Moyen Age une vogue si persistante?

Quand on use de la thyroïdine contre l’hypertro^phie du corps thyroïde, de la matière cérébrale desséchée contre la neurasthénie, des glandes surrénales contre le diabète, est-on guidé par plus de logique, que lorsque on employait jadis le suc de carottes contre la jaunisse, les feuilles de pulmonaire contre les affections du même nom, et le crâne humain contre l’épilepsie ?

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Nos pères, eux, n’y voyaient point malice, et c’est avec la plus parfaite sérénité que Lemery, Charas, Pomet, illustres apothicaires, nous entretiennent des vertus précieuses et singulières des cheveux, des ongles, de l’urine, du sang, de la salive, du cérumen, des excréments humains !

« Quelqu’un se formalisera peut-être de ce que je place l’homme dans une Histoire des drogues, écrit naïvement Lemery, mais il verra par la suite que ce n’est pas sans raison, puisqu’on en tire beaucoup de choses qui servent dans la médecine. »

De fait, l’homme offre à la thérapeutique des ressources que vous ne soupçonnez peut-être point. Ce n’est pas seulement de notre vivant qu’on nous utilise, on tire encore parti de notre cadavre!

Et d’abord, apprenez que les cheveux de l’homme sont propres à calmer les vaporeux : on les brûle et les malades en respirent la vapeur. On peut encore les soumettre à la distillation, pour en retirer un sel volatil et pénétrant, qui fera merveille dans l’apoplexie, la léthargie, le mal caduc et les « autres affections soporeuses. »

Est-il besoin d’ajouter qu’on compose une excellente pommade contre la calvitie avec l’huile de cheveux mélangée à du miel ?

Mais, ce qui paraîtra plus extraordinaire, j’allais écrire plus extravagant, c’est que « la cendre de cheveux, infusée, depuis un demi-gros jusqu’à un gros, dans un verre de vin, est un bon remède contre

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la jaunisse : on prend cette infusion à jeun, après l’avoir passée dans un linge, on la continue pendant quelques jours » (1).

Vous plairait-il de connaître un éméto-cathartique qui ne manque jamais son effet ? de la râpure d’ongles, administrée intérieurement sous cette forme, ou infusée dans du vin.

Mais « c’est un remède d’armée, qui ne convient qu’à des gens robustes comme des soldats ». Les épileptiques s’en trouveront bien, néanmoins, à la dose « d’un scrupule en substance ou de deux scrupules, infusés pendant la nuit dans un verre de vin. »

Un médicament qui devait avoir son prix, à cause de sa rareté, c’est le cerumen aurium, la cire des oreilles, pour parler franc et français.

Le cérumen jouissait, paraît-il, de propriétés « détersives et abstergentes » qui le faisaient fort rechercher. Outre que c’était un spécifique pour les plaies et les écorchures (2), pour les gonflements et les

(1) Suite de la Matière médicale de M. Geoffroy, t. VI,

(2) Au cours d'un de ses voyages, Fexplorateur P. Marcoy a observé le fait suivant ; un Indien, ayant été piqué par un vampire, fut traité par le cérumen {Scènes et paysages dans les Andes, t. II, p. 120).

« Une chauve-souris du genre vampire, attirée par les émanations corporelles de nos Indiens, vint planer sous l’ajoupa qu’ils s’étaient construit, et, enhardie par le silence qui y régnait, s’abattit sur l’un d’eux, le mordit à l’orteil et, tout en le ventilant de ses ailes, s’emplit à loisir de son sang. L’homme, en se réveillant le lendemain, sentit une légère cuisson à la partie mordue, y jeta les yeux et aperçut un petit trou rond, dans lequel eût tenu un pois comestible; sans s’émouvoir, il le montra à ses compagnons, qui se cotisèrent pour lui fournir une certaine dose de sécrétion que

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coliques (1), il servait encore à éclaircir les yeux de ceux qui avaient la vue faible.

En doutez-vous? Ouvrez le tome II des Ephémérides d'Allemagne, où il est conté qu’un vieil imprimeur, qui avait porté des lunettes pendant très longtemps, vint à bout de s’en passer et d’augmenter sa vue, en oignant les angles internes des yeux et des paupières avec de la cire d’oreilles.

Nous n’avons rien à objecter contre tous ces effets, écrit sentencieusement le commentateur de ce passage des Éphémérides germaniques ; cependant, comme il y a plusieurs autres remèdes beaucoup moins dégoûtants et aussi efficaces qui satisfont les mêmes intentions..., nous pensons qu’on doit leur donner la préférence et ne se servir de celui-ci que si l’on s’y trouve foi'cé parla disette de tout autre médicament. La médecine veut être traitée avec décence, et si d’un côté Ton doit éviter les remèdes pompeux qui frisent le charlatan, on doit, de l’autre, n’employer que forcément ceux qui sont trop vils et abjects, de peur que le mépris et le dégoût qu’ils inspirent ne rejaillissent sur le médecin.

