‹ Rencontres et entretiens [microforme]Chapitre 7 sur 21 · SURNOMS DONNÉS AUX ENFANTS · texte numérisé non relu

SURNOMS DONNÉS AUX ENFANTS

d'obtenir le permis en question. €Ces genslà ne sont pas raisonnables, et devraient comprendre mieux les choses. »

Tout en discourant, le calme était venu

+ remplacer la mauvaise humeur de l'épouse, puis après une pause elle continua : Ce n'est pas tout, il y a aussi l’autre garçon qui me cause quelques appréhensions pour des raisons sem- | blabes.

« Tout jeune encore, à l'âge de deux ans et

i demi, il avait eu le malheur de tomber dans le | puits. (Son père accouru pour le sauver du danger de se noyer, le rapporta tout transis à la

maison et me le donna en disant: Tiens lton

matelot a failli se noyer: prends-en soin !

Matelot ! ce nom lui est resté et personne ne suppose qu'il eut jamais un autre nom. € bLorsqu'il fut en âge d'aller à l'école, la même

rm ve ere

maitresse refusa de l'inserire sous le nom de Matelot, et l'enrégistra sous le nom de Mike. € Matelot ! Mike! ne se ressemblent pas beaucoup, et j'aurai certainement des difficultés “: anologues au premier, car son nom véritable est Alfred.

| Quand nous quittâämes notre ami Jules, son épouse était tout-à-fait revenue de son emportement, et tout en retournant chez nous, nous

devisions encore, mais cette fois sur linconvénient qu'il peut y avoir de donner des surnoms aux enfants, et surtout sur la malheureuse manie qu'ont un grand nombre de nos compatriotes de changer ou de laisser changer leurs

honis.

En

Un parrain de malheur

Un parrain de malheur

C'était dns les grandes chaleurs de l'été,

J'avais justement deux semaines de congé devant moi, et je résolus d’en profiter pour aller passer quelques jours à Manchester. auprès d'un ancien ami d'enfance que Je n'avais pas revu Gepuis bien des années. Ce fut une joie bien douce pour nous deux, de nous retrouver ensemble après ne longue séparation.

Mon ami était heureux de me faire connaître sa femme, ses enfants, qu'il me nomma les uns apres les autres avec une orgucilleuse satisfactior

En revoyant cet ami, ‘outefois, je ne fus pas

lGügiemips sûbs remarquer un grand changement

qui s'était opéré en sa personne. Lui, que j'avais connu si gai, qui aimait tant à rire, était tout autre à présent. J’attribuai cela à ses nombreuses occupations, aux soucis de pourvoir aux soins de sa famille, car comme je l'ai dit, il était père de plusieurs enfants, tous encore trop jeunes pour pouvoir lui venir en aide.

Il avait bien, par-ci, par-là, quelques exelamations joyeuses et des velléités de rire, mais c'était pour retomber l'instant d’après dans un mutisme déconcertant.

A la fin, je crus pouvoir en badinant, lui faire une petite remarque, et lui dire qu’il avait beaucoup perdu de sa gaieté d'autrefois. Je croyais que notre longue amitié, de vieille date, m'autorisait jusqu'à un certain point à lui demander avec beaucoup d'égards les raisons qui avaient pu amener ce changement.

Je n'aurais pas aimé voir mon vieil ami dans le malheur.

— Je n'ai rien, commenca-t-il par me dire, si ce n’est que le travail journalier et assidu me rend las et fatigué. Le milieu où je travaille, aussi, a une certaine influence sur moi. Et, ajouta-t-il, le souci de l'avenir de mes enfants doit y être pour beaucoup, car je pense toujours revoir, un jour ou l’autre, la terre du Canada.

Et à propos de soucis de famille, reprit-il, après une pause que je ne voulais pas interrompre, J'ai à te conter une petite histoire qui pourra peut-être t’intéresser.

Mon ami commenca alors le récit suivant, dont je puis vous garantir l'authenticité, puisqu'il me fut donné de vérifier par moi-même les faits en dernier lieu. Mais laissons parler mon ami.

