‹ Remords d'avocat [and other stories]Chapitre 4 sur 10 · VIII LETTRE DE M. RAYMOND PÔINCARÉ · texte numérisé non relu

VIII LETTRE DE M. RAYMOND PÔINCARÉ

de votre femme; vous avez obéi, non à votre devoir* mais à votre vanité. La première faute commise, vous Vavez aggravée, en violant un secret que vous étiez tenu de respecter et en courant après un gain qui vous était interdit.

« Vous étiez chargé de défendre un assassin. Est-ce à dire que vous aviez à le présenter comme une victime d'une erreur judiciaire? Il vous suffisait de pousser un cri de pitié, de mettre en évidence tout ce qui, dans le passé de V accusé, dans son éducation, dans son tempérament, pouvait atténuer l'horreur du crime et provoquer Vindulgence du jury. Ne rendez donc pas les règlements ou les pratiques de votre profession responsables d'une série de défaillances qui vous sont entièrement imputables. La réprimande que le conseil de votre ordre vous a adressée est conçue, sans doute, dans une forme assez ridicule, mais j'ai bien peur qu'au fond elle ne soit justifiée. . .

« Reprenez vos esprits, mon cher Desmauves, et ne jetez pas imprudemment votre robe aux orties. A quoi vous occuperez-vous demain? Vous n'avez pas ce don supérieur qui s'appelle « la science de ne rien

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