A PROPOS DE NOMS
el aujourd'hui? [vrogne et farceur, le plumitif était les deux : Non, je suis étranger à la place, après !
Après e’'est ben comme vous dis, après oi J'ai eu retiré ma paye, j'ai pri deux cours, trois coups, après J'ai perdu mon argen : et après je suis parti de Plumet (Plymouth) pour me rendre au Lac au Nez (Laconia) à pied.
J'ai t'y encore ben du chemin à faire? Je plantai l'oiseau aquatique qui s'était par trop désaltéré à l'eau de jouvence de si façon.
Parti de «€ Plumet » <'estsil jamais rendu au €Lae au Nez»? Je Fignore. En tout ess, le malheureux ne S'est sûrement pas rendu au € Lac au Nez » en chars puisqu'il avait bu une partie de son argent et perdu le reste.
Le père Jérôme
Le Père Jérôme
En passant devantune échoppe de cordonnier mes oreilles fürent frappées par le son de plusieurs Voix, qui semblaient discuter vivement. Après quelque hésitation, poussé par la curiosité, j'entrai et ne fus nullement surpris de trouver le père Jérôme Lécveillé en frais de clore une discussion entre deux jeunes gens qui accusaient les prêtres du Canada d'être intervenus mal à propos durant l'insurrection canadienne de 1837.
«Sachez, jeunes gens, disait-il que les prêtres du Canada sont des hommes qui ont fait des études très approfondies, des hommes qui en savent plus long, que vous ne pourrez
jamais en savoir de votre vie : que si la révolte
de 1837 a eu du bon comme vous dites, avouez que les curés l'ont fait cesser à temps, car à quoi aurait servi une plus longue insurrection, puisque à, est reconnu aujourd'hui que tout ce que les Canadiens ont demandé dans le temps, ils l’ont obtenu par la suite.
Alors nous devons remercier nos prêtres d'avoir fait cesser une plus longue et inutile effusion de sang !»
Depuis longtemps, je connaissais le père Jérôme Léveillé : C'était un de ces Canadiens à stature d'Hercule, dont l'aspect robuste, la figure brillante de santé en imposaient à tous ceux qui l'approchaient. Son regard doux, sa physionomie mélancolique ou souriante tour à tour, contrastait beaucoup avec savoix rude, sous laquelle se cachait une bienveillance à toute épreuve.
Souvent J'avais eu l'occasion d'entendre Île père Jérôme parler des aventures et des mille petits ennuis que nos prêtres ont eu à subir durant le cours de leur ministère, de la part de particuliers ignorants, où mal intentionnés. J’aimais à entendre dire, entr'autres l'aventure d’un curé Marquis, aventure arrivée lors d'une de ses tournées annuelles à travers ses différentes missions éloignées : il s'agit de la rencontre du euré avec un mendiant.
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Tous ceux qui ont connu le curé Marquis savent que c'était un prêtre sans cérémonie.
Done, un jour d'été, par une chaleur écrasante monsieur le curé Marquis s'en revenait de sa tournée de missionnaire [ lui restait encore plusieurs milles à faire : harrassé de fatigue, accablé par la chaleur du jour, le vaiilant apôtre s'était mis à l'aise en ôtant <a soutane, qu'il avait roule et attachée avee une petite hard», branche de saule cassée le long du chemin.
Arrivé à un détour de la route, le curé Marquis se trouve tout à coup face à face avec un mendiant. Celui-ci, prenant le curé pour un quêteux s'éeria : CE ! bonjour compère, quelle chaleur !» Et, ce disant, il débouche un flacon de boisson, en offre un coup au curé Marquis : € Bois, ça te rafraichira, dit-il » CMerei, répond le euré, je n'en prends pas !» Et il se préparait à faire une remontrance en trois points au imendiant. Mais ce dernier ne lui en laissa pas le temps : «€ KSacrebleu ! ft-il, on ragardant Le curé de travers, c'est la première fois de ma vie que je rencontre en chemin un quêéteux qui refuse de prendre un coup avec moi !»
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Je ne veux point passer sous silence ce qu'il raconta, un jour, au sujet d'un monsieur Robson, prêtre Irlandais, alors curé à Drummondville.
[lv a plusieurs années de cela, dit ; j'étais jeune homme alors. Mes parents étaient établis sur des terres nouvelles, à mi-chemin entre St-Grégoire et Kinsey.
Quelquefois mes parents m'enmimenaient à l'église de St-Grégoire, mais le plus souvent j'allais à Kinsey, accompagnant mon oncle Augustin.