Depuis que j'ai quitt£ le Canada, dit-il. pour venir aux États-Unis, je suis toujours demeuré à Manchester. A l'époque du fait dont je veux t'entretenir, j'avais pour voisin de porte un Acadien, père de famille, qui avait nom Jean C. Dans les environs on l'appelait tout simplement le père Jean.

C'était un homme qui dépassait la soixantaine ; Bon vieux, grand et robuste pour son âge. Presque chaque soir, nous faisions la vellée ensemble, le père Jean était d’une Jovialité remarquable ; d'ordinaire, il aimait à rire. Souvent cependant j'avais remarqué sur sa figure une nuance de tristesse, un malaise passager, et cela surtout lorsqu'on venait à parler des petits enfants.

Les beaux jours du printemps étaient revenus reinplacer les jours sombres et froids de l'hiver.

Les rivières et les lacs étaient de nouveau débarrassés de leurs épaisses couches de glace. Les bourgeons partout verdissaient aux arbres. Dans ma maison aussi, on goûtait la joie du renouveau. Quoique déjà le père de six enfants, un septième n’était pas de trop.. C'était un garçon.

Le soir de cet heureux jour arrivé je n’eus rien de plus pressé que d'aller demander au père Jean de bien vouloir servir de parrain à l'enfant. Quoique parmi nous ce soit un honneur d'être demandé pour être parrain, le père Jean refusa, à ma grande surprise.

J'insistai tellement, toutefois, qu'à la fin, il ne put refuser plus longtemps, mais il me dit :

«J'accepte... mais ton enfant ne vivra pas au-delà de deux ans... car je suis un parrain

de malheur. Tous mes filleuls sont morts. Je t'avertis done ; pas de renroches de toi, plus tard. »

Tu sais, ajouta mon ami, que je suis incrédule à l'extrême sur cette question que l'on nomme superstition de nos vieux. Ce n'est pas cela qui me préoccupe le plus. Pourtant c’est singulier tout de même, je ne puis croire qu'il n'y ait quelque chose de mystérieux dans tout ce qui n'est arrivé.

Mon enfant est mort à treize mois. La mort d'un enfant, cela arrive communément dans les familles nombreuses. Pour d’autres cela aurait été un fait très ordinaire, pour moi ce fut un coup de foudre, vu que c’est le seul enfant que j'ai perdu, je ne puis m'empêcher d'y penser souvent. Dans le temps, je n'ai pas porté grande attention aux paroles quasi prophétiques du père Jean, mais depuis que la mort est venue poser son aile sur cet enfant que je chérissais entre tous ,je ne puis m'empécher d'y revenir.

A mesure que mon ami avançait dans son récit, l'air chagrin, la tristesse remarqués sur sa figure s’accentuaient davantage. Lestraitsdeson visage portaient l'empreinte de la vraie douleur, et disaient amplement combien la perte de cet enfant l'avait affecté.

Moi-même, en l'écoutant, je ne pouvais m'empécher d'éprouver cette sorte d'oppression que l’on ressent, quand un malheur passe près de nous.

- Eh ! lui dis-je, ne t'es-tu jamais informé auprès du père Jean de ce qui le faisait parler ainsi? Il devait y avoir une cause, puisqu'il avait une raison de refuser d’être parrain.

- Non, nr: répondit-il. Je n'avais pas porté

attention à ces paroles dans le temps, et à

l'époque de la mort de mon enfant, le père Jean, qui avait éprouvé différents malheurs avait quitté Manchester depuis longtemps. Il était parti sans nous dire où il allait.

— C'est bien dommage, car je sentais qu'il y avait là-dessous quelque traditinn, comme seuls nos vieux , us savaient nous en raconter, et

j'aurais bic mé rencontrer celui-là.

IT

Le lendemain, qui était un dimanche, levé de très bonne heure, je me promenais seul dans la rue, tout en exhalant dans l'air les bouffées d’une cigarette que j'avais allumée. Le temps était lourd et chaud. De gros nuages apparaissaient de temps à autre, et semblaient raréfier l'air que j'aurais tant aimé respirer. Depuis peu on avait construit une ligne de tramways qui reliait Manchester à S ....., petite ville voisine, distance de dix milles tout au plus.

