COLONIES DE VACANCES
A l’intérieur du Maroc, dans le bled, dans les villes, l’été est torride; à certaines périodes, le sirocco désséchant soulève des flots de poussière ; les enfants délicats s’anémient ; les yeux se creusent, le teint devient terreux. Aussi, en 1918, l’expérience de Colonies de Vacances au bord de la mer a-t-elle semblé utile. Les plages de sable choisies à Mazagan, à Fédalah, à Salé offrent toute I sécurité, la température estivale y est délicieuse, et c’est là que les escouades de nos enfants sont dirigées.
Organisation. — Les Colonies sont gratuites, destinées aux enfants du bled dont les parents ne peuvent payer un voyage onéreux. Les Municipalités désignent les enfants que les médecins visitent, choisissant les anémiés, impaludés. On admet les garçons de 4 à 12 ans, les filles de 4 à 13 ans.
Chaque enfant arrive avec sa fiche et ses vêtements; si la famille est pauvre, si le ballot semble trop réduit, l’Œuvre le complète.
L’Enseignement assume la surveillance de la Colonie; des maîtres et des maîtresses, venus de l’intérieur, accompagnent les enfants, profitant également de ce séjour à la mer. Les cuisinières, les femmes de service sont celles des écoles et lycées en vacances. Le transport se fait par chemin de fer ou par camions automobiles.
Les enfants, selon la région qui les envoie, sont partagés entre Fédalah et Mazagan.
Les années suivantes, leur nombre monte à plus de soixante dans chaque centre ; c’est donc 120 à 140 enfants (plus de deux cents enfants cette année) qui, chaque année, quittent le souffle brûlant du bled pour se régénérer au vent de l'Océan. Un médecin donne bénévolement ses soins, s’il y a lieu, et pèse ces'enfants à l’arrivée et au départ; le poids, noté sur une fiche, esb apporté aux parents, dont la joie est grande en constatant ce poids gagné (généralement de 500 à 1.500 grammes) et ces mines de santé.
Tandis que les petits pataugent dans l’eau, les grands prennent, chaque jour, un bain de mer; ils apprennent à nager, font de la gymnastique, et sont soumis à un léger travail intellectuel avant la sortie du soir.
Ce séjour à la mer dure six semaines environ.
Subsides. — L’argent des Colonies de Vacances provient uniquement de collectes, de dons, de fêtes de bienfaisance, de subventions fournis par les municipalités qui envoient des enfants. Les Caïds donnent généreusement moutons, œufs, couscous.
A Fédalah, la Direction du Port s’occupe généreusement de toute 1 installation des dortoirs, réfectoire, cuisine ; elle fournit le charbon. A Mazagan, les enfants sont logés dans les écoles.
En 1918, le prix de revient de chaque enfant a été de 200 fr. pour six semaines : en 1919, de 114 fr. 05 pour un mois; en 1920, de 208 fr. 50 pour six semaines.
Donc, pour 160 enfants, c’est une somme de