Le euré Robson desservait aussi Kinsev où il venait dire la messe, une fois par mois.
Mr. Robson était un gros et grand prêtre, doué d’une force peu commune.
Dans les premiers temps, après li messe 1l se mélait volontiers aux Canadiens, et prenait plaisir à montrer sa force musculaire ; méme un jour il s'était oublié jusqu'à se colleter avec mon oncle Augustia qui, sans rien dire de trop, était doué lui-même d’une force peu ordinaire. La prise fut rude : la cime de l'herbe en brülait partout où les deux combattants posaient le pied.
Mon oncle disait par la suite, que si monsieur Robson n'avait pas 6t6 un prôtre, il en serait
facilement venu à bout. Mais les gens n’en
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croyaient rien, et, vu l'esprit du temps, M.
Robson jouissait d'une grande considération parmi les adn:-rateurs de la force musculaire.
Kinsey était alors le rendez-vous de tous les fiers à bras des chantiers d’alentour. ‘Tant que le curé Robson était au milieu d'eux, ils s'amusaient à tirer innocemment du poignet ou à raconter les tours de force de celui-ci, de celui-là. Mais sitôt le curé parti, les flacons de jamaïque faisaient leur apparition, et la discorde ne tardait guère à s’en suivre.
Un dimanche, les gens de Kinsev s'étant plaints au curé d'ün grand désordre, qui avait eu lieu le dimanche précédent, M. Robson fit, à la basse messe, une sortie sévère sur la conduite scandaleuse des gens, disant que Kinsey n'était pas le rendez-vous de tous les restants des paroisses environnantes ; et il termina par cette apostrophe : CA tous ceux qui <° rendent en ce village, dans le seul but de faire du désordre et du scandale, je dis bien haut : Restez chez vous !
À la sortie de la messe, plusieurs citoyens froissés de ce qu'ils venaient d'entendre, ne se génèrent nullement pour manifester tout haut leur mécontentement.
Au nombre de ces mécontents se faisait surtout remarquer un nommé Marcotte qui,
sans plus de cérémonie, voulait, Cillico », aller faire une verte remontrance au curé Robson.
sur sa manière de dire. Heureusement, mon oncle Augustin arrêta ses idées belliqueuses en lui disant : CTiens-toi tranquille, mon ami ! C'était vrai ce qu'a dit monsieur le curé !
Bien trop vrai, puisque toi-même, dimanche dernier, tu as failli te battre comme un chien !
Un dimanche, durant l'office, le temps s'était couvert. Biertât la pluie commença à tomber par torrents et dura une partie de la journée. de telle sorte que le curé Robson dût remettre à pus tard son retour à Drummondville,
Mon onele ayant à s'entreterir 1 ec monsieur Robson, m'avait emmené avec lui, à la résidence du curé. L'entretien terminé, M. le curé demanda à mon oncle, vu le mauvais temps, de prolonger sa visite, et de bien vouloir faire la partie de cartes avec lui. Mon oncle n'était pas un Joueur de cartes : cependant par politesse et pour faire plaisir à M. Robson, il se prêta de bonne grâce à son désir.
Le curé perdit la première partie qui, disait-il, est celle des enfants ; mais il gagna la deuxième, et sans perdre de temps vint frapper d’une carte le nez de mon oncie Augustin, en s'écriant : Quand je gagne, moi, c'est comme cela que je le fais sentir !
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Mon oncle, prenant la chose de son haut, se croit insulté ; il se lève de table, le visage rouge de colère et me dit: Allons-nous en! Monsieur Robson, riant moitié figue, moitié raisin, essaya en vain de le retenir. Mon onele m'entraine au-dehors, au moment où la pluie déversait de plus belie ses torrents.
L'insulte avait été trop forte : mon oncle Augustin n'avait pu la digérer.
M. Robson abandonna la cure de Drurmnmondville vers IS47, pour aller porter le secours de son ministère aux infortunés frlandais qui arrivaient sur les bords du St-Laurent, où ils étaient impitoyablement fauchés, par milliers, par le terrible typhus qui régnait alors au milieu d'eux. Il mourut peu de temps après en soulageant ceux de son sang et de sa race.
Ni le père Jér Léveillé prenait plaisir à raconter les contrariétés et les misères de nos prêtres 1! donnait pour raison que nos prêtres étaient au milieu de nous pour endurer les souffrances causées par chacun qu'ils pouvaient bien souffrir qu'on prenne innocemment un petit plaisir à leurs dépens.
