À WAAL
Le lecteur n’est assurément point sans avoir entendu parler de la Passion de Ober-Amergar.
Ce n'est rien moins que la Passion du Divin Sauveur, mise en drame et que Pon offre eu spectacle, tous les dix ans, aux ferventes populations de la Bavière.
Or,il s'est formé récemment à Wäal, petit village à une couple d'heures de Wé&ærishoten, une association composée de jeunes gens et de villageuises de endroit qui a entrepris de donner, tous les deux ans, dans la Basse-Bavière, des représentations de ce drame sublime. Elle a fait construire à cet objet un petit théâtre pouvant contenir quelques centaines de personnes.
Ceux qui ont séjourné à Worishofen,—où le théâtre cst chose inconnue—durant la saison d'été de 1894, ont cu la bonne fortune d'assister à l’une de ces représene tations, donnée expressément pour l'avantage des Aurgastes en villégiature chez:l’abbé Kieïpp.
Une foule eonsidérable de baigneurs répondirent à l'invitation des acteurs de Wäal. Au jour fixé, dès cinq heures du matin,les voya- &eurs sont sur pied. Les voitures ordinaires ne suffisant plus, vu le grand nombre d’exeursionnistes, on apprête d'immenses charrettes, traînées par deux chevaux, sur lesquelles des sièges rustiques sont installés, où s'y cntasse par groupe et l’on se dirige en pélérinage vers Wäal.
La représentation, contrairement à l’usage généralement reçn, a lieu dans la matinée. C’est pourquoi le départ des lourds -omnibus
ere
se fait si à bonne heure.
Le trajet de Wé&rishofen à Wiial est trs agréable et s'ettec tue galement. Après un léger dé- Jeuner, pris hâtivement dans Fune des hôtelleries de l'endroit —oû l'étranger français a grande peine à se faire servir, et est obliué d'avoir recours à une véritable Pantomine ponr désigner le pat Qu'il désire. on se rend au thié4 tre, dont Jes bortes s'ouvrent à huit heures.
Fl faut avoir pris la précaution
de retenir son siège plusieurs
jours À l'avance. eur autrement. on
court grand risque de ne por voir entrer, + considérable est 9 foule qui se presse Pour assister À la re préseptation,
Dès que la pièce est commen:
ee, les portes se referment et lon
se Trouve tout--coup plongé dans
une obseurité presque complète,
Seul, le théâtre se détache avec
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quelque elarté au fond de ces ombres,
Le grand drame est divisé en onze parties, précédée chacune .
dun prologue, par un chœur de Jeunes paysannes vêtues de blanc.
ceintes d’une écharpe de pourpre qui met en relief léclatante blancheur de leur teint. Après la condamnationtdu Christ À mort, elles apparaissent avee des habits de ; deuil. Deux d’entre elles font, À e tour de rôle, d’un ton uniforme et sans geste aucun, le récit de la seène qui va suivre et que les aeteurs viennent exécuter,
Le spectateur voit alors se dérouler devant lui, dans une mise en scène Inagnifique, avec ses multiples détails, le grandiose specta- * ele de la Passion du Divin Sauveur, pe À et 1l assiste, témoin ocenlaire, À
toutes les phases sanglantes dn gramd drame de notre rédemption qui s’est opéré, il y a dix-nenf siè-