Voilà bien le temps d'aller voir le village de S... me dis-je, et tout de suite je pensai à mon ami. Je rentrai à la maison, et j’eus bientôt fait de lui proposer le voyage, qu'il accepta avec empressement.

Après un déjeuner pris à lahâte,et l'audition d’une basse-messe, nous étions prêts à partir.

Je ne m’arrêterai pas à décrire le paysage que nous traversâmes. Le trajet se fit gaiement, soupçonnant bien peu la grande surprise qui nous attendait à S.... En effet, en descendant du tramway, le premier homme qui se présenta a nous fut Jean C....., l’ancien voisin de mon ami, à Manchester, le parrain de malheur enfin, celui que nous aurions tant aimé rencontrer.

Les premiers moments de surprise passés, et les formalités de politesse accomplies, le père Jean nous invita à no rendre chez lui, en sa demeure à quelques pas de là seulement. Il va sans dire que nous acceptâmes l'invitation avec empressement. Pour moi, je me promettais bien d’avoir le mot de l'énigme, sur les étranges paroles du pères Jean, racontées par mon vieil ami.

La réception à la maison fut des plus chaleureuses. On s'empressa autour de mon ami, qui dut répondre à une multitude de questions amicales sur sa santé celle de sa femme et de ses petits enfants. Quelques années s'étaient écoules depuis leur séparation.

Au bout d'un moment, la mère dit : «Combien avez-vous d'enfants? Quel âge aurait notre filleul ? »

Je me réjouissais déjà, car c'était justement là le sujet tant désiré que l’on abordait. A l'écart, observant ce qui se passait, je crus à cette demande voir une ombre passer sur la figure du vieux père Jean.

Mon ami répondit : La famille est bien mais elle a diminué d’un, ear le petit, votre filleul, est mort depuis bientôt trois ans.

Je m'en doutais, ou plutôt j'en étais sûr, dit le père Jean. C'était écrit et cela devait arriver ainsi, acheve-t-il d’un air tout à fait convaincu.

Alors, croyant le moment arrivé, je m'avancai vers le groupe, et faisant l’étonné, je m’adressai au père Jean:

- Alors, père, lui disje, qui peut vous faire parler ainsi?

C’est vrai, me répondit-il, vous ne savez pas que je porte malheur aux enfants quand je suis leur parrain.

— Eh, lui dis-je encore, mon ami n'est pas le seul qui ait éprouvé ce malheur, on voit cela tous les jours.

— Le parrain est pour quelque chose làdedans, me répondit-il encore d’un air contrarié. Ma mère, continua-t-il, en me mettant au courant de ce qui était arrivé à mon parrain,m'avait

pourtant bien averti de ne jamais accepter d'être parrain pour aucune considération, car, avait-elle ajouté, toustes filleuls mourront avant d'avoir atteint l'âge de deux ans.

J'étais jeune alors, je ne pouvais saisir toute la justesse de cette recommandation. Ce n’est qu'en vieillissant que j'ai fini par constater que ma mére avait dit vrai.

Puis S'adressant à mon ami: CJe vous avais dit de ne pas me choisir pour parrain,

Vous n'avez forcé, j'ai été faible, j'ai accepté et votre enfant est mort, »

En parlant ainsi, le pauvre vieux souffrait, car les Janies qu'il voulait retenir roulaient sur ses joues ridées, 6t nous disaient assez combien le père Jean était malheureux en pensant à tout cela.

— Etrange ! étrange ! tout de même murmura-t-il. Cinq fois j'ai été parrain, et cinq petites victimes innocentes dorment aujourd'hui dans le cimetière, Etrange ! ces cinq petites victimes sont mortes avant d’avoir atteint leur deuxième année,

Allons, allons, lui dit mon ami, il ne faut pas vous chagriner à ce point. Vous n'êtes pour riei dans tout cela. C'est Dieu qui

dirige tout, et c'est lui qui l’a voulu ainsi.

