EST AFRICAIN
Dans l’Afrique orientale, j’espère mener enfin à bien le quai en eau profonde de Kilindini. Quand je quittais le Colonial Office au début de 1908, j’avais déjà réussi à en faire décider la construction. L’affaire semblait définitivement réglée. Le chemin de fer de l’Ouganda, construit à grands frais par le gouvernement impérial, s’arrête à quarante pieds (12 mètres) des grands fonds. Avec ce quai on pourrait décharger les navires de mer directement dans les trains qui remontent sur des centaines de milles jusqu’aux grands lacs, mais il y a ces malheureux quarante pieds et, encore maintenant, il faut décharger les marchandises sur des chalands et les transporter de ceux-ci sur les wagons. Toutes les marchandises sont ainsi soumises à une sorte d’impôt à la perception duquel certains intérêts locaux sont très attachés. Quand je suis revenu au Colonial Office, après treize ans, j’ai retrouvé ces quarante pieds. Les mêmes affaires d’acconage continuaient leur petit commerce et tous les transports de la guerre s’effectuaient par ce procédé incommode et coûteux. Nou« espérons cependant aboutir cette f)is et réussir à donner au chemin de fer de l’Ouganda ce dont il a besoin, à savoir un quai en eau profonde. Nous espérons de même construire une nouvelle ligne qui reliera à la voie principale le plateau de Ouazin Gishou et qui desservira le riche district où se sont installés des soldats colons, formant ainsi le premier lien avec le bassin du Congo. Une nouvelle ligne a été construite pour relier le Nyassaland à Chindio, sur le Zambèze. On envisage également l’extension du réseau actuel jusqu’au laç Nyassa; nous essayons du reste dans l’Afrique orientale, non seulement les chemins de fer, mais encore toutes formes de transport, y compris les chemins de fer sur routes; je ne suis même pas sûr que le tank n’aura pas son rôle à jouer dans ces régions, je ne veux pas dire, bien entendu, le tank de guerre, mais un véhicule à Caterpillar capable de ramasser la production des domaines épars et de l’amener au chemin de fer.
NIGERIA
Le chemin de fer de la Nigeria du Nord est une affaire en pleine prospérité et qui rapporte. Il est relié au chemin de fer de la Nigeria du Sud qui traverse le Niger à Jebba par un beau pont. 11 arrive jusqu’à Kano avec un embranchement sur le Baoutchi. Le pont sur la BeDOué aura une arche de 240 mètres qui sera par son écartement la troisième de l’Empire britannique. La Nigeria se suffit à elle-même et elle fait de rapides progrès. Les indigènes sont très prospères. Nous avons de la peine à trouver des soldats, bien que les effectifs soient très faibles, en raison des gros salaires en vigueur. Le prix du colon pour le Lancashi serait bien moindre san= le désir croissant des acheteurs locaux de porter des vêtements et des tissus. Il n’est pas douteux que les deux Nigeria justifieront pleinement les efforts que M. Joseph Chamberlain fit jadis en leur faveur. Elles constituent une des plus solides et des plus riches possessions de la Couronne britannique et elles rémunéreront largement l’ai 'e financière que la métropole pourra être amenée à leur donner. On s’occupe activement de l’extension du chemin de fer oriental, qui comprend actuellement une ligne de 150 milles. Une fois achevé, le réseau de l’Est, qui desservira les ridées mines d’étain, mesurera 600 milles (965 kilomètres). Il y a là à la fois des mines de charbon et des mines d’étain qu’on peut exploiter, les unes et les autres, non par puits, mais par galeries. La qualité de ce charbon est bonne, tout à fait bonne.
On a établi le projet d’une installation de quai assez importante sur le littoral de la Nigeria au point d'aboutissement du chemin de fer oriental; sa réalisation entraînera une dépense d’un demi-million de livres sterlings — pas de notre argent, de celui de la Nigeria. Les travaux de port les plus importants se font à Lagos où l’on construit, au terminus de la ligne principale, au prix de 1 million 1/4 de livres slerlmgs, 1.800 pieds (550 mètres) de quais en maçonnerie. On prévoit encore un port en eau profonde à Secondi, à la Gold Coast...
TERRITOIRE DU TANGANYIKA Je voudrais encore parler du territoire du Tanganyika que nous avons acquis pendant la guerre. Les institutions avaient été bouleversées au cours de la guerre et nous avons dû constituer de toutes pièces une administration nouvelle. Nous nous sommes efforcés de donner au pays un gouvernement qui ne fût pas inférieur à l’administration allemande qu’il remplaçait, mais, la présente année nous aurons un déficit considérable dans le budget local. J avais demandé au Chancelier de l’Echiquier un crédit de 1.500.000 livres sterlings, mais je n’ai pu obtenir que 914.000 livres sterling, si bien que je crains fort de voir, dans un an ou deux, le territoire du Tanganyika dans une situation qui soutiendra difficilement la comparaison au point de vue des progrès et de la prospérité avec ce quelle était lorsque le pays appartenait à nos anciens adversaires.