Mais malheur à celui qui se permettait de parler mai des prêtres en sa piésence ; sur ce
sujet jamais personne ne trouvait grâce devant
l’intransigeance du père Jérôme qui disait dans ces circonstances Cque l'esprit malveillant des gens en était rendu à ce point de nos jours qu'un prêtre n’était plus capable de faire un pas en dehors de son presbytère sans être l'objet de critiques déplacées de la part de gens sans serupules mal appris, toujours prêts à tout salir et à mal parler des choses les plus sacrées. »
Le père Jérôme était un sage, qui n'avait jamais montré toute la puissance de sa force musculaire, si ce n’est en une occasion où il avait été poussé à bout de patience, par un jeune blane-bee, qui s'était permis en sa présence de mal parler des prêtres.
La scène s'est passée au Canada dans un chantier de bücherons au nombre desquels se tiouvait le père Jérôme. Un jour done, ou plutôt un soir, sur la fin de la veillée, un jeune homme, qui voulait sans doute poser à l'esprit fort, commença tout à coup à dégoiser sur les prétendus faits et gestes des curés. Le père Jérôme lui impose silence et veut l’obliger à changer le sujet de son discours. Le jeune homme, furieux, serre les poings et fait mine de vouloir donner une leçon de pugilat au père Léveillé. «Jeune homme, lui dit celui-ci sans
s'émouvoir, si tu veux absolument te battre avec moi accorde-moi au moins la faveur de me retirer à l'écart un instant.» Le jeune écervelé, interdit de cette deinande, le laissa faire, et à sa crande surprise, comme à la surprise de tous ceux qui étaient présents, il vit le père Jérôme se retirer dans un coin reculé du camp, s'y mettre à genoux pour prier. La prière finie, le père Jérôme s'en vint tranquillement, selon son habitude, prendre un tison pour allumer sa pipe et tirer quelques touches avant de se coucher. Le jeune matador l'attendait toujours plus furieux que jamais, car sa colère avait éte suchauffée par les gouailleries que les autres bûücherons s'étaient plu à lui lancer en constatant le peu de cas que le père Jérôme avait fait de sa personne. Na pipe allumée, le pere s'avance vers le jeune homme, comme si de rien n'était. En le voyant revenir le jeune homme s'élance sur lui. Le père Léveillé le regardant tranquillement lui dit : «Conraent ! tu n'es pas encore déchoqué ! I va donc falloir t’appliquer le bon remède ? » Et empoignant le jeune écervelé, 1} lui donne une correction à l'ancienne mode du maitre d'école à son élève en défaut. es auires bûcnerons en riuent
aux larmes.
Ah! que n’y a-t-il un père Jérôme dans chacune de nos paroisses pour faire taire les mauvaises langues ! Les curés ne s’en porteraient certainement pas plus mal, et ce serait un sujet de satisfaction pour un grand nombre d’âmes, qui ne demandent qu’un bon mouvement, un bon exemple pour retrouver la paix, la tranquillité au fond de leur conscience, et en jouir comme de bons citoyens et de bons chrétiens !
Mes aventures au pays
Mes aventures au pays
Lecteurs, croyez vous aux loups-garous, aux feux-follets, aux revenants? De tout temps, comme en bien d’autres choses, il v à eu deux manières de penser sur ce sujet. Les uns de nature peu crédule, prétendent qu'il n'y a Jamais eu rien de tel : d'autres, au contraire affirment avoir vu, qui des loups-garous, qui des feux-follets, qui des fantômes Pour noi, d’après ce qui n'est arrivé dans le court délai de deux semaines, je suis forcé d'avouer qu'il doit y avoir un grand fond de vérité dans tous ces racontars de nos vieux Canadiens.
Vraiment, j'ai été bien près de lier connais-
sante avec Îles imystérieux esprits nommés en
tête de mon récit. Je vous laisse, à vous tous d'en juger.
Un printemps, me sentant fatigué, je décidai d'aller voir mes parents du Canada tout en me promettant un repos des plus agréables. J’arrivai dans la paroisse de Saint G.. vers les quatre heures du matin ; immédiatement Je me fis conduire chez le plus proche parent, un beau frère, qui demeurait à un mille de la gare où j'étais descendu.
Arrivé à la maison je trouvai toute la famille sur pied à l’exception de mon beau-frère ; ma sœur était occupés au déjeuner et les enfants à leur prière du matin. Il pouvait être cinq heures moins un quart. Après avoir embrassé tous les membres de la famille, je témoignai ma surprise de les trouver debout à cette heure matinale.
