SUZETTE, BÉNARD
BENARD , très-agité. Elle se marie ! elle se marie ! ! ! et on me l'avait caché !
suzette. Qu'as-tu donc à marcher comme ça , et à te désoler?., je ne comprends rien à tout ce que je vois... tout le monde se défie de moi, et je suis là au milieu d'une foule de gens qui s'affligent, sans que je sache pourquoi. {Avec inten- *-tion.) Tu es triste, Zoé est triste. . .
bénard, vivement. Elle est triste?
suzette. Oui... et elle dit que tu es la —cause de son chagrin.
BÉNARD, comme malgré lui. (Moi?
suzette, Oh ! ne te fâche pas!., je me H suis peut-être trompée...
bénard. Parle! parle!... mais parle donc ! . . elle a dit ?
SUZETTE, de même. Elle a dit que si elle l'eût vu, vous auriez pu vous concerter.
BBNARD, vivement et avec joie. Elle a dit cela ? {A part.) Oh ! je la verrai, je la verrai ce soir.
suzette. Car tu penses bien que ce
LE MAGASIN THEATRAL
monsieur, elle n'est pas contente de l'épouser.
renard. Tu crois?
suzette. Je n'en sais rien, moi, mais il me semble. . .
bénaui), à part. Suis- je. assez fou aussi d'aller consulter cette enfant J^ïiais. . . dans ce moment, j'interrogerais. . . les murailles!)
suzette, avec intention. Elle disait encore , en phrases entrecoupées : ( Jmiiani Zoé, et d'un ton sentimental.) Etre dix jours sans me voir... me laisser marier... lui! ■
bénard. Elle disait cela! ! [A part.) Oh ! décidément, ce n'est pas elle qui aurait accepté les hommages de Renaudin! c'est la modiste ! : .^
SUZETTE, avec naïveté feinte) 'Mais de qui parlait-elle? voilà ce que je ne sais pas !
bénard. Oh bonheur! si j'osais croire!... Suzette ! . . .
suzette , de même. Eh bien ! te. voilà tout joyeux maintenant... dis-moi au moins pourquoi.
bénard. llien , rien... rentre chez toi..." On vient de la rue , si c'est Renaudin , tu sais que je ne veux pas qu'il te voie.
SUZETTE , à part et gaîment. Et moi , donc ?
bénaud, a part y avec joie. Oui , oui , je suis aimé !...
Air : J'ai vu le Parnasse des darnes.
Bien vite , éloigne- toi , ma chère , Patience, encor quelques jouis...
SIZETTB.
Puisqu'il le faut , j'obéis , frère , D'abord moi, j'obéis toujours.
Rends justice a ma déférence Pour l'ordre que tu viens dicter.. .
{Avec malice.)
Tu ne fais pas d'autre défense ?
BÉXARD. ^
Non!
sczette , h part.
Alors je puis écouter ; Alors donc je yais écouter.
{Elle rentre dans le pavillçta dont elle ferme la fenêtre.)
9 900 3Q9P0Q 3CQQPQQPPPQ000O9PQ6QOgQ09PQP0Q0Q9