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dédie
A Monsieur Raymond Poincaré
Bigitizedby VjC
Non, cette petite œuvre n'est point un pamphlet.
Et, en vérité, l'explosion de colères, qui l'a saluée, suivait de si près son apparition à la Revue des Deux Mondes, qu'on peut se demander quand ceux qui faisaient à Remords d'Avocat ce procès de tendance, auraient eu le loisir de le lire.
Un magistrat municipal, académicien [local], ancien bâtonnier, orateur renommé (il détient depuis trente ans le surnom de Jules Favre de R***), a pris, dès le 2 juin, la parole en public pour attester que Remords d'Avocat calomniait et le barreau et la conscience humaine; le barreau, en supposant qu'on pût rencontrer un avocat osant plaider l'innocence d'un accusé qu'Usait coupable ; la conscience humaine, en faisant du devoir une chose parfois
obscure « comme si, Monsieur, l'essence du devoir n'était pas d'être clair, sinon il ne . serait plus le devoir. »
Si Remords d'Avocat était ce qu'on l'accuse d'être, on ne trouverait pas ici le nom d'un homme qui est Vune des plus nobles et des plus fières consciences du barreau de Paris, M. Raymond Poincaré, qui a accepté « de grand cœur » la dédicace qui lui était offerte.
Lettre de M. Raymond Poincaré.
Est-il vrai, mon cher confrère, qu'un censeur maussade vous ait accusé d'avoir, à la fois, dans Remords d'avocat « calomnié le barreau et la conscience humaine » ? Si une aussi désobligeante critique vous a été adressée, elle n est pas, je pense, pour vous émouvoir.
Vous avez voulu étudier, avec franchise et impartialité, un de ces cas trop nombreux où la profession, quelle quelle soit, risque d'enlever à V homme sa clairvoyance morale et de borner son horizon. En une dangue sobre et claire, vous avez exprimé des pensées fortes et vraies : la satisfaction d'avoir