Voilà qui est sagement dit, mais pourquoi les actes étaient-il en si complet désaccord avec les paroles ?

Après cette vigoureuse philippique, notre auteur ne se mêle-t-il pas de nous recommander la salive

chacun d’eux tira de ses oreilles et dont le blessé se servit comme diachylon pour boucher sa plaie circulaire. Interrogé par nous sur ce qu’il avait ressenti pendant son sommeil, l’homme nous répondit que la seule impression qu’il crut se rappeler, était une sensation de fraîcheur d’autant plus agréable que la chaleur, pendant toute la nuit, l’avait incommodé. »

(1) Les Malgaches l’emploient dans le même but (V. Pratiques médicales des Malgaches, par le D' Ramisiray, p. 73.)

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contre les dartres et les démangeaisons, et de nous assurer que plusieurs personnes se sont guéries d’hémorroïdes, dont elles étaient depuis longtemps incommodées, en les frottant à différentes reprises « avec du papier mouillé de salive ? »

La salive d’un homme à jeun (1), avait déjà prétendu Lemery, est bonne pour les morsures des serpents et des chiens enragés.

Les nourrices ont coutume, — nous aimons à supposer que cette coutume est tombée depuis en désuétude (2), — de frictionner le visage de leurs

(1) Chez les Romains, la salive d’une femme à jeun était employée pour les yeux sanguinolents, ocalis craenlatis, et elle en guérissait aussi les fluxions, épiphoras. Il fallait simplement en mouiller le coin des yeux; et le remède devenait plus efficace, si la femme qui le fournissait avait fait abstinence, la veille, de nourriture et de vin. On soulageait les ophtalmies, lippitudines, en opérant de la môme manière, et les douleurs de tète, ceruicis dolorem, en portant de la salive à jeun, avec la main droite, au jarret droit; avec la main gauche, au jarret gauche.

(2) La salive est, cependant, encore très employée dans la médecine populaire. Il est de tradition que, pour faire disparaître les taches de naissance de son enfant, l’accouchée doit les lécher, à jeun, le matin, et ce, pendantles neuf premiers jours qui suivent la naissance. (D’un usage général dans la Belgique flamande.)

Pour fai^e disparaître les poireaux (verrues), les frotter, neuf jour^ durant, chaque matin à jeun, avec sa salive; on doit, dei plus, après avoir mouillé les poireaux avec de la salive, hs mettre en contact avec la main d’une autre personne, jetait en même temps un peu de paille dans l’eau; la paille étabt pourrie, les poireaux seront transplantés sur cette personne.

Il faut léiher les éruptions de la peau pour les guérir: moyen souv nt employé. Lécher les enflures produites par les morsures des insectes et les brûlures peu sérieuses.

Pour faire disparaître une tumeur, on la frotte neuf jours

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nourrissons avec la salive, pour les décrasser (1).

LesEphémérides, citées plus haut, nous rapportent encore une observation sur les qualités fébrifuges de la salive : un docteur Muschel, de Moschau, dit avoir connu un homme qui guérissait les fièvres intermittentes avec du pain mélangé à du sel commun, qu'il faisait mâcher et imbiber de salive par un homme sain, à jeun; on en confectionnait des pilules, qu’on faisait avaler aux malades; ce qui dissipait incontinent l’accès fébrile.

C’est dans ces mêmes Ephémérides que se trouve le récit d’un docteur Hunerwolff, qui conte qu’un de ses frères se fit, au cours d’une dissection, une blessure à la cornée ; il s’en échappa une quantité d’humeur aqueuse. « Le seul remède qu’on employa contre cet accident fut que sa mère, le matin à jeun, lui lécha doucement pendant quelques jours l’endroit de la plaie ; ce qui le guérit très promptement » (2).

de suite avec delà salive, le matin à jeun; pour faire cesser la démangeaison causée par les éruptions de la peau, on y met de la salive. Sur ce chapitre de folk-lore, on consultera utilement les Recherches ethnographiques de M. C. de Mensi- GNAC, publiées à Bordeaux il y a quelques années et dont nous avons tiré profit pour nos Curiosités de la médecine.

