‹ Rencontres et entretiens [microforme]Chapitre 11 sur 21 · LE PÈRE THOMAS · texte numérisé non relu

LE PÈRE THOMAS

que peu ou point de travail, il végétait sans pouvoir trouver aucune place stable.

Durant ses jours de chomage, tenaillé par l'ennui, le pauvre vieux, prenait son petit coup. » Depuis trois jours il était sans ouvrage. Le matin de la quatrième journée, il s’en revenait à sa maison de pension, triste, morne et découragé, quand lui vint a l'esprit l’idée de s'acheter un flacon de Jamaïque. S’étant enfermé dans sa chambre, il caressa la bouteille et ne parut point au diner. Dans l'après-midi, passablement éméché, appesanti et attendri par les fumées du Rhum, il verse d'abord d'abondantes larmes de désespoir ; puis, tout à coup, saisi d’un accès de rage, il se lève comme poussé par un ressort, et s'éciie : CTornon de confonte ! il ne sera pas dit qu'on aura vu Jos. Cuillade se dandiner dans les rues de ce village, affublé des habits de ce vieux réprouvé de ministre hérétique qui, à l'heure actuelle tire le diable par la queue, dans les enfers !»

Ce disant, le Vieux Canadien fait rondement un paquet de toutes les hardes reçues et s'en va reporter le tout au garçon du ministre.

C'était sur le soir; le ciel était devenu menaçant : de gros nuages noirs montant a l'Occident présageaient un violent orage.

En arrivent à da maison de son ancien maître, le Vieux Canadien frappe à la porte.

Pas de réponse, Il ouvre, entre : personne, Au meme in<tant, une vive diseussioni engagce dans la pièee voisine frappe ses oreilles.

Sans arreter à Ceouter, Jos Calade, d'une voix de Stentor, <'éerie 1 € William

Viens ie, ju à te parler !

Le bruit des voix cesse, et Jos. entend conime des pas lourds et iücertains se dirigeant vers hu. William, de fils du ministre, apparait à

la porte, tout aébraïlé, Ia figure bouleversée, les veux hagards A da vue du Vieux Canadien, il <'éerie d'un air joyeux: Ah

iiiooil Vieux J0 en arrivé ! Je suis content

de te voir !

Or, voici, eu quelques mots, ce qui se passait dans reitte demeure, depuis là mort du chef de la famille, le ministre protestant : Le fils du ministre était depuis longtemps adonué à la funeste passion des liqueurs enivrantes. Cependant, son père et sa mère avaient, jusqu'à un certain point, réussi à eachor au publie ce vice dégiadant de leur enfant.

Après la mort du père, ls mère, seulé, ne put metre ui frein au désir désordonné de son

fils. Pour eotable de malheur ia malheureuse

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