— Mais, Monsieur, hasardais-je de nouveau, quelle raison avait votre mère de vous parler ainsi, et pourquoi vos filleuls devaient-ils mourir avant deux ans, plutôt qu'après ?

— Jeune homme, me répondit-il, en me montrant des signes évidents d’impatience, jeune homme, c’est parce que mon parrain, dans un acte de désespoir, trancha le fil de ses jours, par la mort la plus violente et la plus honteuse, la pendaison, et parce que moi, alors je n'avais pas deux ans.

Il y avait tant de conviction dans ses paroles, et tant de chagrin pour la mort de son dernier filleul, que mon ami et moi ne savions que penser.

N'importe, je savais ce que je voulais savoir et après m'être entretenu encore quelques instants avec cet intéressant vieillard, je fis comprendre à mon ami que je voulais m'en retourner.

Après avoir pris congé du père Jean et de sa famille, nous primes le tramway pour revenir à Manchester. J'étais satisfait, ma journée n'ètait pas perdue.

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Une fête de Noël d’un vieux soldat

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Une fête de Noët d’un vicux soldat

I va de cela Vingt ans: Je hrétais rendu à un petit village blotti au fond des montagnes, entre les Etats du Vermont et du New-Hampshire. Le temps était très beau, et l'aspeet de ce petit hameau, en ce jour ensoleillé, vraiment ravissant, De chaque coté, les blanches maisonnettes semblaient s'appuyer sur les mottagnes aux cimes altières recouvertes de pins et de Sapins verts projetant leur ombrage mystérieux sur la rivière Connecticut qui, elle, Serpentänt, promenait paisiblement ses ondes claires tout près des rurales habitations, comme si elle eut voulu les eares GT,

Dans l'étroit vallon, site pittoresque et enchanteur, vivaient plusieurs familles eana-

diennes-françaises, entre autres celle d'un de mes frères. Or, voici la raison de ma présence dans ce village :

Mon frère nous avant écrit qu'il avais déeidé de <e rendre, avee sa famille, au Manitoba, «ur une terre nouvelle, rejoindre des parents de sa femme, je résolus de faire une visite d'adieu à ce frère qui s'en allait bien loin, pour ne plus jamais nous revenir peut-être. J'arrivai chez lui le 23ième jour de Décembre, avec l'intention de passer une huitaine de jours au milieu de sa famille. Durant mon court séjour en cet endroit charmant, il me fut donné d'assister à plusieurs événements imprévus.

Le lendemain de mon arrivée, veille de Noël, je fus témoin d'une petite scène des plus attendrissantes, résultat d'une vieille coutume que, à chaque veille de Noël, les gens du village avaient bien garde d'oublier.

La veille de la Fête, done, vers les cinq heures de l'après-midi, les généreux et charitables villageois décoraient des couleurs nationales Jeur plus belle voiture et s'en allaient quérir 1n pauvre désigné d'avance dans le village.

A la voiture s'attelaient bravement des jeunes ons assistés de jeunes filles toutes enrubannées.

Cet attelage d'un nouveau genre allait de

maison en maison, de porte en porte, dernandant contribution où Christmas pour le pauvre infortuné,

Les exelamations joveuses des jeunes gens, les rires argentins des jeunes filles, l'empressement des gens à goûter le bonheur d'un pauvre à soulager, tout cela ne manquait jamais d'impressionner et d’exciter d'attendrissantes émotions.

Ce jour-là, le temps était rovissant, et la terre, couverte d'une légère couche de neige semblable à un riche tapis de soie blanche :

une fraîche brise caressait de ses baisers 02 figures épancuies comme des roses,

À l'ouest, le ciel se dornit des ravons du soleil couchant; la nature entière <ouriait en quelque sorte à l'allégresse générale dans cette rivalité d'efforts d'un chacun pour rendre heureux, en l'honneur du grand jour de Noël, un des leurs, moins favorisé sous le rapport de la fortune.

