VI LETTRE DE M. RAYMOND POINCARE
produit une œuvre sincère doit, aisément, vous consoler de quelques désapprobations.
Quant à moi, fai lu votre jolie nouvelle avec un vif intérêt. Vous avez fait le tour d'un de ces petits cercles où chacun des membres d'une société civilisée est forcé d'enfermer son activité, et vous vous êtes attaché à montrer les ravages qu'une conception étroite et fausse du métier peut causer dans une âme pure et honnête.
Pour effectuer son voyage terresfre, (homme est condamné à monter dans un des innombrables compartiments professionnels qu'il a inventés pour son voyage. Il y a des wagons de première classe; il y en a de seconde et de troisième. Il y a des coussins rembourrés; il y a des banquettes de bois. Mais, dans toutes ces cases roulantes, le voyageur est également prisonnier. Il n entend que des bribes de conversations; il n'aperçoit que des morceaux de paysage. S'il ouvre une fenêtre sur l'inconnu des régions traversées, il est exposé à recevoir dans Vœil de la fumée ou du charbon. C'est l'aventure commune.