‹ Renaissance et Réforme: Érasmus, Thomas Morus-MélanchthonChapitre 10 sur 77 · Volupfuari. Mtrei, 167Î. E. F · texte numérisé non relu

Volupfuari. Mtrei, 167Î. E. F

THOMAS HOUl'S. 33

rasme ' . n Naïve inconst^qiience de l'honnête homme et de l'homme de lettres, dont l'un voulait la vérité, et dont l'autre la craignait. Par une autre inconséquence de ce genre, en même temps qu'il faisait modestement passer son Utopie par la antique de ses amis, il avait le dédain d'un auteur superbe pour le pauvre public, lequel porte la faute de tous les échecs des auteurs, et qu'on récuse toujours avant de demander ses suffrages et son argent. « Les goûts dos mortels, écrivait-il à Egidius, sont si divers, les esprits de la plupart si difficiles, leurs jugements si absurdes, qu'on ne réussit pas mieux à se livrer à toute la facilité et à toute la négligence de son génie, qu'à s'accabler de soucis pour faire quelque chose qui puisse ôlre utile ou agréable à ces palais dégoûtés ou grossiers. Le barbare rejette comme dur ce qui n'est pas tout à fait barbare. Le demi-savant accuse de trivialité tout ce qui ne fourmille pas de mots vieillis. L'un est si austère, qu'il ne permet pas la plaisanterie; l'autre si fade, qu'il ne sent rien aux pointes : tels sont si mobiles, que €ù qu'ils aiment debout, ils le critiquent assis. Puis viennent les beaux esprits de la taverne qui jugent les auteurs au bruit de leurs verres, les esprits sans gratitude qui, tout en prenant grand plaisir A un livre, n'en sont pas moins ennemis de l'auteur, pareils à ces hôtes grossiers qui, après avoir été

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