TUBERCULOSE
Au Maroc, la morbidité par tuberculose, relativement aux autres maladies, est de :
2,37 % à Fez 1,41 % à Petitjean0,90 % à Marrakech
2,32 % à Salé 0,70 % à Melmès 1.54 % à Safi.
0,52 % à Ivénitra 1,02 % à Mazagan
1,07 % à Arbaoua0,24 % à Boujad etc....
Les villes les moins européanisées, les plus musulmanes, sont les plus atteintes, et voici, dans les deux villes de Fez et de Salé, les rapports qui existent entre les diverses localisations de la tuberculose :
Fez
Salé
Pulmonaires
Gangl'onnaires
Viscérales
Osseuses
couloirs sombres, voici le patio couvert, haut de deux étages, des balcons de cèdre ajouré, la vasque de mosaïque où bruit l’eau courante et trouble.
Dans cette pièce centrale, le patio, où le soleil n’a jamais pénétré, se succèdent, depuis des siècles, les générations de « fasis » ; des recoins sombres, sans autre jour que celui du patio, figurent les chambres de la famille. On y naît, on y vit, on y meurt ; les chats, les poules sont mélangés aux enfants pâles et bouffis; les femmes y allaitent, font la cuisine, se penchent sur les métiers de broderie. Seule, l’aïeule sort parfois en ville. Comment s’étonner que la tuberculose règne dans ce milieu sans circulation d’air, sans lumière, humide et sans hygiène !
Une autre cause de la contagion dans le milieu marocain vient de l’élément nègre. La race noire est très sensible à la tuberculose. Depuis le Protectorat, l’esclavage a été supprimé, mais les esclaves sont restés chez leurs maîtres, qui les traitent avec bonté; ils font partie de la famille, les négresses comptent dans les harems, elles servent de nourrices. Chez ces Noires sédentaires, la tuberculose a
pris un caractère plus chronique et n’en est que plus contagieuse.
Pour pratiquer l’isolement des tuberculeux, notre Protectorat n’a pas encore l’outillage nécessaire. A Azrou, région des cèdres, huit cents mètres d’altitude, un sanatorium est projeté; la somme demandée pour le transport des matériaux, pour la construction se monte si haut qu’on y a momentanément renoncé.
Une autre raison rend l’hospitalisation des tuberculeux difficultueuse. C’est que l’indigène y est réfractaire, surtout si elle est durable.
Aussi, doit-on, au Maroc, songer d’abord à ’a prophylaxie, à la prospection de la tuberculose.
Les consultations se donnent chaque matin. Les premiers mois, la clientèle restait rare, mais peu à peu les indigènes, les israélites du mellah se font plus nombreux, ainsi qu’en témoigne la statistique de six mois. Les infirmières visiteuses, venues un an avant la fondation du dispensaire, parlent arabe ; ellees sont connues dans Fez et appelées dans les maisons, chez les femmes et les enfants. Ce personnel féminin a un rôle des plus délicats, devant agir avec discrétion, sans s’imposer, sans heurter d’emblée les préjugés. Déployant le plus grand tact, ces visiteuses amènent les malades au dispensaire en les persuadant qu’ils y viennent d’eux-mêmes.