Constatant que tous semblaient jouir d'une santé excellente, je demandai à ma sœur où était son mari. Indiquant de la main la direction qu'avait prise mon beau-frère en sortant, ma sœur répondit : Aux champs, chercher les animaux ». et elle ajouta: QI doit aller à un «levage » aujourd'hui dans le rang et il fait son (train » de bonne heure. »
Bien qu'il ne fût pas encore jour, j'eus l'idée d'aller au-devant de mon beau-frère, le surpren-
tous
idai ine J'ar-
les me Jeau » où
nille
ma ants cinq ‘assé gnai eure
Jren-
dre à son travail. Rendu à huit arpents de la maison, je me trouvai sur un petit coteau, d’où, n'eut été l'obscurité de la nuit, j'aurais pu contempler cette belle terre dont celui que je visitais était si orgueilleux de se dire le posseseur. Mais quand bien même il eût. fait jour, je n'aurais pas eu le t temps de contempler grand chose car sur le versant Opposé au côté par où J'étais venu, je commençal à distinguer des animaux couchés çà et là au milieu d'un terrain couvert de souches.
Tout-à-coup j'entendis un mugissement formidable et je vis quelque chose de noir se détacher du groupe d'animaux couchés et s’avancer à ma rencontre avec un peu trop d'empressement. Taureau ou loup-gurou, je ne prs pas le temps de m'’assurer ce que c'était, ma première pensée fut de me trouver un refuge pour me mettre en sûreté, car le danger était imminent.
Par bonheur il se trouvait, à dix pas de moi, une pile de billots et de perches assez élevée pour m'offrir un abri sûr, En deux sauts j'y arrivai et l’escaladai. Il était temps: à peine étais-je rendu au haut de ma forteresse improvisée, qu'un nouveau mugissement plus formidable encore se fit entendre, accompagné,
cette fois, d’une nuée de terre qui vint retomber sur moi comme un orage.
Je distinguai alors l'animal en question, qui se mit à tourner autour de mon refuge.
Quoique hors de son atteinte, j'éprouvais une vive émotion. J'étais là, énervé, n'osant appeler, car pour moi il n'y avait pas de doute possible : quiconque se présenterait dans le moment aurait fort à faire pour se défendre contre le furieux animal qui s'était constitué mon gardien.
Celui-ci tournait toujours autour de la pile de billots : je commençais à trouver le temps long ; néanmoins j'étais satisfait de me savoir dans une position inexpugnable. Alors saisissant une énorme perche en bois frane, je la laissai tomber de tout son poids sur le eou de la bête en furie, mais sans grand effet. Je pris plus de précautions pour une deuxième attaque. Cette fois la perche s'abattit sur le nez de l'ennemi et lui fit fouiller la terre de belle façon.
S'éloignant un instant l'animal revint plus furieux que jamais. Une troisième perche de bois franc lancée àla même place que la deuxième lui fit prendre la fuite, et me rendit finalement maître du champ de bataille.
Le jour commençait à poindre à l'horizon.
Je suivis des yeux la bête qui s'éloignait toute déconfite et lorsque je jugeai qu’elle était assez loin, je mesurai la distance que j'avais à parcourir pour me rendre à la maison et je pris mes jambes à mon cou. J'entrai à la maison sur les talons de ion beau-frère qui arrivait de la (batterie » de la grange pour se hacher une pleine blague de tabac pour sa journée.
Encore tout haletant, je lui racontai ce qui venait de m'’arriver, tout en promettant de ne plus m'aventurer la nuit sur les terres du Canada, sans être armé jusqu'aux dents, pour éventrer tout taureau où loup-garou qui viendrait à se présenter. Je déjeunai ce matin-là avec un assez bon appétit.
J'étais arrivé en Canada le vendredi matin :
de là cette aventure sans doute. Le dimanche suivant, à l’église, il y eut publication des bans et parmi les futurs époux se trouvait un de mes cousins. De là, grandes invitations ! le lundi il fallut aller aux noces : nous fûmes trois jours et trois nuits à manger, à boire, à nous réjouir sans dormir. Sur la fin de la troisième nuit, nous décidâmes de nous coucher pour prendre un repos bien nécessaire. Il n'y avait pas une demi-heure que nous étions
endormis, quand des cris : au feu ! au feu ! retentirent dans la maison. Vous dire le brouhaha indescriptible qui s’ensuivit est impossible. Enfin, après beaucoup de bouseulades, quand tous furent réveillés, nous rendant compte qu'il n’y avait pas apparence de danger immédiat, nous nous mimes à chercier où était le feu en question. Rien : pas plus de feu que sur la main. C'était un rôve ! mon oncle, qui s'était couché l'estomac chargé par de trop copieux repas avait eu le «pesant» ; il s’étaitmis à rêver que le feu était à la maison. Sous l'effet d’une oppression intense, il s'était levé en criant : au feu! au feu! Pour un « fouto » feu follet, c'en était un celui-là, sûr.
