AVIGNON ET ARLES
Nustrée par le séjour qu'y firent plusieurs papes au moyen-âge, Avignon :aérite une visite. L'on sait en effet qu’à la suite de difficultés avec Boniface VIII qui en moue rut de chagrin, Philippe le Bel réussit à faire choisir pour lui succéder l'archevêque de Bordeaux. Clément V, fuyant les dissensions qui ravagaient l’Italie, transféra le siège pontifical à Avignon, qu’il tenait de la libéralité de Jeanne de Provence. Sous le règne de la Papauté, la ville subit une transformation complète :
Le fameux palais des Papes fut érigé; lu ville fut entourée de
maunifiques boulevards ; de nonmbreux ordres religieux s’y implantèrent. Les cloches de toutes ces églises, unissant leurs clameurs matinales, produisaient un earillon formidable, ce qui a valu à Avignon lappellation de ville sonnan- {e.
La résidence des Papes a longtemps porté le nom de Chateutneuf. Elle ressembie plutôt, avec ses bastions ot ses tours crénelces,à une linmense forteresse ayant mission de protéger la ville contre les invasions de l’ennemi. Ce temple, autrefois séjour de recueillement et de prière, retentit maintenant de mille voix aigres et äiscordantes, souvent même libertines, qui contrastent singulièrement avec le silence et la paix de jadis.
Ce n’est plus en effet aujourd’hui qu’une caserne où les trou-
pes ont leurs quartiers généraux.
Une immense porte bardée de
ter, protège l’eatrée du Palais, où lon voit suspens an mur la clef symbolique de la viile, Dans une des tourelles se tronve la cha.
pelle privée des Papas. Des fresques brisées attestent les ravages dune révolution irespectnense et inpie. Soule au centre du plafon ecpendant, une figure, œuvre d’uit grand maître, est restée intacte.
Elle offre cela de singulier qu'elle suit de l'œil le visiteur tont autour de Pappartement, sans que celui-ci puisse SC soustraire À son regari profond ct sévère,
La chapelle basse est rendue méconnaissable par un plancher qu'on a jeté en travers à mi-hauteur, et qui forme maintenant deux étages, réservés aux dortoirs des soldats. La brillante salle d’armes a été supplantée par la euisi.
ne, où la marmite de l’armée a la place d'honneur. Une galerie
intérieure conduit À la salle du
Consisto're, et aux ccllules réservées aux Cardinaux durant le conclave. Ce sont les chambres des officiers en grade, qui assurément, ne s'astreignent pas aux longues prières de leurs prédécessoeurs, Les jardins pontificanx contenus dans le quadrilatère que isrme ce bâtiment, ont été convertis en chamn d'exercice, où les troupes font la manœuvre quotidienne.
De toutes les églises que possède Avignon, la plus importante cst celle de Motre- Dame des Doms, bâtie sur une éminence. Un large portique, où l’on atteint par des gradins de marbre, précède le portail. est du haut de ce portique, que, dans les grandes solennités, le Souverain Pontife étendait sa bénédiction sur la foule.
Le demi-jour qui règne dans l’église empêche de juger parfaitement des beautés de l’ensemble,
L: tempie est surtout remarque ble pur la trône pontifical, en marbre blanc, quiorne le chœur, Dans une chapelle latérale, un maonifique tombean en style go‘hique de Jean XXI.
Un petit autel érg en Phonneur de Marie, l'avovate des causes désesniriss, est très tréquenté par les fidiles, Accolte à l'égiise, et surplombant la falaise, une tour d’où on précipitait les condamnés à mort, et où où prétend que Ste, Marthe, sœur de Marie sfjourna pendant un certain temps
Un chemin montueux, mais bordé d'arbres magnifiques. conduit au jardin du rocher des Dons. La vue du haut de cette terrace cest splendide : Audelà du Rhône, qui coule au pied du rampart, la ville de Villeneuve, que domine dans Parrière plan, l’abbaye des Bônédictins, et flanquée d’une tour où, dit-on, l'homme au masque de fer
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fat longemps retenu eaptif;:à droite dans le lointain. les c'lèbres
fontaines de Vaucluse et les som-
mets demont Ventour; à gauche, les bouches du Rhôae, fermant l'horizon. A quelques cents verges du tertre du jardin, le fameux pont d’'Avig ion, légendaire probablemeat pare que lon y passe plus.
Ce pont d'une longienr de pres de deux miile pieds, est Pune ds plus puissantes œuvres d'architeeture du moyen-âge. Ilest dû au génie d'un jeune pâtre de treize ans du nom de Benezet. Grâce aux aumônes qu'il obtint et à la persévérance qu’il déploya,il réussit dans ectte entreprise gigantesque.
Deux arches seules cependant ont pu résister aux fureurs des caux du Rhône. Vers le centre de ces deux arches, on voit encore la chapelle dite de St. Benezet,—
eur le petit berser devenn prêtre, y disait chaque jour la messe.—Ce n’est que depuis la tourmente révolutionnaire que la messe ne s'y dit plus, Cette chapelle était originairement à deux étages, mais la partie supérieure seule subsiste maintenant, Le pont n’est conservéetentreteniu par lPadministration que comme curiosité historique ; les pierres de revêtement se désagrègent petit à petit, et lherbe recommence à pousser sur la terrasse. La tour dite de Philippe le Bel, où le pont aboutissait autrefois, existe encore sur la rive droite du Rhône.
