‹ Réminiscences de voyage [microforme]Chapitre 9 sur 26 · DUR HAUTE · texte numérisé non relu

DUR HAUTE

toit hospitalier, l'histoire de cet arbre, le plus ancien de toute la Souabe,

Stockheïlm, village plus populeux, attire aussi l'étranger, A l'intérieur de l'église, les veux s'arrêtent sur une alcôve bardée de grilles, à l'intérieur de laquelle il y 4 Un grand nombre de crânes et d'os desséchés, confondus, pêlemêle. Cette vue produit sur l'esprit, la plus pénible me pression, Un marbre commu moratif en contient l’histoire : ce sont 1à des ossements des soldats bar :‘ois-ofliciers pour la plupartqu'ont péri dans un combat, pendant la guerre franco-prussienne,

Un spectacle semblable softre d’ailleurs à plus d’un endroit en Bavière, On dit même—et c'est une opinion généralement aceréditée—que Bismarck, pour parvemir plus facilement à son but d'enlever à la Bavière son an.

— )0Û — lonomie, et afin d'écarter les obsta eles qu'elle Opposait à son entrée dans la confédérgtion germanique, lanta à dessein duns Ja guerre de 1870, contre les troupes fran IsCS, les bataillons bavarois ICNHommés par leur vaillance. Le résultat qu'il recherchait fut atteint. La plu- Part trouvèrent Ja mort sur champs de bataille, et parmi ceux qui survivèrent, il ne s'en trouva point qui eurent assez d'auterité et de courage pour résister :11x ambitieuses visées de ll'homime de fer, Et la Bavière est aujourd'hui une nation dépendante, Privée de son autonomie, sans pouvoir propre, noyée au sein de l'Empire Alle mand.

les

Mindelheim, Kaufbenren si.

tuées À nne couple d'heures de Wa&rishofen, sont encore des endroits intéressants à visiter.

Kaufbeuren, jolie petite ville qui peut compter une population

d'environ six mille fmes, Ell possede une église, dite de St.

Blaise et qui remonte au cinquième siècle. Une muraille élevée et forte, percée de meurtrières, bâtie sur la crête d'une colline qui domine et entoure la ville, la proté. ge contre l'invasion, A l'une des extrémités de ce rempart se dresse une tour quadrangulaire servant de point d'observation en temps de guerre. Du haut de cette tour, l'œil embrasse un horizon immense qui n'est borné que par les cimes élancées des Alpes Tyro- Bennes,

Nous avons eu la bonne fortune d’escalader ces murs, ct Je me rappelle encore la béate stupéfaction du vicillard, gardien de la tour et de sa femme, en apprenant que nous étions des étrangers, venus de FAmérique Car, pour nous:

faire comprendre de ces braves

gens, dont les notions de géogra-

phie ne s'étendent guère plus loin que celles de la langue française, et pour qui le nom de canadiens était du grec, nous avons dû leur expliquer que l'Amérique était notre patrie. ‘ Americanis,” ‘ Americanis,” se répétaient-ils, l’nn À l’autre, dans un transport de surprise exubérante.

Cette tour n’est guère utilisée en en temps de paix. Seulement on y à établi un système d'alarme, et quand nn incendie éclate dans Kaufbeuren, le tocsin sonne et avertit les citoyens du danger.

Tous les ans dans le mois d'août, ya à Kaufbeuren une grande fête que l’on appelle la “ fête des enfants” et dont voici la légende : C'était au temps dun moyen-âge.

Un jour ia petite ville bavaroise était sur le point d’être prise d’assaut par l’ennemi qui occupait déjà la plaine, et ses habitants menacés d’une mort certaine par

la fureur des soldats assoiftés de sang ct de carnage. Désespéré, on resolut de fléchir le courroux du cuef de l’armée. On réunit tous les enfants de la ville, on les revêt de toilettes les plus riches et les plus gaies, on ouvre les portes de x ville et cette armée d’un nou.

veau genre s'avance seule vers l'armée ennemie, n'ayant pour seules armes que l'innocence ct la andeur qui rayonnent sur leurs fronts. Le général sent sa fureur tomber à la vue de ces jeunes enfants; son cœur s'émeut à la prière naïve qui s'échappe de leurs là:

vres ; une larme furtive coule de de sa rude paupière. Il épargne la ville et conserve la vie sauve à tous les habitants de Kauf'beuren.

