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LA PALMERAIE D'EL MZEREB

(Phot. Cabanis).

pourvue d’eau courante, nous obligeait à y écourter notre séjour.

D’un commun accord, les chefs de détachement décidaient de marcher sur Aioun Abd el Malek.

Ce point d'eau permanent, sur lequel nous ne possédions que des renseignements incertains et contradictoires, est le centre d’activité des nomades dissidents. Son exploration simultanée par les méharistes algériens et mauritaniens ne pouvait manquer d'avoir un grand retentissement dans les campements Lgouassem.

Le 26, dans la nuit, nous levions le camp, quelques heures avant les Algériens. Le 28, nous atteignions les oglats d’Abd El Malek, à la pointe sud de l’Iguidi.

Notre goum d’avant-garde, qui nous précédait de 21 heures, avait surpris au creux des dunes) deux troupeaux de chameaux; l’un fut capturé sans coup férir (24 chamelles et chamelons ; l'autre, poussé par trois Regueibat s’était enfui poursuivi par nos goumiers. Le brigadier Mohamed O. Moktaieur ralliait le campement le soir du 28, ramenant tous les chameaux de ce deuxième troupeau (26 chamelles et chamelons) ; mais les trois nomades avaient réussi à s’enfuir. Les animaux capturés appartenaient tous aux Mechdouf et aux Chorfa du Ilodh. Ils provenaient du dernier razzi qui avait opéré dans celte région et qui avait renvoyé ses prises vers l’arrière, avant de continuer sa marche sur l’Adrar des Iforas. Ils portaient la marque fraîche des pillards Lerabichs et Regueibat qui avaient déjà procédé au partage.

Le brigadier chef et cinq gardes, guidés par Nocha, étaient envoyés aussitôt sur les traces d’un troisième troupeau qui, alerté la veille, avait sur eux quelques heures d’avance. Ils avaient pour mission d’arrêter leur poursuite en temps utile pour rallier le camp le lendemain soir au plus tard. Au départ, ils n’avaient pas reparu.

Le 30 décembre, nous quittions nos camarades algériens, prenant la route du Sud, avec le capitaine Augiéras, chargé de mission.

Les guides (Nocha étant absent) paraissant hésiter à emprunter ce nouvel itinéraire qu’ils connaissaient mal, nous décidions de marcher à la boussole sur Aguelt El Malha, dont la position astronomique avait été fixée à l’aller et qui se trouvait exactement à 235 kil. d’Aioun Abd cl Malek. Un point astronomique déterminé en cours de route à hauteur d’Aguelt Nebke, nous permettait de rectifier très légèrement notre azimut, elle cinquième jour le détachement conduit par le lieutenant Thoine atteignait le puits d’Aguelt El Malha (cependant assez difficile à découvrir en venant du Nord), à l’heure prévue et avec une rectitude de marche absolue. Cette démonstration parut étonner les guides Regueibat.

Notre itinéraire, il est vrai, ne rencontrait aucun obstacle. Il traversait la région du Karet, dont le nom (feuille de papier) donne une idée très exacte de sa nudité, de son aridité et de son parcours facile.

Il nous a paru intéressant de rejoindre l’Adrar

par le Nord de la Maqteir, explorant le Rhat et ses abords immédiats, dont les points d’eau temporaires sont utilisés après les pluies, jusqu’à

AlOUN ABD EL MALI K

De gauche à droite : l’interprète sénégalais, un méhariste algérien, deux guides Regueibat.

(Phot. Cabatis).

la dernière goutte, par les campements Regueibat. Les renseignements du guide nous permettaient de supposer que nous trouverions de l’eau àOummouchyaf et à Meleizem , mais les dispositions étaient prises pour que les 400 kilomètres qui séparent Aguelt el Malha d’Aouchich puissent être effectués avec notre seule réserve d’eau, sans rationnement excessif. Les chameaux, il est vrai, n’avaient pas bu depuis Aioun Abd el Malek, mais ils n'avaient pas encore donné le moindre signe de fatigue.

Le détachement quittait Aguelt El Malha le 5 janvier. Les 6, 7, 8, et 9 janvier, nous longions les avancées de la Maqteir, laissant au Nord le Rhat, jalonné par les points d’eau temporaires d’Aguelt Abd el Jebar, Tiselkhaten, Aguelt Lebouarin, Roubatha. Chinchana. Le 10 janvier, nous étions dans la région d'Oum Mouchyaf. Après d’inutiles tentatives pour trouver le puits, mal connu des guides, nous reprenions notre routé sur Meleizem, que nous atteignions le H janvier. Là, nouvelle déception ; les oglats où trois mois auparavant buvaient encore les troupeaux de l’un de nos guides étaient presque à sec.

Le 13 janvier, enfin, nous atteignions l’Adrar à Aouchicii. Le 16 janvier, nous avions rallié la zériba du peloton duTrarza à Chreirik.

A Meleizem, nous avions rencontré les campements du chef Lgouassem, Reliai O. Abdallah, qui avait quitté le IJank à notre approche et qui, inexactement renseigné sur notre marche, était venu se réfugier dans cette région où il se croyait en sécurité. Notre arrivée sur ses traces prenait l’apparence d’une poursuite. Hors d’état de fuir : il venait offrir sa soumission.

Notre but n’était pas de faire la guerre aux campements Lgouassem, que nous cherchons au

BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE

contraire à apprivoiser. 11 nous suffisait de leur indiquer qu’ils sont vulnérables. Bellal 0. Abdallah possède une grande influence chez les Regueibat. Au cours de ces dernières années il s’est tenu à l’écart, sans qu’il y ait eu à lui reprocher aucun acte d’hostilité caractérisée. Nous avons accepté provisoirement sa soumission, l’invitant à venir à Atar en discuter les conditions.

Bellal nous confirmait que les Àhel Meyara, désireux de se rapprocher d'O. Khabil , étaient dans la Maqteir. A Akreijit, Omar 0. Meyara, frère aîné d'Elyv se présentait à nous. Il portait au vieux chef 0. Moussa une chamelle de « debiha ». 11 affirmait que son frère Ely nous attendait à Ballaouia et qu’il viendrait à Atar dès qu’il connaîtrait notre retour.

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