‹ Rencontres et entretiensChapitre 7 sur 13 · MES AVENTURES AU PAYS · texte numérisé non relu

MES AVENTURES AU PAYS

dre à son travail. Rendu à hait arpents de la maison, je me trouvai sur un petit coteau, d'où, n'eut été l'obscurité de la nuit, j'aurais pu contempler cette belle terre dont celui que je visitais était si orgueilleux de se dire le possesseur. Mais quand bien même il eût fait jour, je n'aurais pas eu le temps de contempler grand chose car sur le versant opposé au côté par où j'étais venu, je commençai à distinguer des animaux couchés çà et là au milieu d'un terrain couvert de souches.

Tout-à-coup j'entendis un mugissement formidable et je vis quelque chose de noir se détacher du groupe d'animaux couchés et s'avancer à ma rencontre avec un peu trop d'empressement. Taureau ou loup-garou, je ne pris pas le temps de m'assurer ce que c'était, ma première pensée fut de me trouver un refuge poiu" me mettre en sûreté, car le danger était inmiinent.

Par bonheur il se trouvait, à dix pas de moi, une pile de billots et de perches assez élevée pour m'offrir un abri sûr. En deux sauts j'y arrivai et l'escaladai. Il était temps : à peine étais-je rendu au haut de ma forteresse improvisée, qu'un nouveau mugissement plus formidable encore se fit entendre, accompagné.

cette fois, d'une nuée de terre qui vint retomber sur moi comme un orage.

Je distinguai alors l'animal en question, qui se mit à tourner autour de mon refuge. Quoique hors de son atteinte, j'éprouvais une vive émotion. J'étais là, énervé, n'osant appeler, car pour moi il n'y avait pas de doute possible : quiconque se présenterait dans le moment aurait fort à faire pour se défendre contre le furieux animal qui s'était constitué mon gardien.

Celui-ci tournait toujours autour de la pile de billots : je commençais à trouver le temps long ; néanmoins j'étais satisfait de me savoir dans une position inexpugnable. Alors saisissant une énorme perche en bois franc, je la laissai tomber de tout son poids sur le cou de la bête en furie, mais sans grand effet. Je pris plus de précautions pour une deuxième attaque. Cette fois la perche s'abattit sur le nez de l'ennemi et lui fit fouiller la terre de belle façon.

S'éloignant un instant, l'animal revint plus furieux que jamais. Une troisième perche de bois franc lancée à la même place que la deuxième lui fit prendre la fuite, et me rendit finalement maître du champ de bataille.

Page 1