Le sort avait désigné, cette année-là, un vieux Canadien du nom de Guillaume Laporte, (William Leeport) comme on disait en anglais. Ce vieux Canadien voisin de mon frère. était un ancien soldat de la guerre de Sécession,

Si le joyeux cortège avait été bien reçu et

exauee partout, iiCaiiitiOitis jt pProCces.ioti avoit

mis relativement peu de temps à faire sa tournée, vu que les maisons à visiter étaient peu nombreuses ; mais sur SON passage, un grand nombre de personnes étaient venues grossir ses Tangs : et le vieux Canadien fut escorté triomphalement jusqu'à sa maison.

Après souper, mon frère et moi fimes une visite au Canadien. Nous le trouvämes dans dans un état voisin du bonheur parfait.

IL nous raconta les délicieuses sensations éprouvées durant st tournée triomphale, son bonheur de se savoir si considéré par tous ces vens, dont un grand nombre d'amérieains étrangers à sa race. Puis, il nous fit part d'une idée qui Pavait passablement obsédé durant la journée.

La veille la nouvelle s'était répandue dans la localité qu'un missionnaire eanadien-françuis était rendu dans le village voisin, pour célébrer la messe de Noël, au milieu des catholiques de l'endroit. aussi bien que pour tous ceux qui, des petites places environnantes, pourraient et voudraient sv rendre.

A cette nouvelle, tout un monde de souvenirs S'était reveilé dans Fesprit du vieux Canadien. La nostalgie du pays quitté depuis quarante-

cinq ans, le souvenir de parents aimés, d'amis

sincères ; les bords enchanteurs du fleuve St- Laurent où il avait passé sa jeunesse ; le son de l’angelus du clocher de sa paroisse natale ; tout cela lui était revenu à la mémoire,

CAh! s'écria-t-il, c'est bien beau, bien consolant, sans doute, l'estime et la considération dont j'ai été l'objet, cet après-midi, mais, voyez-vous, pour compléter mon bonheur, il faudrait absolument qu'un Canadien charitable se chargeñt de me conduire à cette messe de Noël, la première et peut-être aussi la dernière, hélas ! qu'il me sera donné d’ente ndre depuis mon départ du Canada. »

Répondant aussitôt à ce désir exprimé avec tant d'ardeur, nous recommendämes au vieillard de se tenir prêt, le lendemain, de grand matin, que nous ferions tout en notre pouvoir pour exaucer ses vœux ardents.

Un bonheur immense inonda le cœur de ce vieux brave, à la pensée, à la promesse que nous nous occuperions de le mener au vill: age voisin, afin qu'il put, encore une fois, éprouver les douces et pures émotions ressenties dans son jeune âge.

Le lendemain, à cinq heures du matin nous arrivions chez le vieux Canadien qui nous attendait en <avourant le plaisir d'un renou-

veau qui devait lui rappeler la Noël du Canada.

Nous nou< mîmes aussitôt en route, ignorant à quelle heure devait avoir lieu la cérémonie. N'ayant que six milles à parcourir, nous fîimes le trajet en très peu de temps. Le Canadien tout à sa Joie, à son bonheur avait gardé un religieux silence.

Arrivés au village, nous apprîimes que la messe serait dite à 7 heures, à la résidence d'un riche Canadien de la localité, dont la demeure devait, en cette occasion servir de chapelle où descendrait, à la parole du prêtre, l'Enfant Dieu.

Nous nous hâtâmes de nous rendre à l'endroit désigné, où nous trouvâmes un grand nombre de personnes assiégeant le confessional improvisé pour la circonstance ; tous se préparaient à recevoir dans leur cœur le Dieu Noël ineffable et tout puissant.

Un autel temporaire avait été dressé dans la grande salle. Les confessions finies, la messe commença.

Tous les visages ravonnaient de bonheur, car chacun appréciait comme il convient, la grande grâce accordée en ce jour de joie, grâce dont la plupart avaient été privés depuis piusieurs années.

mantosstmttie.

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