C -lîfy J
lettre r.
Mon s leur y
C^ette lettre sera fort décousue, mais tous ses: lambeaux tendront au but que je me suis proposé, celui de vous instruire du prix des terres et des denrées dans différentes parties de ce pays.
De Philadelphie à New "York, le pays et le chemin ont été si souvent décrits , que je ne puis rien ajouter à ce qu’on en a dit avant moi. Quand je fis ce voyage , la neige permettait l’usage des traîneaux, qui estaussi sûr qu’agréable. Je ne puis guères vanter l’élégance , ni la commodité des voitures publiques , ni de celles que l’on peut louer en Amérique. En général, elles sont sans goût et sans propreté.
Dans le New-Jersey , un bien du feu lord Stirling a été mis en vente à raison de io 1. l’acre j et je vois que c’est en général le prix de tout terréin cultivé, et situé passablement dans toute l’étendue de cet état. Les terres in* cultes y sont rares. On voyage entre Philadeb phie et New-York à un tiers meilleur marché que de Londres aux grandes villes d’Angleterre * tant pour le prix des voitures > que pour celui des auberges.
A New-York, dans la maison appelée Ton»
fine ■ coffee - house , il en coûte 8 dollars par semaine , pour la pension et le logement, sans vin. On y est beaucoup mieux nourri qu’on ne le seroit, pour le même prix, dans aucun endroit de l'Angleterre. Je crois que tout ce qui tient aux auberges est d’un tiers meilleur marché à New-York , que dans vos grandes villes de commerce. Dans les maisons particulières, on peut être logé et nourri à raison de y et de 7 dollars par semaine.
J e n’ai point de renseignemens sur le prix des terres, ect. au sud d’Aibany. A Albany; le logement et la nourriture, en maison bourgeoise , coûtent un demi-dollar par jour. Le beurre 15 d. la livre. Le bœuf 5 d. Le fromage 9 d. Le porc y d. Ces prix , et ceux que je vais mentionner, ne sont ni en argent sterling, ni en argent courant de Pensylvanie , mais en argent courant de New-York, qui compte le dollar à 8 sh. : ainsi un shelling de cet argent vaut
d. sterling. J’aurois bien réduit tous ces prix en argent sterling : mais il est bon que vous vous accoutumiez , à un certain point , aux cal* culs américains. Un dollar vaut 4 sh. 6 d. sterling, et 7 sh. 6 d. argent courant de Pensylvanie. Un bien de yoo acres, à deux milles d’Albany -,etâ quatre de Troye, partie en bois*
fut vendu, en novembre 1793 , 3300 I. ( souvenez-vous que c’est argent courant ). Pour une ferme de 60 acres, à 7 milles environ d’Albany, le fermier payoit 2j skipples , ou 18 boisseaux et 3 quarts de froment , en rente annuelle. Un propriétaire demandoit 2000 J,, d’une ferme peu éloignée de la précédente ( à 7 ou 8 milles d’Aîbany ), consistant en 10Q acres de très-bonne terre défrichée depuis Iongtems^ et cent acres de terre non encore éclaircie « avec une bonne maison de briques, et une grange commode.
Dans ces environs, et à Skenectady (lieu habité principalement par des hotlandois), le boeuf coûte 3 d. , le fromage 9 d., le beurre iy d., les pommes 2 sh. 6 d., et le froment 8 sh* le boisseau.
Environ à 10 milles au-dessus de Skene'ctady , en remontant la rivière de.Mohawk , le bœuf 24 sh. le quintal ; le porc 6 d. la livre ; les dindes 2 sh. 6 d. ; les oies 2 sh. 6 d. ; la volaille 15 d. *, le beurre 1 sh. ; le sel 14 sh. le boisseau ; le fromage 9 d. la livre j le fron ent 7 sh. le boisseau ; le bois 6 sh. la cordt Gages d’un journalier , 2 sh. 6 d. à 3 sh. en été, et 1 sh. à 2 $h. en hyver; d’un charpentier 2 sh. 6 d., d’un maçon 3 sh., et la nourriture*
Les canaux destinés à conduire de Skenec* tady à Albany * celui qui doit éviter les cataractes de la rivière du nord, et communiquer d’Aîbany à Saratoga., et celui qui doit éviter les petites chutes de la rivière de Mohawk, sont tous en train de s’effectuer. Aux plaines allemandes ( germait flats ) , la terre se vend de 5315 liv. l’acre. Plus haut, vers la rivière Noire, le terrein, quoique bon , ne se vend pas plus d’un dollar. Près de Hartford , dans le Connecticut, l’acre vaut de îo à 1 j 1.
On a mis en vente à Londres , en juin 175)4. , a raison de 9 shellings ( sterling ) l’acre , des terres situées sur une des branches de la Delàware, dans i’état de New-York.
On offrit en même tems à Londres à 8 sh. (sterling) l’acre, des terres situées près des criques de Mishoppen et de Tuscorora, en Pensylvanie, à 8 milles environ de la branche orientale du Susquehannah. Elles appartenoient à la meme personne que les précédentes.
Dans le même tems, et au même endroit', on voulut vendre deux dollars l’acre des terres situées près du Loyalsock , entre la brandie orientale et la branche occidentale du Susquehannah. Le même prix fut demandé pour des
terres situées dans le pays de la Luzerne , sut le Lehawannock.
J’ai observé, dans une autre lettre, que les colons sont plus accoutumés dans l’état deNew- York, que dans la Pensylvanie, à employer les cendres de leurs bois à faire de la potasse , et à diminuer par-là les frais de défrichement. En juillet 1793 , les cendres des foyers se vendoient 1 sh. le boisseau, et les cendres des champs 10 d. ; il en coûte 4 1. par tonneau pour en faire de la potasse* y 00 boisseaux de cendres de foyer, et 700 de cendres de champs, sont estimés donner un tonneau de potasse , qui vaut à New-York 48 1. ou 129 dollars. Mais jè ne crois pas que cette quantité de cendres suffise pour le produit en question.
Ces faits détachés que je viens de rapprocher , d’après les rapports de quelques-uns de mes amis, vous mettront en état de juger, en quelque manière, delà province de New-York. Vous observerez que les vivres y sont un peu moins chers qu’en Pensylvanie ; ce seroit un avantage pour celui qui y viendroit pour dépenser des revenus , mais un désavantage pour les cultivateurs.
Il y a autant, et peut-être plus de hoîîandois et d’allemands ici, qu'en Pensylvanie. Dans
If 17° >
l’état de New-York, on recueille une grand® quanti té de graines de lin , dont onexporte tous les ans plusieurs milliers de boisseaux pour 1 Irlande. D’après cela, il est surprenant que l’or» importe du lin en Amérique. La graine de lin préparée se vend , à New- Y ork , environ un dollar le boisseau. Le fret de-la en Irlande coûte de 14 a i> sh. sterling , par barril de 7 boisseaux. Un vaisseau de 300 tonneaux prend mille de ces boisseaux.
Je vous envoie des tables des monnoies de l’Amérique, et des droits sur les marchandises importées -, un prix courant à comparer avec le vôtre ; et ces pièces , jointes à la constitution du congrès américain , satisferont à-peu-prèsà tous les renseignemens que je crois pouvoir vous être nécessaires.
Je suis, etc.