Reclus, Géographie, op, cit
seulement et d'autre part jusqu'à 3.500 mètres. Cependant elles sont la caractéristique de la zone tempérée. Les planches formées avec les troncs de ces fougères sont très résistantes, et on les emploie, dans certaines régions de Colombie, notamment à Fusagasugd pour planchéier les routes par trop boueuses où l'on risquerait de s'enliser.
Bambou. Le bambou {bambusa gradua) qui, comme on le sait, sert à une foule d'usages et est si recherché à cause de sa légèreté qui n'exclut pas la solidité, n'est pas, comme on le croit souvent, une plante essentiellement tropicale. Sa véritable zone est entre 1.000 et 1.800 mètres, bien qu'on le rencontre parfois à des altitudes de plus de 4.000 mètres.
Zone froide. Elle commence à 2.600 mètres S et sa température moyenne ne dépasse pas 15 degrés. Les principales villes de cette zone sont : Bogota^ capitale delà République, altitude 2.640 mètres, température moyenne, 15 degrés ; Tunja^ capitale du département de Boyaca, altitude 2.793 mètres, température moyenne 13''2 ; Santa Rosa de Viterbo, dans le même département, altitude 2.591 mètres*, température moyenne 14*^6 ; Zipaquirdy département de Cundinamarca, altitude 2.650 mètres, température moyenne 14''5 ; Facata-
1. Diaz Lcmos (op. cit.) la fait commencer à 3.000 mètres; nous ne croyons pas cette opinton exacte.
2. Bien que n'atteignant pas tout à fait 2.600 mètres, Santa Rosa doit être classée dans la zone froide. Cette délimitation n'a d'ailleurs rien de rigoureux.
tîva, 2.600 mètres, température 13H ; Choconta, 2.660 mètres, température li""; ces deux villes dans le Gundinamarca ; Pasto, capitale du département de Nariiio, 2.638 mètres, température 14*7, etc.
On peut dire d'une façon générale que les cultures de la zone froide colombienne sont les mêmes que celles d'une partie de la France et de l'Europe centrale. On y cultive le mais comme dans la zone tempérée, et comme dans cette zone, on rencontre le quinquina (jusqu'à 3.000 mètres seulement) et le palmier à cire (jusqu'à 3.300 mètres), mais ce qui caractérise la zone froide, c'est l'abondance des légumes (pommes de terre, asperges, lentilles, laitues, fèves, panais, persil, pois chiches, oignons, etc.) ; des céréales (blé, seigle, avoine, orge, riz, maïs), des prairies (luzerne, trèfle, etc.) ; des fleurs (rose, dahlia, lilas, camélia, violette, géranium, etc.) et des fruits qui mûrissent sans avoir besoin de culture (pommes, prunes, poires, etc.). Les forêts donnent des essences de la plus grande utilité, comme le noyer et le pin. Suivant Caldas, les limites des terrains boisés en Colombie sont à 3.365 mètres et celles de la végétation à 4.328 mètres.
On a une idée de la variété de récoltes que l'on peut faire dans la zone froide, en parcourant le plateau de Tuquerres. Ce plateau, situé à 3.100 mètres, renferme une infinité de cultures ; on peut dire qu'il est cultivé pouce par pouce et le terrain paraît indéfini. Au delà du rio Sapuyes, c'est la même profusion de
terres ensemencées, et quand la vue s'égare à travers la province de Obando^ Timagination perd la notion du nombre d'Indiens agriculteurs qui, à raison de 2.000 par lieue carrée, doivent occuper cette vaste plaine ^
Cette fécondité des plateaux de la zone froide colombienne est connue depuis longtemps. Déjà en 1823, Mollien* écrivait à propos de la plaine de Bogota : € ... Les céréales viennent avec une rare abondance : toutes les campagnes sont couvertes d'orge, de froment, d'avoine et de pâturages excellents. Spectacle merveilleux, que celui de campagnes aussi riches que la Beauce, à une hauteur où en Europe on ne trouve que des neiges et où l'homme a peine à vivre !
... Il faut convenir que le plateau de Bogotd surpasse par son élévation, son étendue et sa fécondité prodigieuse, ce que l'esprit de l'homme peut imaginer de plus beau... »
Pour faciliter l'introduction de nouvelles espèces, et inciter davantage à la culture, le gouvernement colombien a fort intelligemment décrété que les plantes et graines importées par les passagers jusqu'à 3 kilos, ne seraient pas réputées comprises dans le poids des bagages et seraient admises en franchise^.
Nous n'allons pas étudier successivement chaque espèce de céréales, puisqu'elles poussent toutes dans les