SCENE VIII
ZOE, SUZETTE, LA MERE PETIT- PRÉ , puis DUMOUCHEL.
(Zoe vient par la porte du fond à gauche. Quart de nuit.)
ZOÉ , à Suzette. Il est sorti ?
suzette, l'interrompant. Ton père !
silence !.. le jeune homme est là !
(Elle indique la chambre de la mère Petitpré.)
ZOÉ, ejf rayée. Grand Dieu ! Ah ! Suzette, tu vois...
suzette, gaîment. Ça va joliment..»
j'ai bien des choses à te dire.
DUMOUCHEL, avec humeur , entrant par le deuxième plan à droite. Pourriez-vous me dire , mère Petitpré , comment il se fait que la porte de la rue Cléry soit ouverte?., le premier venu peut entrer ici...
LA mère petitpré* Monsieur... depuis que vous me connaissez , vous ne m'avez jamais prise à la menterie; voilà la vérité. . .
suzette , V interrompant. C'est moi qui suis coupable...
(Elle passe entre la mère Petitpré' et Dumouchel.)
LA MÈRE PETITPRÉ , d'un air triomphant. Ah ! oui , oui , par exemple ! {A part.) J'aime mieux que ça s'éclaircisse sans moi , car je trépignerais de voir ce que je vois.
(Elle sort par le deuxième plan à gauche.)
DUMOUCHEL , à Suzette. Pardon , mademoiselle , le jour baisse , et je ne vous avais point aperçue... je vous présente mon respèque...
SUZETTE y faisant un signe d'intelligence à Zoé. J'étais venue faire une visite dans le voisinage...
DUMOuenEL. Chez Mme Bcrthollet , votre tante ?
SUZETTE. Précisément.
dumouchel. Qui demeure ici en face ; je n'ai pas l'honneur de la connaître; mais je la vois quelquefois donner la pâture à ses oiseaux.
suzette. Zoé m'aperçut par la fenêtre, me fit signe de venir passer quelques instans avec elle; pour m épargner l'ennui
HO-Wl
LE MAGASIN THEATRAL
d'un détour, elle me fit ouvrir la porte , et moi , comme une cdourdic , je l'ai laissée ouverte.
dumouciiel. Il n'y a pas le moindre p\inal... ce que j'en disais , c'est qu'il faut ) I toujours crier après les domestiques. . . cela tient en haleine. (Appelant, et d'un ton de i^i colère.) Mère Petitpré , de la lumière ! ' LA MÈl)E PETITPRÉ * , apportant deux
t flambeaux quelle pose sur tel cheminée , clic entre par le second plan à gauche. J'étais entrain, monsieur... Mademoiselle Suzette, votre bonne est là qui vous attend. Elle dit que vous lui avez ordonné de venir vous prendre à la nuit.
SUZETTE, bas à Zoé. Je ne puis te laisser au milieu de tant d'embarras...
dumouciiel, à Suzetle. Si j'osais vous offrir mon bras. . .
SUZETTE. Oh! je craindrais...
(Dumouchcl s'éloigne un- peu.) ZOÉ , bas à Suzette et vivement. Accepte donc! mon père absent , je pourrai faire sortir M. Léon.
SUZETTE , à Dumoucheî. Cependant , monsieur Dumoucheî , je réfléchis... deux / femmes, seules le soir. .
(f)umouchel offre son bras a Suzette qui ne s'en aperçoit pas ; il le tient tendu jusqu'à la reprise de l'ensemble , où seulement Suzette le prend. Il est obligé de se reposer , de se frotter le bras à plusieurs reprises.)
DUMOUCIIEL. C'est ce que je disais, en moi-même. . . deux femmes seules, le>soir.
LA MÈRE PETiTruÉ, à part. Ciel de Dieu! les jeunesses d'aujourd'hui ont des retours que des femmes d'âge n'auraient jamais !
SUZETTE , bas à Zoé. Je ne veux pas rentrer avant de savoir... je reviendrai. ENSEMBLE.
Air : Cachons-nous et sachons nous taire. (Jacquemin.)
suzette, bas à Zoé.
Fais-le sortir avec mystère, Rassure-toi, pas de souci ; Il fallait éloigner ton père , Et tu vois que j'ai réussi.
ZOÉ
Quel est donc , quel est ce mystère ? Peox-tu me compromettre ainsi ?
Malgré moi , je trompe mon père , Sans rien comprendre h tout ceci.
w LA MÈRE PETITT-RÉ, à part*
Je n'sais pas quel est ce mystère , Je n'y suis pour rien , Dieu merci !
Biais vrai , comm'le bon Dieu m'éclaire , J'voudiais être à cent licu's d'ici.
DL1MOLCIIF.L, h SuzettC.
Allons , venez , venez , ma chère , Que mon bras vous serve d'appui j
t U werc Petitpïé , Zoé, SusçUe, DuruoucUclv '
. Et dans un Instant, je l'espère , Je serai de retour ici.
{Dumoucheî sort avec Sucette, par le Second plan à gauche ; Zoé va les reconduire et reste quelques instants à la porte , comme pour s 'assurer qu'ils sont bien pmtis )
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