(1) Les anciens avaient beaucoup de recettes de fards, dans lesquels la salive et surtout celle d’une femme à jeun constituait le principal ingrédient (Plisc, XXVIII, 7, p. 22, avec les Remarques d’Harduin). Contrairement à l’opinion de Ménage, qui fait dériver le mot fird de fuens, d’autres étymologistes le font venir du mot italien farda, crachat, parce que les femmes romaines avaient coutume de hfiêler avec de la salive le mercure qui entraitdans la composition du rouge qu’elles employaient (Sabine, ^ar C. A. B(Bt- TiGER, p. 35, note 23).

(2) A Sumatra, nous apprend M. Bordier, les Orangs-Kou-

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Enfin, quelques auteurs assurent que, si une femme qui a ses règles mâche un morceau de pain et l’imprègne de sa salive, et qu’elle le donne à avaler à une autre chez qui les « ordinaires » sont supprimées, l’aménorrhée disparaît comme par enchantement et le flux cataménial se rétablit aussitôt.

Tous ces faits ne tendent-ils pas à prouver que la salive n’est pas une liqueur indifférente ? Pourquoi en douter, puisque son analyse chimique nous a révélé qu’elle était une synthèse des éléments les plus variés (1)?

C’est comme le sang humain. Ne savons-nous pas tous qu’il se compose de deux parties distinctes : une partie solide ou cruor, en suspension dans une partie liquide, ou liquor? Mais quel est l’élément actif, si tant est que le sang ait une réelle action sur un organisme affaibli, ainsi qu’on s’est plu et que certains se plaisent encore à le prétendre ?

Est-ce le sérum? On serait tenté de le croire, puisque, avec la sérumthérapie, on réalise des miracles : sérum de cheval, sérum de chien, sérum de chèvre,

bous lèchent eux-mêmes certaines plaies, pour mieux les enduire de salive. C’est comme liquide chaud et alcalin que la salive humaine a pu conquérir la popularité dont elle jouit dans les campagnes, dans le traitement de ce qu’on nomme, en ce milieu, les dartres. Les anciens ne dédaignaient pas ce moyen et Lucrèce, lui-même, croyait ce liquide assez actif pour tuer un serpent... ut serpens hominis contracta saliuis disperit. (Cf. Revue de l'Ecole d' Anthropologie, 15 février 1893).

(1) On a expérimenté jadis (cf. Recueil périodique de la Société de Médecine de Paris, t. III, an VI de la République) la salive et le suc gastrique comme véhicules de substances que l’on faisait absorber au malade, sous forme de frictions externes : ainsi une pommade, à base de scille et de salive.

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sérum d’âne, sérum de mulet, tous les animaux y ont passé. Oui, mais pour l’homme, il en va tout autrement. C’est plutôt par un nouvel apport de globules sanguins qu’on peut parvenir à lui redonner des forces ; et c’est de là que naquit, il y a deux siècles, l’idée de la transfusion (1).

a produit des effets marqués sur le fonctionnement de la vessie. Le citoyen Brera ne s’est pas contenté de combiner des diurétiques avec la salive ; il y a joint encore l’opium, le sublimé et d’autres médicaments, dont l’action, loin d’être contrariée par l’addition du liquide physiologique, s’en est trouvée fortifiée. Ces expériences, qui ouvrent peut-être une voie nouvelle à la thérapeutique, ont été confirmées par divers expérimentateurs, entre autres les D” Chiarenti (de Florence) et Ballerini (de Pavie), les célèbres Spallanzani et Mascagni, et les docteurs Botta et Salmon, médecins de l’armée française.

(1) On écrit généralement, que c’est à Libavius qu’est due la première idée (en 1615) de la transfusion du sang d’un animal à fautre. On a dit que Libavius l’avait imaginée d’après la fable de Médée. En réalité, la transfusion est d’une pratique beaucoup plus ancienne, si nous en croyons le D’ A. Fournier (de Rambervillers), qui en a donné l’historique dans la Nature (juillet 1895, p. 125). Les Egyptiens connaissaient la transfusion ; Hiérophile y fait allusion dans son Traité d’anatomie ; Ovide semble ne l’avoir pas ignorée. Au XV' siècle, un pape. Innocent VIII (1482-1-192), subit cette opération ; mais elle tomba dans le plus complet oubli, jusqu’à ce qu’un moine lorrain, Dom Robert des Gabets, religieux de la Congrégation de Saint-Vanne, l’expérimenta avec plein succès. Sa première expérience date de 1650 ; mais dix ans auparavant, si nous en croyons le D" IL Grasset {Le transformisme médical, p. 451), un curé anglais, membre de la Société Royale de Londres, François Potter, avait proposé de guérir certaines maladies par la transfusion du sang. Le toscan François Folli [Statera medica, etc. Florence 1680), se vante d’avoir, dès 1654, exécuté la première transfusion: nous venons de voir qu’il avait été devancé par le moine lorrain, qui aurait opéré à Metz, au monastère de

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