RÉSUMÉ
Arabes (col. I, 2, 3) 203.182
Berbères (col. 4, 5) 135.993
Arabo-Berbères (col. 6, 7) 177.984
Coulouglis (col. 8) 35.920
Israélites (col. 9l ." 16.012
tions provoquées par l’insuccès de tentatives de colonisation mal conçues lui ont valu la réputation d’une région inhospitalière, d’un immense désert, et actuellement le public italien est d’autant plus porté à s’en désintéresser au point de vue économique qu’il est mal influencé par la persistance des troubles politiques qui, depuis une dizaine d’années, ont été presque continuels dans ce malheureux pays. Les études expérimentales auxquelles il a été procédé permettent d’établir que la vérité est entre ces deux opinions extrêmes.
D’après le major Rossi (1), les terrains cultivés en Tripolitaine, quoique séparés les uns des autres, peuvent être groupés en quatre zones se succédant de la côte vers l’intérieur :
1° L’étroite zone du littoral, s’étendant avec des interruptions, de la frontière tunisienne à Misurata, est large de quelques kilomètres. La culture qui y domine est celle des palmiers; on y cultive aussi les olives, les agrumes, les fruits et légumes. L’oasis de Tripoli, appelée aussi Mencha, se réunit à l’Est, sauf la brève interruption de la saline de Mellaha, avec l'oasis de Tadjoura, ce qui constitue une surface très cultivée s’étendant sur une vingtaine de kilomètres de l'Ouest à l’Est et renfermant environ 1.200.000 palmiers.
A 0 kilomètres au Sud-Est de Tripoli est la petite oasis d’Aïn-Zara. Vers l’Ouest, entre Tripoli et la frontière tunisienne, soit sur une distance d’environ 180 kilomètres, se succèdent les oasis de Gargarech, Zanzour (100.000 palmiers), Zavia (130.000 palmiers), Agelat, Zuaga et Zuara.
Vers l’Est de Tripoli, il faut traverser, après Tadjoura, environ 60 kilomètres avant de rencontrer une oasis, celle de Silim, riche en vignobles. Au delà des derniers contreforts du hautplateau de Tarhouna, se trouve une plaine où surgit la ville de lloms, entourée de jardins; en poursuivant vers l’Est on rencontre les palmeraies du Sahel. Dans les oasis de Silim et du Sahel, on compte environ 130.000 palmiers et 50.000 oliviers. Plus loin se trouve Zliten, dont l’oasis renferme 200.000 palmiers, tandis que la région est une des plus productives en orge. Environ 30 kilomètres de plaine déserte séparent Zliten de Misurata, renfermant 400.000 palmiers et riche en oliviers etjardins potagers. A environ
(1) Cité par le professeur A. Borzi dans son étude intitulée : Zone agrarie délia Libia ( Monografie e Rapporti coloniali, n° 8, mars 1912).
30 kilomètres au Sud de Misurata, le village de Tauorga, entouré de palmiers, est la dernière localité cultivée de cette première zone.
2° La deuxième zone agricole est formée par les hauts-plateaux du Djebel et de Tarhouna, les collines de Msellata, et des vallées qui mènent à la côte occidentale du golfe de Syrte. L’olivier y prédomine. Le Djebel (Nefousâ, Iefren, Garian) est sillonné de vallées escarpées et renferme peu d’arbres, sauf, dans certaines parties, des oliviers, des figuiers, de%palmiers et de la vigne; on y cultive le safran et les céréales. Le haut-plateau de Tarhouna est dépourvu d’arbres; mais l’alfa y croît avecabondance. Au contraire, les territoires de Msellata et de Bondara sont très fertiles : les oliviers, les vignes, les arbres fruitiers y couvrent de vastes étendues.
Les vallées des ouidan qui de l’immense région désertique pierreuse de Hammada-el-Hamra descendent vers le littoral de la Grande-Syrte (Sofegin, Semsen, Bei) sont généralement cultivées en orge ; l’arbre prédominant est l’olivier, qui constitue une importante forêt près de l’ouadi Beni-Uulid (affluent du Sofegin); les palmiers sont clairsemés, sauf à Garia (haute vallée du Semsen). En procédant vers le Sud, on rencontre encore des oliviers ; mais à mesure que l’on se. rapproche de l’ouadi Bei, la végétation se fait de plus en plus rare. La côte occidentale de la Grande-Syrte est bordée de marais.
Les deux zones qui viennent d’être sommairement décrites, représentant avec la région de steppes qui les séparent une étendue de 50.000 à 60.000 kilomètres carrés, c’est-à-dire un dixième de la superficie totale de la Tripolitaine, renferment pourtant, comme on l’a vu précédemment, les quatre cinquièmes; de la population de ce pays et fournissent la presque totalité de la production agricole et de l’exportation. Cependant les terrains fertiles ou cultivés n'y constituentque de petites étendues comparativement aux vastes régions de steppes ou de sables qui les entourent, comme par exemple la Djefara, plaine qui s’étend entre le littoral occidental et le Djebel : cet espace, de plus de 20.000 kilomètres carrés, est prétendu fertilisable, parce que la composition de son sol serait la même que celle des régions irriguées. Dans les années où les pluies sont bien distribuées, elle donne d’abondantes récoltes d’orge et des pâturages pour de nombreux troupeaux.
3" La troisième zone agricole est constituée par des oasis disséminées à de grandes distances : Ghadamès, Derg, Sinaoun, Djofra, Sella ; sur la côte méridionale de la Grande-Syrte, et le longdès vallées des ouidan (Ilarraua, Chegga, Gatarr) qui descendent du Djebel-es-Soda et du llarugi-es-Sod.
L’oasis de Ghadamès renferme 63.000 palmiers et beaucoup d’autres arbres fruitiers parmi lesquels domine l’amandier; l’oasis de Derg renferme 300.000 palmiers. L’oasis de Djofra, d’une
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BULLETIN DU COMITE DE L’AFRIQUE FRANÇAISE
étendue de 2.000 kilomètres carrés, a pour centres principaux Socna, Hon et Ouadan; elle ne compte que 15.000 palmiers. Plus riche est 1 oasis de Sella, qui en compte environ 100.000. Les oasis de Abou-Naim, Mrada et Gibbena, situées plus loin vers l’Est, aux confins de la Cyrénaïque, sont presque inhabitées. La région dénommée Sort (côte méridionale de la Grande- Syrte) est peu cultivée, à l’exception de quelques petites oasis côtières et des lits des ouidan dé-
économique, Romeo Nappi (1), les conditions agricoles du pays se présentent sous deux aspects absolument differents : l’un caractérisé par le type irrigué, celui des oasis, où la nappe d’eau se retrouve à une faible profondeur ; l'autre par le type sec, où la culture ne peut profiter que des eaux de précipitation, et exceptionnellement de celles des torrents contenues et distribuées pendant la période des pluies.
Singulièremant plus optimiste est l’opinion de
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