V. — Le port de Tripoli
Une des œuvres les plus remarquables parmi celles que les Italiens ont accomplies en Tripolitaine est certainement le port de Tripoli, et il faut leur rendre cette justice qu’ils n’ont pas tardé à l’exécuter. A la veille de l’occupation italienne les seuls travaux existants consistaient en une jetée utilisant une ligne d’écueils qui prolonge au nord-ouest le promontoire sur lequel est bâtie
l’ancienne ville. Un certain nombre d’appontements furent d’abord construits dans la rade pour divers usages ; mais, en même temps, dès le mois de décembre 1911, les ingénieurs du génie civil commencèrent les études d’un plan complet du port de Tripoli. Les travaux actuellement achevés comportent essentiellement :
1° Un grand môle prolongeant l’ancienne jetée turque dans la même direction (sud-ouest-nordest), parallèlement à la côte est de la rade, s’infléchissant vers l’est à son extrémité, jusqu’à l’entrée de la passe existant entre les bas-fonds, à peu près en face des tombes des Caramanli. Ce môle, dont les travaux ont été exécutés par la maison italienne Almagia, a une longueur de 1 .300 mètres et procure une protection suffisante aux opérations maritimes.
2° Un vaste terre-plein construit à la base de la
jetée précitée, permettant l’atterrissage direct des paquebots-poste, c’est-à-dire l’embarquement et le débarquement à quai.
Il a été procédé en même temps à la construction des voies ferrées de raccordement des différentes parties du port avec le réseau des chemins de fer tripolitains, dont l’une a permis le transport à pied-d’œuvre des matériaux de copstruction extraits des carrières de Gargarech.
Les travaux déjà exécutés ont coûté une somme de 13 millions de lire, y compris les dépenses relatives à l’équipement du port (voies d’accès, magasins, hangars, grues, phare, feux et bouées lumineuses, travaux de dragage, etc.)
On prévoit une nouvelle dépense de 7 millions pour la construction de nouveaux terre-pleins et d’un môle se détachant de la côte à la hauteur des tombes des Caramanli et allant à la rencontre du
môle déjà construit, jusqu’à l’entrée de la passe..
On fait observer aussi que les fonds actuels de 7 m. 50 sont insuffisants pour permettre à Tripoli de faire face à l’important trafic d’un grand port moderne. La question ne présente pas, pour le moment, un caractère d’urgence absolue, car le mouvement de Tripoli est surtout alimenté par le va-et-vient des paquebots-poste; on a même l’impression, devant ce vaste port souvent presque vide, d’une organisation dontl’importanee dépasse les besoins actuels. Quel contraste avec l’activité fébrile d’un autre grand port dont la construction a été entreprise à peu près à la même époque et n’est pas achevée, Casablanca !
Toutefois le développement présent du trafic commercial et en particulier des exportations est de nature à accroître sensiblement le mouvement du port de Tripoli, d’autant plus que le long des
Comité de l'Afrique Française.
G Hure
Reproduction interd/te
2000 kilomètres de côtes qui s’étendent entre la frontière tunisienne et la baie de Solloum, il n'y a aucun autre port digne de ce nom. Pour cetle raison, le Conseil de l’Industrie et du Commerce, à Rome, s’est occupé, au début de novembre 1920, de la question do l’organisation du port de Tripoli : il a approuvé la création d'un groupement dispo-
riuroLi
Vue partielle du port (côté Est).
Oasis ' (Phot. C. Fidel
sant de l'autorité et des ressources indispensables pour en assurer l’exploitation et y créer les installations nécessaires au commerce.
A Homs on a construit un appontement et un petit port pour les bateaux de faible tonnage : le tout représente une dépense d’environ un million de lire.
La baie de Macabez, à proximité delà frontière tunisienne, a été rendue utilisable Comme station de petit cabotage et de refuge pour les gardecôtes, par des dragages et par la construction d’un canal d’accès de 800 mètres de longueur avec fonds moyens de 5 mètres ; le coût a été de