La proimeuade autour des renparts, qui ne prend guère plus de deux heures, permet de juger de La physionomie extérieure de la ville. Une épaisse muraille en saillie couronne Fescarpement de la montagne. Les portes St- Lazare, St. Roch, St, Dominique,
et de POule qui commande Pentrée du pont suspendu, reliant Villeneuve à Châteanneut, sont les principales artères par lesquelles on pénètre dans la ville.
Aveg ses palais fortifiés, ses trente donjons aux voûtes arquées, ses églises gothiques, et par sa conformation extérieure, Avignon ressemble à une énorme tortue soulevant ses écailles courroucées,.
C’est à Avignon que naquit Nicot, lPintroducteur de la plante du tabac en France, et qui a donné son nom à la substance vénéneuse qu’il coutient : la nicotine,
Tout autre est Ja physionomie de la petite ville d'Arles, qui a conservé un cachet distinctif. Tout y rappelle le règne de la race sarrazinne : ses rues étroites, mal alignées, ses maisons de pierre D.
ties sans art, sans symétri2, ses coutumes bizarres, l'atmosphère brûlant qu’on y respire, toit rappelle les cités de l'Afrique,
"Cette ville a joné un rôle important dans l’histoire des Gaules, L'empereur Constantin Y cConstruisit un magnifique palais.
La Place du Forum où cond uit de la gare une allée bordée de platanes jusqu’à Ja rue du Quatre Septembre, et qui n’est guère plus vaste que le roxd de chêne de
La
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Québec, est le centre d'affaires de la ville, Sur le squure de la République, on remarque un obélisque romain d'couvert dans une fouille, | Formant les côtés de cette place et la mettant en relief, le musée d'antiquité romaine au sein d’une ancienne église, le palais de PITOtel de ville, dont Fescalier, conduisant aux délibérations du Conseil,
est gardé par deux é"ormes lions seultés dans le marbre, l'évêché et Pégiise gothique de S. Trophine, et où son corps à été transféré du cimetière des Alyseamps. Dans la nef près de la balustrade, un sarcophage qui remonte aux premiers
siècles. Le cloître attenant au temple, est ‘rès intéressant à visiter. C’est un préau à ciel ouvert, rectangulaire, entouré de gracieux arceaux. Chacun des côtés de cette galerie a son caractère propre,
distinctif. Des fresques symboliques y représentent la vie du Sau-
vour, les douze apôtres, ete, Lé marbre de ces statues à perde sa blancheur primitive, et subi loutrage du temps. La révolution s'est attaquée avec rage à ces roliques des âges chrétiens, et a mutilé et défiguré, pour la plupart, ces œuvres d'art incomparable, Détail singulier, nous avons pour guide ut aveugle qui Hous fait acmirer les mille petits détails qui échappe. ? À notre attention, À une extrémité de la ville, la fameuse nécropole des A /yscumps où champ des morts. Un nombre incaleulable de chrétiens y furent enterrés durant les premiers siècles de l'église. Des fouilles continnel les Pont dévastée, et il n'y reste guere plus que Pallée des tombeaux qui seule à été respectée, Aries est surtout célébre par ses arênes construites par le père de l'Empereur Tibère, dont l'histoire a conservé la réputation de cruau-
té. C’est un immense amphitéftre, À forme ovale, bordé de gradins de pierre et ponvant contenir près de trente mille spectateurs.
Quatorze portes réservées aux diverses;classes du peuple et de l’ar-
méc donnaient accès an cirque.
La partie occupée par l’empereur étuüt recouverte du velarium.
C'est là que les chrétiens étaient livrés aux fureurs des lions, et servaient de pâture aux instincts assoiftés de sang d’une foule impie.
Lors de la prise de la ville par les Sarrazins, les habitants consternés se refugièrent dans cette redoute d’un nouveau genre, et y installèrent leurs habitations. Ce n’est que dernièrement-en 1827
L que l'on entreprit de déblayer les arênes de cet amas confus de mai- | sons et de leur rendre leur aspect s primitif. Ce travail de déblaie- | ment ne dura pas moins de six |
ans.
se livre encore chaque année dans ‘es arônes d'Arles, des combats de taureaux auxquels toute la population se fait fête d'assister.
aurai occasion de faire connaître les détails de cotte course émou- "ante,
Arles est en outre renommée par ses jolies femmes.qui réunissent dans un agréable assemblage les qualités des trois types grec, arabe et romain. Dans leur costume national, leur petit et migaon bonnet à larges pendants blanes eomine la neige, et leurs petits chîles portés en santoir sur les épaules, I Arlaises sont réellement belles À voir. C’est à la sortie de la messe surtont, dit on, le dimanche, qu'elles apparaissent dans tout le rayon hement de leur beauté.
Le commerce des céréales at des huiles est très étendu et très prospère à Arles ;: sans oublier
les Saucissons d'A rles qui sont très
recherchés sur les marchés euro-
péens.
Sur le parcours d'Arles à Marseille, se rencontre le fameux tun- -
nel de la Nerthe—lun des plus beaux ui existent au monde.— Il mesure andelà de treize inille pieds.
À sa sortie l’œil découvre les belles cuux vertes de la Méditerrannée,et la silhouette du fort St.- Jean. +