La foi confiante de l'enfance avait triomphé et vaincu sa barbarie.

C’est pour commémorer cette heureuse délivrance et la munificence de ce général que tous les

ans,à pareille époque, Kauf beuren se met en liesse. De grandes ré- Jouissances ont lieu à l’occs sion de ce joyeux anniversaire. Pour conserver mieux ct plus vivace au cœur du peuple le souvenir historique de cet événement, on fait encore revêtir aux enfants les eostumes du moyen-âge, et on se rend en procession sous le bois où eut licu cette singulière entrevue avec le général ennemi.

Toute la journée on s'y livre aux danses ct aux réjouissances de toutes sortes,

C’est à Kauf beuren que se tronve le couvent de « May roff ” rendu à jamais célèbre par la réputation de saînteté d’une de ses fondatrices, qui a mérité d’être proclamée Vénérable par l'église, Murie-Crescence Hüss. Mayrhott est un lieu de pélérinage en véntration dans toute la Bavière. Ceux qui visitent ce monastère ne peu-

vent se défendre de ja plus vive emotion, en voyant ainsi Ctalés à leurs yeux des miracles sans nombre et en rapportent le mei!leur souvenir,

Deux on trois fois la semaine il y a musique à Wéærishofen, car le Bavarois, comme l'Allemand du reste, est passionnément épris de cet art, Ce sont tantôt des concerts d'amateurs au palais de cristal Tagermiller, ” ou des Morceaux Militaires exéeutés sous les bocages de “ l'ITôtel de Munich”, par des fanfares des villes avoisi.

hantes, Parfois aussi d’intéreseantes causcries À l* ôtel Luitpoid.”

Tous les jours d'ail leurs, le courrier nous apporte les nouvelles des pays de l’Eu rope,

Je me trouvais en Bavibre lorsqe parvint, à peu près à Ja même heure qu’en Canada, la terrible nouvelle de l'assassinat du président de la République Francaise.

age. nd Sogs

me

C'Etait, on se rappelle, le 24 juin 894 Carnot s'était reudu À Lvon pour présider à l'ouverture de lexposition ; il se rendait au théâtre royal, dans un landau, lorsqu'un Italien, du nom de Cascrio, fendir la fonlcet sous prétextede présenter une pétition, S'appro che de lavoiture du président et lai plonge un poignard dans le CBUr,

Cette fin tragique se répandit comme une trainte de poudre dans Waærishofen. Un sentiment unanime de sympathie pour le premier magistrat de la France, en même temps que d’indignation contre le misérable, se manifesta sur toutes les figures. Les diverses phases de ce drame sanglant furent suivies avec un intérêt ineïble. Les dépots de journaux étaient sans cesse assiéoés dès avant l’heure de la malle de lecteurs anxieux, et ne pouvaient

suflire aux demandes qui leur étaient faites,

Depuis l'an dernier, il y a une salle de lecture Le # Ski-Club” où lon peut se procurer tous les grands journaux de l Europe.

Wérishofen possède d’ailleurs un propre organe : * Der Wærishofen Zeitung’ publié en allemamd; mais jusqu'à présent, il n’y avait point de papier nouvelles publié en langue française. Vera Waibel, une femme aussi distinguée de manières que journaliste érudite, vient de combler cette lacune en fondant “/e Kneippiste,”” revue hebdomadaire ayant un bureau de collaboration à Paris, qui tient ses lecteurs au courant de ce qui se passe à Wéærishofen, du progrès de l'œuvre de Kneïipp et les guérisons merveilleuses opérées par sa méthode,

Parmi les progrès considérables qui ont été accomplis récemment,

Page 1