‹ Renseignements coloniaux et documents (volume 2)Chapitre 134 sur 149 · III. — MARCHE UU DÉTACHEMENT · texte numérisé non relu

III. — MARCHE UU DÉTACHEMENT

Le 20 novembre, un télégramme du Gouverneur général nous faisait connaître que les méharistes algériens manquaient de guide à partir d’El Kseib et nous priait de tenter d’envoyer un chouf pour les conduire au point de jonction désigné.

Cette importante mission fut confiée au brigadier-chef du 2B P. M. auquel furent adjoints 4 gardes et le meilleur de nos guides : Nocha.

La patrouille quitta Rallaouia le 3 décembre. Elle était le 21 décembre à El Kseib. Cependant le détachement algérien arrivait à Ichig, point d’eau situé- à 12 kilomètres plus au Nord, qu’il avait confondu avec El Kseib. Une patrouille algérienne recoupa heureusement les traces de notre goum et la jonedion s’effectua sans autre incident.

Le détachement de Mauritanie comprenait :

Chef de bataillon Lauzanrte, commandant le détachement.

Lieutenant Thoine, du 2U P. M.

Adjudant-chef Cabanis, du 2° P. M.

Sergent Pierson, du 2° P. M.

3G tirailleurs, du 2" P. M., dont 2 sergents in-, digèness

26' gardes, du 2e P. M.

30 auxiliaires.

Le 29 novembre, quelques heures avant le départ de la zériba de Bou Gucrba, nous parvenait par T. S. F. l’ordre du général commandant supérieur de renforcer le détachement de reconnaissance en cadres E. et 1. en tirailleurs et en mitrailleuses. (Tel. n" 137- T GM.)

Une modification aussi importante- ne pouvait être apportée à la composition de notre détache-

BULLETIN BU COMITE BE L’AERIQUE FRANÇAISE

ment dans un délai aussi court. Cependant pour nous conformer, dans la mesure du possible, aux ordres reçus, le sergent Badaut, du P. M. du

l’abreuvoir a bir zegrat

(Pliot. Cabanis).

Trar/a était désigné au dernier moment pour prendre part à la reconnaissance.

Le détachement quittait Bou Guerba, emplacement de la zériba du 2e P.M., le 29 novembre. La marche sur Rallaouia, par petites étapes, devait constituer un excellent entraînement pour le personnel et les animaux.

Rallaouiaîjétait la base prévue de notre départ. Nous le quittons le 3 décembre au soir, avec notre plein d’eau et 40 jours de vivres.

La traversée de la Maqteir, jusqu’à Bir Zregat fut aisée; mais en ce point, le plus morne et le plus désolé de tout le parcours, la surprise désagréable nous attendait de trouver un puits dont le débit, réduit à 130 litres par heure ne nous permettait ni de faire l’abreuvoir de nos animaux, ni même le plein de nos guerbas.

Un an auparavant, la reconnaissance du lieutenant Bernard avait constaté un débit triple.

Nous étions mieux partagés dans la suite, jusqu’à El Mzereb, sinon pour les pâturages, très médiocres dans le Hank, du moins pour l’eau que nous avons trouvée partout, généralement exécrable, mais abondante, non seulement dans les régions qui nous avaient été signalées par renseignement (Aguelt El Malha, Tin Bessais, Aguelt Nebke, El Mreiti, El Amchaniat, Tagoujalet), mais encore en des points dont nos guides ne nous avaient jamais parlé (El Moilhen).

Les deux seuls incidents notables de la route, à l’aller sont les suivants :

Le 13 décembre, en quittant Agueltel Malha, les guides passent de nuit, sans s’en apercevoir, la falaise du Hank, très mal marquée danscertaines régions. Ils obliquent vers le Sud, s’égarent et

ne reconnaissent le terrain qu’en arrivant au pied de la falaise du Mdenné.

Le 15 décembre, un mej bourde cinq Regueibat (Tehalat et Lgouassem) revenant de la foire du Maouloud, dans le Draa, les chameaux chargés d’étoifes, de sucre, de grains, arrive en vue du puits d’Aguelt Nebke, où il espère retrouver les Abel Mèyara, et qu’il trouve occupé par notre détachement. Il se dissimule, attendant notre départ. Le lendemain, il vient reconnaître nos traces et se heurte à notre goum d’arrière-garde. Après un court engagement, les dissidents s’enfuient poursuivis par nos goumiers. Ils perdent dans l’aventure, un chameau blessé, un chameau capturé et tous leurs bagages.

Les Abel Meyara, prévenus de divers côtés, avaient en effet évacué le Hank quinze jours avant notre arrivée. Nous avons retrouvé leurs traces à Tin Bessais et à Aguelt el Malha, allant vers l’Ouest, en direction de la Maqteir. Avec eux était parti un important campement Lgouassem, que nous avons su plus tard être celui de Bellal O. Àbd allah. Ses chameaux avaient mangé jusqu’aux racines les maigres pâturages d’El Amchaniat et de Tagoujabet.

Le 23 décembre, nous atteignions El Mzereb ; le 24, dans la nuit, les sentinelles signalaient une fusée vers le Nord-Est, et le 25, vers 10 heures, les trois pelotons des compagnies de la Saoura et du Touat, sous le commandement du capitaine Augiéras, doublaient le « carb » qui borde au Nord la vallée de la palmeraie.

L’absence de pâturage dans cette anfractuosité du Hank, d’ailleurs pittoresque et abondamment

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