‹ Renaissance et Réforme: Érasmus, Thomas Morus-MélanchthonChapitre 23 sur 77 · Life ol sir Th. iJorus, bj his gv.mUso.i, p · texte numérisé non relu

Life ol sir Th. iJorus, bj his gv.mUso.i, p

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tourné lui-même contre le pape. Les choses n'en étaient pas au point où elles vinrent plus lard, quand on vit saint Thomas de Canlorbéry accusé dé lèse-jnajeslé , et ses os eDlevé.s de leur châsse et brûlés en place publique. Mais c'était déjà hautement déplaire au roi, que de soutenir l'orthodoxie catholique dans un moment où le chefde celte orthodoxie était brouillé avec lui. La place n'allait plus être tenable pour Morus.

Henri, ne pouvant le faire parler, voulut du moins l'amener à une épreuve où son silence ne pût êlre qu'un acte de rébellion ou un acte de liicheté. Il convoqua le parlement pour lui demander le subside de noces. Avant d'obtenir l'art^ent, il importait d'abord de détruire l'effet d'un bref du pape, publié récemment en Flandre, par lequel il était défendu à tous les archevêques, évêques, cours ou tribunaux, de rendre aucun jugement dans l'affaire du divorce. Il fallait répondre à ce bref par la lecture des consenlements extorqués aux universités de Cambridge et d'Oxford sur la légalité du divorce, et vanter en plein parlement le zèle d'hommes pour la plupart intimidés ou corrompus. C'élail là l'épreuve où l'on attendait Morus. Forcé, comme président de la chambie des lords, d'aller aux Communes, avec un cortège de nobles ou d' évêques, lire ces adhésions arrachées ou vendues, et en faire l'éloge comme d'opinions libres, il s'acquitta de sa charge froidement, avec gravité, mais sans rien laisser pénétrer de sa

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pensée. Ce n'était ni de la révolle ni de la soumission, et Morus avait tiré sa conscience du piège que lui tendait Henri. Toutefois, ce rôle élait trop équivoque pour un homme delantdedroiture, et cette épreuve trop menaçante pour que Morus la regardât comme la dernière. Il songea donc à se démettre de sa place.

Il s'en ouvrit au duc de Norfolk, qui étail de .ses amis jusqu'à ce qu'il fût de ses juges, et il le pria de communiquer sa résolution au roi, alléguant quelques infirmités qui le rendaient incapable des fatigues de son office. Le duc pensait qu'il y avait plus de péril pour lui à sortir qu'à rester ; il essaya de le faire changer- d'avis. Il lui parlait en ami, car il n'y allait pas encore de sa sûreté à se tourner contre lui, et i! voulait sincèrement le voir rentrer dans les bonnes grâces du roi. Morus fut inflexible. Toutefois, pour éviter jusqu'au bout toute apparence d'opposition, il pria le duc d'obtenir du roi la permission de remettre les sceaux entre les mains royales, voulant ainsi se montrer obéissant et fidèle jusque dans un acte que la cour allait qualillcr de désertion,

Henri reçut les sceaux avec grâce, et congédia Morus en le comblant d'éloges et de remercîments pour tous ses bons services.

Morus crut avoir obtenu du roi une sorte de pardon pour l'acte le plus honnête et le plus ferme de sa vie. Il s'en trouva si soulagé et si libre d'esprit.

qu'il reprit tout à coup sa gaieté et cette humeur particulière qui tirait des sujets de plaisanterie des choses les plus sérieuses. On le vit dans la manière dont il annonça sa démission à lady Morus. C'était un samedi que l'es-chancelier avait été reçu par le roi. Le lendemain, qui était un jour de fête, peu de personnes sachant encore ce qui s'était passé, il alla entendre la messe dans l'église de Chelsea avec sa femme, ses gendres et ses enfants. C'était l'usage, la messe finie, qu'un des gentilshommes du chancehev allât trouver lady Morus à son prie-Dieu et l'avertît du départ du chanceher. Cette fois, ce fut Morus lui-même qui vint en personne au prie-Dieu de sa femme et qui lui dit, en faisant une profonde révérence, le bonnet à la main : « S'il plaît â votre seigneurie, milady, de vous en venir, milord chanceher n'est plus ici. » Celle-ci ne comprit rien à ces paroles, et crut que son mari plaisantait; mais Morus prenant un ton tihte, lui dit qu'il n'était que trop vrai qu'il venait de quitter sa charge, et que le roi avait hien voulu accepter sa démission. Làdy Morus se tut d'abord ; puis le caractère l'emportant : « Chansons, chansons, que tout cela! s'écria-t-elle. El que comptez-vous donc faire, monsieur Morus? Voulez-vous donc rester au coin de votre feu à tracer des figures dans ta cendre? Croyez-moi, il vaut mieuK gouverner qu'être gouverné. »

Il y eut une conversation sur ce Ion aigre jusqu'à la maison de Chelseii, que Morus croyait posséder

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pour la première fois. Lady litorus élait une femme mondaine, pour qui descendre du rang de femme du chancelier d'Anglelerie au rôle de mère de famille, dans la maison d'un homme disgracié, élait un coup mortel. Elle blâmait donc avec amertume la conduite de son mari, qui n'avait jamais songé, disait-elle, étant cLancelier, à pourvoir ses enfants, et qui quittait sa charge sans se soucier de leur avenir, préférant son loisir à sa famille. Morus, pour rompre ce sujet, se mît à critiquer sa toilette et S l'ailler la pauvre femme du peu de soin qu'elle prenait de sa personne. Il n'en fallut pas plus pour arrêter court ktdy Morus. Oubliant la démission pour ne penser qu'à ce nouveau grief, elle se tourna vers ses iilles, et, leur renvoyant le reproche, se plaignit qu'elles n'eussent pas remai'qué ce qui manquait à sa toilette. Les filles répondirent qu'elles n'y voyaient rien à reprendre, t Eh quoi! dit Morus en riant, ne voyez-vous pas que le nez de votre mère est un peu de iravei's'? » Lady Morus ne tint pas à ces derniersmots, et quittant brusquement son mari et ses filles, elle rentra seule à la maison'.

Bientôt il rassembla ses principaux serviteurs, dont quelques-uns étaient de bonne famille et gens de mérite; il leur dit qu'il ne pouvait plus les garder, quelque désir qu'il en eût, mais qu'il ferait tous ses efforts pour les placer à leur contentement.

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