Camérarius. Vila Phil. Mel
i. Corpus reformalorum, l. I.
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233 RKNAISSANCE ET RÉFORME.
écrite du recteur; raais, cette prétention entreprenant sur les privilèges de la cité, ies magistrats s'y refusaient. De là toutes sortes de désordres.
De plus, par un abus que nous n'avons guère â craindre de notre temps, tes étudiants d'alors, voulant tout savoir, et croyant que le vrai savoir consiste à entendre beaucoup de chosefe diverses, suivaient tous les cours à la fois. Mélanchthon insistait pour que chaque professeur en prît sous sa direetion personnelle un certain nombre, qui recevraient un enseignement déterminé. Là encore il trouvait, outre la résistance des magistrats et celle des familles, celle des professeurs eux-mêmes, que cette responsabilité directe eût incommodés, et dont un ou deux à peine savaient assez de latin ou de grec poyr enseigner ces langues avec fruit. Réduit à ses propres forces, Mélanchthon lâchait de corriger par son zèle les effets de la mauvaise volonté universelle. Par ses exhortations, par l'autorité de son nom, quelques professeurs se chargeaient d'une classe particulière, et bon nombre d'élèves s'atlachaient à un professeur et à son enseignement. Luimême donnait l'exemple. Sa maison était une école publique de grec et de latin, il tâchait de retenir le plus longtemps possible dans les études préliminaires et générales tant déjeunes intelligences qu'attiraient les nouveautés théologiques, et qui s'y précipitaient, pour la plupart, sans provision et sans préparation, exposées à toutes les surprises et
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à toute la violence des premiers mouvements.
Quoique simple professeur, et le plus jeune de tous, sa supériorité lui donnait le droit d'entretenir Spalatin des besoins de l'académie. Il lui en écrivait fréquemment. Toutes ses vues sont justes et pratiques. Tantôt il demande qu'on ne confie pas l'explication de Pline l'Ancien, auteur fort goûlé dans ce temps-là el pendant tout le xvi' siècle, à un grammairien, mais à un naturaliste. Une autre fois, il veut qu'on dédouble l'enseignement des mathématiques, et qu'on les divise en deux branches, dont on chargera deux professeurs, « afin, dit-il, de mettre de la clarté dans cetle partie des études, si nécessaire, mais si obscure. » Il indique les professeurs pour chaque - enseignement. Il demande qu'on applique aux besoins de l'académie les revenus des prébendes restées vacantes par la mort des titulaires. Enfin, dans l'entraînement universel vers lu théologie, il lutte pour que les lettres profanes ne soient pas abandonnées, et que ceux qui ne sont pas attirés vers l'Église par une vocation irrésistible puissent du moins entrer dans le monde avec un esprit cultivé.
Le succès de l'académie de Wittemberg l'avait fait désirer comme professeur par plusieurs villes. Il se refusa ii toutes les offres, par devoir envers l'électeur, et aussi par son penchant pour ses nouveaux amis, et pour leurs idées sur lesquelles le doute ne l'avait par encore atteint. La plus embarrassante de
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ces offres fut celle de Reuchlin, qui l'appelait, avec l'autorité de la vieillesse et de ses bons offices, à le remplacer dans sa chaire de professeur de grec à lugûlstadt. La lettre de Reuchlin, qu'on a perdue, devait être, à en juger par la réponse de Mélanchthon, d'un maître qui gourmande son élève. Mélanchtlton, dans sa réponse, se défend du reproche de trop donner aux plaisirs de la jeunesse, et d'aimer ses amis par enthousiasme de jeune homme plutôt que par jugement. Reuchlin l'aurait-il blâmé de ses liaisons avec Luther et ceux de son parti? Rien de plus probable. Reuchlin logeait alors chez ce même Jean de Eck, à qui Mélanchthon avait fait de si importunes piqûres dans le colloque de Leipsick. 11 était vieux, et il avait dû se rapprocher des scolastiques moitié par scrupule de religion, moitié de dépit que les chefs de la réforme eussent fait oublier l'adversaire des moines de Cologne. Quoi qu'il en soit, Mélanchthon résista, mais à sa manière, sans vouloir ôter tout espoir à Reuchlin, et promettant d'obéir, en cas d'insistances qu'il soupçonnait que Reuchlin ne ferait point. Geiui-ci s'en vengea en léguant au collège de Pforzheim sa bibliothèque, qu'il avait promise à son élève à diverses fois, en présence de témoins. Mélanchthon eut tort d'en écrire A Spalatin sur un ton piqué, et de parler des premiers encouragements et des services de cet homme illustre sous l'impression des changements d'humeur d'un vieillard qui n'était peut-être que timoré.
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Ce sont là les petitesses des amitiés Immaincs, plus regrettables quand l'exemple en est donné par des esprits supérieurs, parce qu'on leur croit plus de foi'ce qu'aux autres hommes pour résister aux mauvais penchants et pour faire durer les bons.
Luther, que touchait assez peu la prospérité des lettres profanes, si ce n'est par le chagrin qu'en avaient les moines et les scolastiques, et parce que la cause en était liée à celle des nouvelles doctrines, importunait Mélanchthon, soit directement, soit par Spalatin, pour qu'il enseignât la théologie. Il demandait qu'on te déchargeât du grec; il insinuait que Mélanchlhon réussissait mieux àintei'pré ter saint Paul que Pline. Mélanchthon s'en plaint à Spalatin. < Les lettres humaines, dit-il, ont trop besoin de maîtres nombreus et habiles ; car elles ne sont pas moins négligées dans ce siècle qu'elles l'étaientdans l'âge sophistique qui l'a précédé. » Il supplie qu'on le laisse tout entier au soin de ces jeunes gens qu'il a retirés € de je ne sais quelles études vagues et universelles où ils languissaient, et dont quelquesuns ont déjà traduit en latin des vers d'Homère '. » Luther n'en poussait pas moins son dessein. Il sentait tout le prix pour la doctrine de cette connaissance des langues, de ce don de bien dire, de cet art d'éclaircir les choses douteuses, de dissiper les ambiguïtés, de cette onction qui rendait la parole