‹ René Roger: La Colombie économique. Avec un extrait du code minier colombienChapitre 112 sur 196 · Boleiin de Eatadisiiea, etc., 1912, op. cit · texte numérisé non relu

Boleiin de Eatadisiiea, etc., 1912, op. cit

PRODUITS DU SOL 24f

recherchées. La Colombie» si iious nous en rapportons à Reclus, aurait été et serait encore» dans les rares districts habités par les Indiens sauvages» le pays le plus riche du monde en orchidées. Mais» écrivait en 1893 le célèbre géographe» les chasseurs botanistes qui parcourent méthodiquement le pays» pour le compte des jardiniers et des marchands princes de la Grande-Bretagne» de l'Europe continentale et des États-Unis» ont dévasté la contrée, au point de rendre introuvables quelques espèces de fleurs» et précisément les plus somptueuses. Un de ces chasseurs d'orchidées» qui a pourtant Taudace de récriminer contre la destruction systématique accomplie par ses rivaux» raconte avec orgueil comment» pendant une campagne de deux mois» il fit abattre quatre mille arbres» pour recueillir environ dix mille odontoglossum^ changeant de campement

dans la forêt» à mesure qu'il en avait enlevé la parure florale pour l'entasser dans ses caisses ^ Autour des endroits jadis réputés comme les plus riches» ajoute Reclus» il faut maintenant voyager pendant des journées avant de trouver quelque échantillon d'une plante malvenue, dédaignée par les chasseurs indiens aux gages des horticulteurs anglais.

Nous avons vu que le gouvernement colombien avait pris des mesures énergiques pour empêcher la continuation de cet état de choses lamentable et il faut

5. Albert Millican, TraveU and adventures of an Orchid Hunier»

espérer que cette source de richesses ne tarira pas pour la Colombie. L'exploitation des orchidées vaut celle des mines d'or, et elle présente l'avantage d'être plus facile et de ne demander ni machines ni capitaux. M. Loraine Petre* rapporte qu'une variété Xodontoglossum crispum a atteint récemment, à Londres, le prix de £ 1.1501 On voit donc quel fabuleux revenu la Colombie peut tirer de ses forêts *.

Dans la zone chaude comme dans la zone tempérée et même dans la zone froide, on rencontre une variété inûnié de palmiers, qui ne sont pas seulement d'une beauté remarquable, mais sont aussi de la plus grande utilité. Sans passer en revue toutes les différentes essences, nous nous bornerons à citer celles qui présentent un intérêt économique.

En première ligne vient le palmier à cire {ceroxylon andicola) de la Cordillère centrale. On le rencontre dans les Andes de Quind/o jusqu'à plus de 3.000 mètres, à près de 2.000 mètres plus haut que la plupart des autres palmiers, et seulement à 800 mètres au-dessous de la limite des neiges persistantes. La zone où cette essence est commune n'embrasse guère que la haute région comprise entre le Herveo et le Quindfo, dans la Cordillère centrale. Tel ceroxylon a 60 mètres de lon^» gueur, aussi droit et élégant qu'un jonc. Chaque fût, semblable à une colonne d'ivoire, peut fournir de

Page 1