‹ Renoir et ses amisChapitre 61 sur 63 · PORTRAIT DE RENOIR · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE RENOIR

mier coup. Au cours de leur conversation, M. Paul Léon émit l'idée d'organiser, pour le printemps 1920, une exposition des principales œuvres de Renoir, celles que le peintre choisirait lui-même. Ce projet parut d'abord séduire Renoir. Mais quelques jours plus tard, il m'écrivit pour me faire part des inconvénients qu'il voyait à faire cette exposition, qui pourrait être interprétée comme un désir de se mettre en vedette, ce qui lui avait toujours répugné. Il redoutait aussi que la réunion de tant de toiles du même artiste ne constituât un spectacle monotone et décevant ; il se rappelait certaines expositions rétrospectives de peintres célèbres qui lui avaient donné cette impression. Lors de notre visite, il n'avait pas eu le loisir de songer à cette objection, dont M. Paul Léon eût probablement triomphé.

J'éprouvais une grande tristesse en quittant Essoyes, car je savais que je ne pourrais pas aller à Gagnes pendant l'hiver et je trouvais Renoir bien affaibli.

Je ne devais plus le revoir. La crise qu'il redoutait survint au mois de décembre, elle l'emporta en peu de jours.

Sa dernière pensée a été pour la peinture : ce Je fais encore des progrès », murmura-t-il peu d'instants avant de mourir, songeant sans doute à la toile qu'il laissait inachevée.

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