Le lendemain, brisé par l'émotion de la nuit et par les copieuses libations en Joyeuse compagnie, je résolus de m’éloigner et d’aller voir une tante qui demeurait dans la deuxième paroisse de ce dernier endroit. Là,du moins, je me promettais de prendre un bon repos, de rattraper le temps perdu. Le lendemain soir, j'arrive chez ma tante : après avoir conversé quelque temps avec elle et les autres membres de la famille, de bonne heure je monte à la chambre qu’on m'avait assignée, pour prendre enfin le repos tant désiré. Toute la famille en avait fait
autant, car tous avaient travaillé fort dans la journée.
Chacun s'était empressé de gagner son lit.
Les lumières étaient éteintes : je commençais à m'assoupir, lorsque, O malheur! j'entendis comme un saut lourd suivi de pas retentissants de quelqu'un descendant l'escalier et la voix de ma tante demandant : (Qui descend-là ?
Y a-t-il quelqu'un de malade? » Ne recevant pas de réponse, elle se leva, suivie par les autres membres de la famille, et moi-même à leur exemple. On alluma une lampe et l’on se mit à chercher la cause de ce bruit étrange. Rien ! personne ne s'était levé. Nous étions là à nous regarder les uns les autres avec un air soupçonneux et inquiet, quand la plus jeune de ses petites filles dit : «Maman je vais coucher avec vous, ça doit être un revenant comme en conte souvent le père Charland. »
€ Allons rous coucher », se contenta de dire ma tante d’un air contrarié.
Le lendemain matin, ma tante en prenant, pour chauffer le poêle, du bois dans une boîte sous l'escalier conduisant aux chambres d’en haut, fut très surprise de trouver sous les marches de cet escalier, tout près de la boîte à bois, une grosse citrouille. Tout de suite pensant au bruit étrange de la veille, elle monta
pour voir et s'aperçut que vis-à-vis l'escalier, il y avait un vide dans sa rangée de citrouilles. C'était le chat, sans aucun doute, qui en avait fait tomber une.
La citrouille en roulant était venue prendre une à une les marches de l'escalier, suivant la forme tournante de celui-ci ; rendue au bas, elle avait fait un demi-tour, pour venir finalement se réfugier sous Ce dernier.
L’explication de la visite du revenant était trouvée.
Pour moi je déjeunai, bouclei mes malles, et dans le courant de la journée, j'allai faire mes adieux aux parents et aux amis. Le soir, Je pris le train pour revenir aux États-Unis, plus brisé, plus fatigué, plus énervé que jamais.
J'avais éprouvé trop d'émotions. Je vins achever mes vacances et me reposer all milieu de ma famille.
Depuis cette aventure, lorsque quelque farceur vient à parler en ma présence de loupsgarous, de feux follets, ou de revenants, je l'écoute d’un air gouailleur avec le plus beau sourire sur les lèvres: ce n’est pas ‘1rce que je veux faire preuve d’incrédulité, mais je complète son histoire en lui disant : «Mon ami, les loups-garous sont des taureaux furieux et les revenants de grosses citrouilies, je vous en donne ma parole d'honneur.
Conclusion
Le 4
Conclusion
En terminant ce petit volume, amis lecteurs, je veux vous donner la raison pour laquelle je me suis décidé à publier ces pages sur Îles agissement de nos vieux Canadiens :
Trop souvent, hélas ! notre jeunesse francoaméricaine entend proférer à l'adresse de nos vieux parents ce (ŒÆrenchmen» dit d’un ton méprisant par une certaine classe d’émigrants ignorants des Vieux pays ».
À force d'entendre répéter ces propos dédaigneux, ces paroles de mépris continuel, le doute et le malaise finit par s'implanter dans le cœur d'un grand nombre de nw. jeunes |
enfants. O honte ! à malheui quelques-
5 SRE AGENTS gants va
uns d’entre eux en viennent même, hélas !
jusqu'à méconnaître leurs parents et renier leur foi. l'honnèteté et l’honneur.
Jeunes Franco-Américains, haut la tête et le cœur ! Songez à la considération, à l'admiation que professe, à l'égard de nos vieux missionnaires et de nos intrépides découvreurs, toute la haute société instruite des Américains.